Définition dans Jewish Encyclopedia
Camp
CAMP
(ninD) : Réunion de tentes (Juges vii. 13), ou de cabanes et de huttes (Néh. viii. 14), dressées ou construites pour abriter des bergers, des voyageurs ou des soldats, parfois seulement pour une nuit, ou durant de nombreux jours, voire des mois. La sécurité et un approvisionnement suffisant en eau étaient les principales considérations qui déterminaient le choix de l’emplacement (« Ils campèrent près des eaux de Mérom », Jos. xi. 5 ; comparer aussi Juges vii. 1 ; I Macc. ix. 33). La sécurité contre les attaques soudaines de brigands errants (Bédouins) ou d’autres ennemis était assurée en établissant le camp sur le flanc d’un ravin ou d’une vallée. En outre, des gardes étaient placées en trois relèves pour la nuit (Juges vii. 19 ; I Macc. xii. 27) ; et une garnison était laissée de garde lorsque le gros des campeurs partait au combat (I Sam. xxx. 24). Que le camp fût habituellement disposé en cercle, forme de construction fort prisée des Bédouins modernes, peut être déduit du mot « ma'gal » (I Sam. xvii. 20, xxvi. 5) ; bien que nombre de commentateurs et de versions anciennes expliquent cette désignation rare comme étymologiquement liée au mot hébreu signifiant « chariot », et qu’en se fondant sur cela l’on ait avancé la théorie selon laquelle des chariots entouraient le camp afin d’accroître la sécurité et d’assurer la facilité de défense. Il est impossible de décider avec certitude laquelle de ces interprétations mérite le plus de crédit.
D’après Nom. ii. — chapitre que l’école critique n’accepterait pas comme contenant des données historiques — il semblerait que, dans la disposition du camp, un certain plan était suivi pour le groupement des diverses tribus, plan indiqué par des drapeaux ayant une relation fixe avec le tabernacle aux lieux de halte. Les descriptions de Doughty et d’autres concernant le hadj à La Mecque concordent pour rapporter l’observance d’une disposition semblable, marquée par des drapeaux et des lampes, ou des torches, pour les pèlerins en marche. Des défenses artificielles, destinées à ajouter aux avantages naturels de l’emplacement choisi ou à suppléer à leur absence, sont également mentionnées (I Sam. xvi. 1 et suiv.).
Dans leur souci de protéger leurs troupeaux, les premiers nomades furent amenés à ériger des enclos permanents (palissades) dans lesquels garder leurs troupeaux pendant la nuit (Nom. xxxii. 36), généralement dans le voisinage de cavernes, près desquelles était construite une massive plate-forme de grosses pierres non jointes, sur laquelle étaient placées les huttes des bergers (« Migdal », « Migdal ‘Eder »). L’érection de ces camps permanents de bergers doit être considérée comme le premier pas vers l’abandon, par les Hébreux, de la vie migratrice avec ses camps mobiles. D’où le proverbe : « de la tour de garde à la ville fortifiée » (II Rois xvii. 9, xviii. 8). E. G. H.
