Définition dans Jewish Encyclopedia
Belial
BELIAL
Données bibliques : Terme apparaissant fréquemment dans l'Ancien Testament et appliqué, comme semblerait l'indiquer le contexte en I Samuel x. 27 ; II Samuel xvi. 7, xx. 1 ; II Chroniques xiii. 7 ; Job xxxiv. 18, à quiconque s'oppose à l'autorité établie, qu'elle soit civile, comme dans les passages cités, ou religieuse, comme en Juges xix. 22 ; I Rois xxi. 10, 13 ; Proverbes xvi. 27, xix. 28 ; Deutéronome xiii. 14, xv. 9 ; II Samuel xxiii. 6. Un sens quelque peu plus faible, celui de 'méchant' ou 'inutile', se trouve en I Samuel i. 16, ii. 12, xxv. 17, xxx. 22. L'emploi du mot en II Samuel xxii. 5 est quelque peu déroutant. Cheyne l'explique par 'rivières du monde souterrain', tandis que des savants plus conservateurs rendent 'rivières destructrices'.
L'étymologie de ce mot a été variée. Le Talmud (Sanh. llli) le considère comme un mot composé, formé de 'beli' et 'ol' (sans joug). Cette dérivation est acceptée par Rachi (sur Deutéronome xiii. 14). Gesenius ('Dict.' s.v.) voit la dérivation en 'beli' et 'yo'il' (sans avantage ; c.-à-d., inutile). Ibn Ezra (sur Deut. xv. 9), sans risquer une étymologie, se contente de remarquer que 'Belial' est un nom, et cite l'opinion de quelqu'un d'autre selon laquelle c'est un verbe ayant force optative, 'Qu'il n'ait pas d'essor'. Cheyne ('Expository Times', 1897, pp. 423 et sqq.) cherche à identifier Belial avec la déesse babylonienne Belili (Jastrow, 'Religion of Babylonia', pp. 588, 589). Les auteurs hébreux, d'après ce point de vue, auraient repris 'Belili' et l'auraient méchamment converti en 'Belial' afin de suggérer la 'nullité'. Hommel ('Expository Times', viii. 472) convient de l'équation Belial = Belili, mais soutient que les Babyloniens empruntèrent aux Sémites occidentaux et non l'inverse. Cette dérivation est toutefois combattue par Baudissin et Jensen ('Expository Times', ix. 40, 283).
Dans la littérature rabbinique et apocryphe : Dans les cercles hassidiques d'où émana la littérature apocalyptique et où tout le savoir angéologique et démonologique fut fidèlement préservé, Belial tint une place très importante, étant entièrement identifié à Satan. Dans le Livre des Jubilés (i. 20), Belial est, comme Satan, l'accusateur et le père de toutes les nations idolâtres : 'Que l'esprit de Belial ["Beliar" corrompu en "Bellior"] ne règne pas sur elles pour les accuser devant toi.' Les païens incirconcis sont 'les fils de Belial' (ib. xv. 32). Dans les Testaments des Douze Patriarches, Belial est le chef-démon d'où émanent les sept esprits de séduction qui entrent dans l'homme à sa naissance (Réuben ii. ; Lévi iii. ; Zabulon ix. ; Dan. i. ; Nephthali ii. ; Benjamin vi., vii.), source d'impureté et de mensonge (Réuben iv., vi. ; Siméon v. ; Issacar vi.-vii. : Dan. v. ; Aser i., iii.), 'l'esprit des ténèbres' (Lévi xix. ; Joseph vii., xx.). Il sera, comme Azazel dans Hénoch, combattu et lié par le Messie (Lévi xviii.), 'et jeté dans le feu à jamais' (Judah xxv.) ; 'et les âmes capturées par lui seront alors arrachées à son pouvoir.' Dans l'Ascension d'Isaïe, Belial est identifié à Samaël (Malachiel ? [Dan. v.] ; peut-être Malak ra = l'Ange du Mal [i. 9]), et appelé 'l'ange de l'illégalité' — 'le maître de ce monde, dont le nom est Matanbuchus' (une forme corrompue d' 'Angro-mainyush' ou Ahriman ?) (ii. 4). Dans les Sibyllines, iv. 2 (cette partie étant d'origine chrétienne) Belial descend du ciel comme Antéchrist et apparaît comme Néron, le tueur de sa mère. Dans les Sibyllines, iii. 63 (comparez ii. 166) Belial est le séducteur qui, en tant que pseudo-Messie, apparaîtra parmi les Samaritains, entraînant beaucoup dans l'erreur par ses pouvoirs miraculeux, mais qui 'sera consumé par le feu céleste emporté par la mer vers la terre [un tremblement de terre ?] pour détruire ses partisans', 'au moment où une femme [Cléopâtre] dominera le monde.'
Bibliographie : T. K. Cheyne, The Development of the Meanings of Belial, in The Expositor, 1895, i. 435-489 ; idem, in Encyc. Brit. s.v. ; Bousset, Antichrist, 1895, pp. 86, 99-101 ; Charles, The Ascension of Isaiah, li.-lxxii. and pp. 6-8 ; Riehm and Hauck-Herzog’s Realencyklopädie, s.v. Belial.
