Définition dans Jewish Encyclopedia
Armée des cieux
HOST OF HEAVEN
(D'DtJ'H N3V) : Terme apparaissant plusieurs fois dans la Bible, mais non toujours avec une signification définie. Le mot « zaba » désigne habituellement une armée et évoque ainsi un vaste corps d’hommes organisés et commandés ; il comporte toutefois également le sens d’une multitude nombreuse effectivement engagée dans la guerre. Le singulier « zaba » a une signification différente du pluriel employé dans l’expression « YHWH des armées », nom fréquent quoique relativement tardif de l’Elohîm d’Israël. Dans cette expression, il est très vraisemblable que la référence est aux armées d’Israël, à la tête desquelles YHWH marche au combat. Il est d’autant plus probable que l’expression « armée du ciel » recouvrait originellement l’idée d’étoiles rangées en ligne de bataille (comp. Juges v. 20), sur un arrière-plan mythologique remontant peut-être à de lointaines conceptions assyro-babyloniennes (voir Zimmern dans Schrader, “K. A. T.” 3e éd., p. 421).
L’« armée du ciel » est mentionnée comme objet d’une vénération idolâtre (Deut. iv. 19, xvii. 3 ; II Rois xvii. 16, xxi. 3, 5 ; xxiii. 4 ; Jer. viii. 2, xix. 13 ; Soph. i. 6). La mention expresse du soleil, de la lune et des étoiles comme constituant l’« armée du ciel » dans ce contexte ne laisse aucun doute que les corps astraux et leur culte sont visés. Le culte sidéral était pratiqué parmi les Cananéens, comme l’indiquent de nombreux anciens noms de villes (par ex., Jéricho = « ville de la lune »), et le caractère astral de la religion assyro-babylonienne est bien attesté. Le culte de l’« armée du ciel » était en faveur chez les Hébreux, mais savoir s’il imitait les coutumes de leurs voisins ou s’il exprimait leur propre religion polythéiste originelle (comme le suggère Hommel) demeure une question de conjecture. Certains rois sont mentionnés comme particulièrement attachés à cette forme d’idolâtrie (par ex., Manassé et Achaz ; II Rois xxiii. 3, 5, 12). C’est une question ouverte que D'tDtJ'n (Jer. vii. 18, xliv. 17-19, 25) doive être lu « reine du ciel » ou « royaume du ciel ». Si l’on accepte cette dernière lecture, « armée du ciel » est synonyme ; et même si l’on préfère la ponctuation indiquant « reine du ciel », l’expression éclaire les connotations de l’autre expression (Stade’s “Zeitschrift,” vi. 128 et suiv., 289 et suiv. ; Schrader, “Sitzungsberichte der Berliner Akademie,” 1886, pp. 477-491 ; “Zeitschrift für Assyr.” iii. 353-364, iv. 74-76).
À cette signification, comme rassemblement ou revue des étoiles auxquelles, individuellement ou collectivement, des honneurs divins sont rendus, se rattache l’implication de l’expression dans d’autres passages, où l’on a considéré qu’elle désignait des « anges » (I Rois xxii. 19 ; II Chron. xviii. 18). Les grandes étoiles (= dieux ; par ex., Ishtar) « rassemblent » leur suite de petites étoiles qui les accompagnent. Cela passe naturellement dans la phraséologie de la religion plus pure et plus tardive de YHWH. YHWH est accompagné de son « armée », et le terme originellement polythéiste est conservé dans l’expression poétique (Ps. ciii. 21, cxlviii. 2). Les divinités stellaires originelles ayant été envisagées comme des guerriers rassemblant leurs forces pour le combat (YHWH même est un « homme de guerre »), les implications d’une armée ordonnée sous le commandement d’un chef sont naturellement contenues dans l’expression « armée du ciel » (comp. Jos. v. 14 ; Dan. viii. 10). En Isa. xxiv. 21 (hébr.), « armée d’en haut » est employé ; le terme transmet la même idée qu’« armée du ciel » ; le contexte montre que cette variante aussi est enracinée dans quelque conception mythologique, peut-être employée apocalyptiquement, comme c’est aussi le cas en Isa. xxxiv. 4.
Armées
Maison
