Définition dans Jewish Encyclopedia
Béth-el
BETH-EL
Ville célèbre pour son sanctuaire, à la frontière entre Éphraïm et la Judée — emplacement de l'actuel petit village de Beitin, sur le versant méridional des montagnes éphraïmites. (Voir l'illustration à la page 120.) À l'origine, la ville s'appelait Luz (Gen. xxviii. 19) ; mais ce nom fut remplacé par celui du sanctuaire, Beth-el (« maison d'Elohîm »). Selon Gen. xii. 8, Abram érigea un autel à l'est de Beth-el ; mais l'érection du sanctuaire — c.-à-d. de la pierre sacrée — est attribuée à Jacob (Gen. xxviii. 18 ; comparer Gen. xxxv. G, 14). Puisque, dans ces récits (Gen. xxviii. 19, xxxv. 7), Beth-el, « le lieu saint », est distingué de la ville de Luz, le sanctuaire devait se trouver en dehors de la ville. Un emplacement convenable serait la colline à l'est de Beitin, où se trouvent maintenant les ruines d'un petit fort. Mais Schlatter (« Zur Topographic Palastina’s », pp. 236 et suiv.), qui pense que le nom Beth-aven dans l'Ancien Testament (Osée iv. 15 et suiv.) n'est qu'un déguisement sarcastique de « Beth-el » (ainsi aussi le Talmud ; Neubauer, « G. T. » p. 155), conclut de Jos. vii. 2 (comparer Gen. xii. 8) que le sanctuaire doit être recherché quelque peu plus à l'est, à Deir Diwan. L'affirmation du texte de Jos. vii. 2, et aussi de Jos. xvi. 3, qui place Beth-el avec Luz sur la ligne frontière d'Éphraïm, ne peut, pour des raisons textuelles (comparer la leçon de la Septante), être considérée comme une preuve concluante que le sanctuaire était à une grande distance de la ville. Selon Juges xx. 18, 26 et suiv., le sanctuaire eut une grande importance aux jours des Juges ; davantage encore après la division des royaumes, lorsque Jéroboam en fit le principal sanctuaire éphraïmite (I Rois xii. ‘iSSetseq. ; comparer II Rois X. 29), « la chapelle du roi », comme elle est appelée dans Amos vii. 13. Au temps d'Élisée, il y avait à Beth-el une communauté de prophètes (II Rois ii. 3). Les prophètes les plus anciens nomment Beth-el comme l'un des centres du culte israélite dégénéré (Amos iii. 14, iv. 4, V. 5 ; comparer Osée iv. 15, v. 8, x. 5). Amos vint dans la ville à l'occasion d'une grande fête et souleva une tempête d'indignation parmi le sacerdoce et le peuple par sa condamnation impitoyable d'Israël (Amos vii. 10 et suiv.).
Même après la conquête d'Éphraïm, le sanctuaire de Beth-el conserva son importance (II Rois xvii. 28). Lorsque Josias prit possession de cette ancienne partie des domaines éphraïmites, il déracina le culte illégitime (II Rois xxiii. 15). Après l'Exil, Beth-el appartint à la Judée (Esdras ii. 28). Au temps des Maccabées, elle est parfois nommée comme siège de garnisons syriennes (I Macc. ix. 50). Autrement, le lieu n'est mentionné que par le premier topographe chrétien, le Pèlerin de Bordeaux, et par Eusèbe, comme une petite ville de campagne. Dans Lam. R. ii. 3, il est dit qu'Hadrien plaça une garde à Beth-el pour capturer les fugitifs juifs.
Bibliographie : F. Buhl, Gengraphie des Alien Paldstina, Index, s.v. Bcth-cl ; G. A. Smith, HMnrieal Geography of the Holy Land, etc., pp. 250 et suiv., 290 et suiv. ; A. von Gall,
Eeth-emek
Beth-rehob
Altisraclitische CiiUstatten ; Benzinger, ^rc?i. pp. 373-391 ; commentaires de Billmann, Delitzsch, Strack, Holzinger et Gunkel sur Gen. xxviii. et xxxv.
J. JK. E. Bu.
