Définition dans Jewish Encyclopedia
Bilgah
BILGAH
Données bibliques : L’une des vingt-quatre divisions des prêtres qui officiaient au Temple. D’après 1 Chroniques xxiv. 14, Bilgah est la quinzième dans l’ordre, et est immédiatement précédée par celle de Jeshebeab. Parmi les exilés babyloniens qui revinrent, il y eut aussi un prêtre, Bilgai (Néhémie x. 9 [Version Autorisée King James 10]) ou Bilgah (ib. xii. 5) de nom, dont le descendant, Shammua, devint le chef d’une maison sacerdotale (ib. xii. 18). Dans la Septante les noms se lisent BeAya, BeXyal, et BaAyrif ; et Josèphe mentionne un certain Meirus comme fils de Belgas (“Guerre juive,” vi. 5, § 1). Le sens traditionnel donné au nom est « rajeunissement ». Les lexicographes modernes l’expliquent par « gaieté ».
Dans la littérature rabbinale : Selon une tradition talmudique conservée dans “Halakot Gedolot” (éd. Hildesheimer, p. 631), Bilgah fut assignée au groupe qui officiait les deuxième et sixième jours de la fête des Tabernacles. Les prêtres, en entrant dans leurs fonctions, recevaient leur lot dans la partie nord du Tabernacle, parce que celle-ci était près du siège de leur activité. La section assignée à chaque division du sacerdoce était pourvue d’un anneau de fer fixé au sol, dans le but d’immobiliser l’animal destiné à l’abattage, et il y avait en conséquence vingt-quatre ouvertures dans le mur où les couteaux utilisés pour l’abattage étaient gardés. Bilgah seule reçut sa part au sud, son anneau étant cloué et son placard mural hermétiquement scellé, comme punition pour l’apostasie d’une femme de cette maison du nom de Miriam, qui, sous la domination grecque d’Antiochos Épiphanès, avait renié sa foi et épousé un hipparque (Tos., Sukkah iv. 28 ; Suk. 56b ; Yerushalmi Suk., fin ; “Bev. Et. Juives,” xxxix. 54). On raconte encore que lorsque les Grecs forcèrent l’entrée du Temple, cette femme frappa ses sandales sur l’autel, criant : « Loup, loup [אַכְלָה, ארְכַב], tu as dévoré la substance d’Israël, mais tu nous as abandonnés au jour de notre besoin ! »
Selon une autre opinion, les prêtres de Bilgah retardèrent trop longtemps le début de l’exécution de leurs fonctions ; si bien que ceux de la division Jeshebeab durent agir à leur place, et reçurent conséquemment les prérogatives de Bilgah (Tos., loc. cit. ; Yerushalmi Suk., fin) ; auquel le Talmud de Jérusalem ajoute que dans ce cas la division Bilgah ne fut ni supprimée ni amalgamée avec les vingt-trois autres divisions, parce que cela aurait porté atteinte à l’institution ancienne. L’opinion de Buxtorf, selon laquelle Miriam, fille de Bilgah, était membre d’un ordre sacré de vierges, mérite d’être mentionnée seulement comme curiosité. Le chant funèbre de Kafir, qui, sur la base du Midrash, mentionne les divisions du sacerdoce, ne fait aucune référence à Bilgah ; voir art. Benjamin.
Bibliographie : Hastings, Diet. Bibl. s.v. ; Cheyne et Black, Dict. Bibl. s.v. ; Buxtorf, Lexicon, p. 3015 ; Kohut, Aruch Completum, ii. 94 ; Krauss, in Bev. Et. Juives, xxxix. 54 ; Rahmer, Die Hebräischen Taufnahmen in den Werken des Hieronymus, p. 58 ; Gratz, Gesch. der Juden, ii. 434, note 1.
K. S. Kk.
