Définition dans Jewish Encyclopedia

Abomination

ABOMINATION

Rendition dans les versions anglaises de divers termes bibliques dnotant ce qui est dtest ou abhorr pour des motifs religieux et qui est, par consquent, totalement odieux la Divinit. Ces termes diffrent grandement par le degr d'horreur impliqu et doivent tre distingus en traduction, comme suit :

(1) nSJffn {to‘ebah} : Abomination du plus haut degr ; l'origine ce qui offense le sentiment religieux d'un peuple. Ainsi (Gen. xliii. 32) : « Les gyptiens ne pouvaient pas manger du pain avec les Hbreux ; car c'est une abomination pour les gyptiens. » La raison est que les Hbreux, tant trangers, taient considrs comme une caste infrieure. Selon Hrodote, ii. 41, aucun gyptien n'embrassait un Grec sur la bouche, ni n'utilisait son plat, ni ne goutait la viande coupe9e avec un couteau dcouper appartenant un Grec. Mais surtout comme bergers les Hbreux taient « une abomination pour les gyptiens » (Gen. xlvi. 34). Le fait de manger des animaux impurs est une offense religieuse appele to'ebah ; « Tu ne mangeras aucune chose abominable » (Deut. xiv. 3). Ceci est l'introduction aux lois interdisant l'usage des animaux impurs (voir Animaux purs et impurs). Plus offensant encore pour Elohîm d'Israël est la pratique de l'idoltrie. L'idole elle-mme est appele une Abomination : « parce que c'est une abomination pour le Seigneur, ton Elohîm. Tu ne l'amneras point dans ta maison et ne la feras point ainsi devenir une chose mise part [tabou] semblable elle ; tu la dtester asonnance et tu la hais ", car c'est une chose mise part [tabou] » (Deut. vii. 25, 26, Heb.) ; « Maudit soit l'homme qui fera une statuette ou une image fondue, une abomination pour le Seigneur » (Deut. xxvii. 15). Souvent le mot to'ebah est employ pour idole ou divinit panne ; par ex., Isa. xliv. 19 ; Deut. xxxii. 16 ; II Rois, xxiii. 13, et surtout Ex. viii. 22 (26, Version Autorisée King James), il doit tre pris dans ce sens. Lorsque Pharaon eut dit aux Isralites d'offrir des sacrifices leur Elohîm en gypte, Mose rpondit : « Comment offrirons-nous l'abomination des gyptiens [c.-d., le genre d'animaux qu'ils adorent] devant leurs yeux, et ne nous lapideront-ils pas ? » (voir Ibn Ezra, ad loc.).

Toute pratique idoltre est une Abomination cause de son caractre souillant : « Toute abomination pour le Seigneur qu'il dteste, ils l'ont faite leurs dieux » (Deut. xii. 31 ; comparer Deut. xiii. 15, xvii. 4, xx. 18). Aussi la magie et la divination sont une Abomination (Deut. xviii. 12). La transgression sexuelle est particulirement dnonce9e comme une Abomination (to'ebah) (Deut. xxii. 5, xxiii. 19 [18, Version Autorisée King James], xxiv. 4) ; surtout l'inceste et les drglements contre nature (Lev. xviii. et xx.) : « Car toutes ces abominations ont fait les hommes du pays qui taient devant vous, et la terre s'est souille ; de peur que la terre ne vous vomisse galement quand vous la souillerez » (Lev. xviii. 27, 28, Heb. ; comparer aussi Ez. viii. 15 et ailleurs).

Mais le mot to'ebah assume galement une signification morale plus haute et s'applique aussi aux iniquits morales : « Tu n'auras point dans ta maison des poids varis, un grand et un petit... Car tous ceux qui font de telles choses, et tous ceux qui agissent injustement, sont une abomination pour le Seigneur, ton Elohîm » (Deut. xxv. 14-16). Dans le mme esprit on enseigne que « des lèvres mensongres » (Prov. xii. 22), « les pervers » (ib. iii. 32, King James Version Révisée), « les orgueilleux de coeur » (ib. xvi. 5), « la voie des impies » (ib. xv. 9), « les penses du mal » (ib. xv. 26, Heb.), et « celui qui justifie l'impie et celui qui condamne le juste » (ib. xvii. 15) sont une Abomination. « Ces six choses que le Seigneur hait, oui, sept choses sont une abomination pour lui : des yeux hautains ; une langue mensongre ; des mains qui versent le sang innocent ; un coeur qui imagine des pensées iniques ; des pieds qui se htent courir au mal ; un faux tmoin qui profre des mensonges, et celui qui sme la discorde parmi les frres » (ib. vi. 16-19, Heb.). D'autre part, l'interdiction d'une chose abominable reçoit une signification thique : « Tu ne sacrifieras point au Seigneur, ton Elohîm, un boeuf ou une brebis dans laquelle il y a un dfaut, car c'est une abomination pour le Seigneur, ton Elohîm » (Deut. xvii. 1, Heb.). Ici le caractre physique du sacrifice est offensant. Mais le prophte et le sage dclarent que tout sacrifice sans puret de motif est une Abomination : « N'apportez plus d'offrande mensongre — un encens d'abomination est pour moi » (Isa. i. 13, Heb. ; comparer Jr. vii. 10). « Le sacrifice des impies » (Prov. xv. 8, xxi. 27) et la prire de « celui qui tourne son oreille ne pas entendre la loi » (Prov. xxviii. 9, Heb.) sont une Abomination.

(2) {shekez} ou {shikkitz} : Exprime la dtestation, ou une chose dtestable d'un degr quelque peu moindre d'horreur ou de crainte religieuse ; galement rendu par « Abomination » dans la Version Autorisée King James de la Bible. Il s'applique aux animaux interdits (Lev. xi. 10-13, 20, 23, 41, 42 ; Isa. lxvi. 17 ; Ez. viii. 10) : « Vous ne vous ferez point abominables » (Lev. xi. 43). Mais il est aussi employ pour ce qui doit tre tenu pour dtestable ; souvent en parallèle ou conjointement to'ebah et appliqu aux idoles et aux pratiques idoltres (Deut. xxix. 17 ; Ose9e, ix. 10 ; Jr. iv. 1, xiii. 27, xvi. 18 ; Ez. xi. 18-21, xx. 7, 8). Voir en particulier Milcom, « la chose dtestable des Ammonites », le dieu des Ammonites (I Rois, xi. 5), employ exactement comme to'ebah dans les passages ci-dessus (voir aussi Abomination de la Désolation).

(3) 'yMti {piggul} : Impur, putride ; employ seulement pour la chair sacrificielle qui est devenue rance et glie (Lev. vii. 18, xix. 7 ; Ez. iv. 14 ; Isa. lxv. 4) ; comparer lehem megoal, « le pain abominable », de gaal, « dtester » (Mal. i. 7). Pour la conception rabbinique postrieure de piggul, voir Sacrifice. H. P. M.

Voir la fiche concept
Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.