Définition dans Jewish Encyclopedia
Anniversaire
BIRTHDAY
Il n’existe pas de données positives dans la Bible ni dans la littérature rabbinique concernant des fêtes d’anniversaire parmi les anciens Juifs. Ce silence sur le sujet n’autorise toutefois pas la conclusion que les Juifs se sont entièrement abstenu de suivre une coutume qui était générale chez les Égyptiens (Gen. xl. 20), les Perses (Hérodote i. 133), les Syriens et les Grecs. Même si ce n’était pas courant parmi le peuple, les rois et princes la pratiquaient probablement, suivant la coutume de leurs contemporains païens. Les Rabbins ne considéraient pas les fêtes d’anniversaire comme des « hukkot ha‑goyim » (coutumes des païens ; voir Maïmonide, Yad ha‑Hazakah, ‘Akkum we‑Hukotehem, xi. 12), bien que Lightfoot ait tenu une opinion contraire (“Horoe Hebr.” sur Matt. xiv. 6).
Une étude attentive du texte biblique montre que la Bible n’est pas entièrement dépourvue de références au sujet ; car, tout en manquant de récits positifs, elle contient des passages d’où l’on peut déduire que la coutume de se souvenir des anniversaires n’était pas entièrement inconnue chez les Juifs. « Le jour de notre roi » (Hosea vii. ?), au cours duquel les princes enivrent le roi de flacons de vin, et le roi lui‑même « tendit la main avec des railleurs », se rapporte plus probablement à une fête d’anniversaire qu’à une cérémonie solennelle, telle que l’anniversaire de son intronisation, qui eût été observée avec plus de décorum (voir Josèphe, “Ant.” XV. 9, § 6).
Les anniversaires n’étaient peut‑être pas célébrés par le peuple avec grande solennité, mais ils n’étaient pas complètement négligés et étaient rappelés par des félicitations, comme de nos jours. Jérémie non seulement maudit le jour de sa naissance, mais souhaita qu’il ne fût pas béni (Jer. xx. 14), comme si telle avait été la coutume.
Il est dit de Job : « et il maudit son jour » (Job iii. 1). L’expression emphatique et déterminante « son jour » implique l’idée qu’il avait, comme tout le monde, un certain jour de l’année réservé à un but déterminé, qui était, nous l’apprenons ensuite, l’anniversaire de sa naissance.
Le deuxième ou le troisième anniversaire d’un enfant dont la venue au monde était très désirée par ses parents était habituellement l’occasion d’un festin, parce que l’enfant était alors sevré, et avait par conséquent passé la phase dangereuse et incertaine de l’enfance. Abraham donna un grand festin le jour où Isaac fut sevré (Gen. xxi. 8). Selon Rashi, cela eut lieu à l’expiration de vingt‑quatre mois. Bishop Ely sur Second (“Holy Bible Com.” l.c. sur le passage) dit : « En comparant I Sam. il semble que ce fut très probablement une fête religieuse. » Hannah retardait le festin familial annuel à Shiloh jusqu’à ce qu’elle eût sevré Samuel, afin de célébrer en même temps son anniversaire (I Sam. i. 23, 24). Selon Rashi et Midr. R. Samuel, l.c., cela se produisit également à la fin de vingt‑quatre mois. Pourtant, d’après II Chron. xxxi. 16 il peut être déduit que Samuel fut sevré à la fin de sa troisième année ; car ce n’est qu’à partir de cet âge que les enfants étaient admis au service du Temple.
Deux exemples de célébrations d’anniversaire sont mentionnés dans la littérature post‑biblique, d’où l’on peut supposer que cela était usuel dans la famille héréodienne. Ils avaient l’habitude de célébrer les anniversaires avec grande pompe, de la même manière que les rois égyptiens l’avaient fait plus de 2 000 ans plus tôt (Gen. xl. 20), par d’étendues réceptions publiques, qui étaient l’occasion d’accorder des faveurs aux amis et des pardons à ceux qui étaient en disgrâce. Agrippa I célébra son anniversaire en donnant une fête à ses sujets, et décréta le rappel de son général banni Silas, rappel que celui‑ci refusa obstinément (Josèphe, “Ant.” xix. 7). Hérode le Tétrarque célébra son anniversaire par un grand festin, au cours duquel la fille d’Hérodias dansa devant les invités, le roi promettant « de lui donner tout ce qu’elle demanderait » (Matt. xiv. ?).
Le peuple juif en général peut avoir eu des raisons d’éviter de festoyer aux anniversaires à l’époque des Tannaïm et des Amoraïm : premièrement, parce qu’ils eurent à une époque grande offense de telles fêtes (d’après II Macc. vi. 7, les Juifs furent forcés, au temps d’Antiochus, de manger des sacrifices offerts « le jour de l’anniversaire du roi chaque mois ») ; deuxièmement, parce qu’aucun « Talmid hakham » n’assisterait en qualité d’invité à une telle fête, les Rabbins condamnant le Talmid hakham qui prend part à un repas ou à une fête qui n’est pas une « se'udat mizwah » (repas méritoire). Et au fils de celui qui fréquentait des festins étaient appliqués des épithètes peu flatteuses, comme « fils d’un réchauffeur de four », « fils d’un danseur de marché », etc.
