Définition dans Jewish Encyclopedia
Arnon
ARNON
Données bibliques : Une rivière et un oued de la Palestine orientale, le moderne Wady Mojib (ou Wady el-Mojib). Le nom signifie peut-être « bruyant », un terme qui décrit bien la partie inférieure du cours de la rivière. Sa longueur est d'environ 45 miles, depuis sa source dans le désert jusqu'à son embouchure dans la Mer Morte. Elle s'élargit parfois jusqu'à environ 100 pieds, mais pour la plupart elle est étroite ; et bien que basse en été, en hiver elle atteint en certains endroits 8 ou 10 pieds de profondeur. Elle coule d'abord vers le nord-ouest, puis son cours devient vers l'ouest. Son trait le plus remarquable est la raideur et l'étroitesse du ravin par lequel elle passe peu avant de se déverser dans le lac, en face d'Engedi. Entre les hautes collines calcaires, qui occasionnent cette descente précipitée, et le lac, la rivière s'élargit en une estuaire peu profond d'environ 100 pieds de large.
L'Arnon a toujours été une ligne frontière importante. Avant la période hébraïque il sépara, du moins pour un temps, les Moabites des Amorites (Nombres xxi. 13, 26 ; Deutéronome iii. 8 ; Juges xi. 18). Après la colonisation hébraïque il divisa, théoriquement du moins, Moab des tribus de Ruben et de Gad (Deutéronome iii. 12, 16). Mais en fait Moab s'étendait tout autant au nord qu'au sud de l'Arnon. Au nord, par exemple, se trouvaient Aroer, Dibon, Médaba, et d'autres villes moabites. Même sous Omri et Achab, qui tinrent une partie du territoire moabite, Israël n'exerçait pas sa domination plus au sud qu'Ataroth, à environ dix miles au nord de l'Arnon. Meslia dans son inscription (Pierre moabite, ligne 10) dit que les Gadites (non les Rubenites) occupaient autrefois Ataroth, d'où il chassa ensuite le peuple d'Israël. Il mentionne (ligne 26) qu'il fit construire une route le long de l'Arnon. L'importance ancienne de la rivière et des villes voisines est attestée par les nombreuses ruines de ponts, de forts et de bâtiments trouvés sur ou près de son cours. Ses gués sont allus dans Isaïe (xvi. 2). Ses « hauteurs », couronnées des châteaux de chefs, étaient aussi célébrées en vers (Nombres xxi. 28).
— Dans la littérature rabbinique : Le Haggada raconte la fable suivante d'un miracle accompli à l'Arnon, auquel il semble être fait allusion dans la Bible (Nombres xxi. 14, 15). Les montagnes bordant l'Arnon consistent en deux chaînes élevées, avec une vallée large de sept miles entre elles. Quand, en route vers la terre promise, les Israélites, après avoir franchi la première chaîne, se préparèrent à traverser la seconde, les Amorites se cachèrent dans les grottes, ayant l'intention d'attaquer les voyageurs sans défense. Mais l'Arche de l'Alliance, qui précédait les Israélites, fit s'abaisser les hauteurs et s'élever la vallée, si bien que les Amorites cachés furent écrasés dans les cavernes. Le miracle serait resté inconnu des Israélites si Elohîm n'eût fait jaillir du puits qui les accompagnait des parties des cadavres. Alors tout Israël chanta le Cantique du Puits (Nombres xxi. 17 et seq.). En commémoration de ce miracle les Rabbins décidèrent qu'une bénédiction spéciale devait être prononcée en voyant l'Arnon (Ber. 54 a et s.; Num. R. xix. 25; Tan., Hukat., xx.).
j. sr. L. G.