Depuis le XVe siècle (Low, “Le‑Mitzvah. bensalter,” p. 210) le treizième anniversaire d’un garçon est devenu l’occasion d’un repas de famille parce qu’il coïncide avec sa majorité religieuse (Bar‑Mitzvah).
À l’époque moderne, la coutume largement répandue de célébrer un anniversaire particulier d’un grand homme par un banquet ou par une production littéraire a enrichi la littérature juive de nombreux chefs‑d’œuvre d’érudition et de poésie hébraïques. Des savants juifs de grand renom ont reçu marques de déférence et d’hommage de la part de leurs amis et admirateurs à l’occasion de leur soixante‑dixième, quatre‑vingtième ou quatre‑vingt‑dixième anniversaire par la publication d’un livre‑jubile, auquel des savants de loin et de près ont contribué par quelques‑unes de leurs meilleures œuvres. Parmi ces publications : (1) “Jubelschrift zum Neunzigsten Geburtstag des Dr. L. Zunz,” Berlin, 1893, produite à l’occasion du quatre‑vingt‑dixième anniversaire du Dr. Zunz ; (2) “Jubelschrift zum Siebenzigsten Geburtstag des Prof. Dr. H. Graetz,” Breslau, 1887, en l’honneur du soixante‑dixième anniversaire de Graetz ; (3) “Festschrift zum Achtzigsten Geburtstag des Dr. Moritz Steinschneider,” Leipsic, 1890, pour le quatre‑vingtième anniversaire du Dr. Steinschneider ; et (4) “Shay la‑Moreh” (A Present to the Teacher), Berlin, 1890, dédié au Dr. Israel Hildesheimer par ses amis et élèves à son soixante‑dixième anniversaire.
Quelques‑uns se contentèrent d’envoyer une lettre d’hommage ou un poème. Smolenskin se souvint du Dr. Zunz à son quatre‑vingt‑dixième anniversaire par une lettre de félicitations, “Miktab Shalom” (“Ha‑Shahar,” xii. 327). H. S. Slonimski fut salué à son soixante‑dixième anniversaire par une lettre d’hommage, “Iggeret Hen,” signée par vingt‑huit de ses amis, tous poètes et « maskilim » (“Ha‑Zefirah,” vii.). S. Scherschewski écrivit un magnifique poème à la même occasion (ib.). Il existe un poème d’A. Gottlober dédié au célèbre hazan et compositeur musical Solomon Sulzer à son soixante‑dixième anniversaire (“Kol Shire Jahallal,” vii. 29). Gottlober écrivit aussi plusieurs poèmes pour plusieurs anniversaires des siens (ib. pp. 31‑40). Il y a plusieurs poèmes d’anniversaire dans les “Shire Sefat Kodesh,” par A. Lebensohn ha‑Kohen, la plupart dédiés à son fils Michael Joseph (ib. i. 220 ; ii. 162, 163‑184).
Les anniversaires des rois païens sont considérés par les rabbins du Talmud comme des fêtes légales païennes, qui comptent parmi ces jours avant lesquels, trois jours précédant, les Juifs sont, par la loi talmudique, requis de s’abstenir de conclure toute affaire avec un païen (Mishnah ‘Ab. Zarah i. 3).
Au sujet du sens de X'DU'J DV de la Mishnah, qui semble correspondre à yfikpa yevzaeiiQ (LXX., Gen. xl. 20), quelques doutes ont été soulevés parce que, à côté de K'DD'l DV (“anniversaire du roi”) il est aussi fait mention de DVl DV njT'tDn (« le jour de la naissance et le jour de la mort »). Dans le Talmud babylonien (‘Ab. Zarah 10a) la décision est rendue en faveur de N'DIVJ DV comme signifiant « le jour du couronnement ». Cela est accepté par Maïmonide (voir Commentary to the Mishnah, et Yad ha‑Hazakah, ‘Akkum we‑Hukotehem, ix. 5). Le glossaire “Kesef (Mishneh,” ud loc.), pense que Maïmonide a pu lire N''D1 VD (« assemblée ») pour N'DIVJ. Rashi explique 5<''DD''J comme équivalent à « l’anniversaire du roi » ; tandis que le Talmud Yerushalmi ('Ab. Zarah i. 39) explique N’DIVI comme « anniversaire ». Cela concorde avec l’usage du mot en de nombreux cas (Gen. R. Ixxxviii. ; Ex. R. xv. ; Yer. R. II. iii. 8 ; Yalk., Job. 584 ; comparer Rashi, Gen. xl. 20). Graetz (dans “M. G. Y.” 230) est d’avis que X'DIVJ signifie le jour de la mort du roi.
Toutes ces difficultés et différences peuvent être évitées si nT'i^n DV1 niT'Dn DV sont expliqués comme indiquant des fêtes chrétiennes de l’Église primitive. Par DV on peut entendre la Nativité, ou Noël, et par niT’Ori DV Pâques, ou la Résurrection. Cave (dans “Primitive Christianity,” part 1, vii. 194, cité dans McClintock and Strong’s “Cyclopedia,” s.v. “Christmas”) rattache l’observance de Noël au IIe siècle, vers l’époque de l’empereur Commodus. D’après David Ganz (“Zemah David,” i., année 3881), Commodus régna 183‑185, au temps de Rabbi Meïr de la Mishnah, qui comptait ces jours comme jours légaux.
A. S. R.
