Définition dans Watson

Sel

SALT

Elohîm ordonna que le sel fût employé dans tous les sacrifices qui lui étaient offerts, Lévitique ii, 13. Le sel est estimé symbole de sagesse et de grâce, Colossiens iv, 6 ; Marc ix, 50 ; aussi de perpétuité et d’incorruption, Nombres xviii, 19 ; 2 Chroniques xiii, 5. Les Orientaux avaient coutume aussi de ratifier leurs engagements fédéraux par le sel. Cette substance était, parmi les anciens, l’emblème de l’amitié et de la fidélité, et par conséquent employée dans tous leurs sacrifices et leurs alliances. C’était un gage sacré d’hospitalité qu’ils n’osaient jamais violer. Nombreux sont les exemples de voyageurs en Arabie, après avoir été dévalisés et dépouillés par les tribus errantes du désert, réclamant la protection d’un Arabe civilisé qui, après les avoir reçus sous sa tente et leur avoir donné du sel, les soulage aussitôt et ne les abandonne point jusqu’à ce qu’il les ait mis en sûreté. Un accord ainsi ratifié s’appelle, dans l’Écriture, « une alliance de sel ». L’obligation que ce symbole impose à l’esprit d’un Oriental est bien illustrée par le Baronne du Tott dans l’anecdote suivante : Un homme, désireux de sa connaissance, promit de revenir dans peu de temps. Le baron l’avait déjà accompagné à mi‑escalier, quand s’arrêtant et se tournant vivement vers un de ses domestiques, « Apporte‑moi tout de suite, » dit‑il, « du pain et du sel. » Ce qu’il demanda fut apporté ; alors, prenant un peu de sel entre ses doigts et le mettant avec un air mystérieux sur un morceau de pain, il le mangea avec une gravité dévote, assurant du Tott qu’on pouvait désormais compter sur lui.

Bien que le sel, en petite quantité, puisse contribuer à communiquer et fertiliser quelques sortes de terres rebelles, selon les observations de Pline « tous les lieux où l’on trouve du sel sont stériles et ne produisent rien. » L’effet du sel, là où il abonde, sur la végétation, est décrit par l’image du brûlé, dans Deutéronome xxix, 23 : « Tout son pays est du soufre et du sel qui brûle. » Ainsi Volney, parlant des bords du lac Asphaltique, ou Mer Morte, dit : « La vraie cause de l’absence de végétaux et d’animaux est l’acrimonie salée de ses eaux, qui est infiniment plus grande que celle de la mer. La terre qui entoure le lac, étant également imprégnée de cette salinité, refuse de produire des plantes ; l’air même, chargé par évaporation et qui de plus reçoit des vapeurs de soufre et de bitume, ne convient pas à la végétation ; d’où cet aspect de mort qui règne autour du lac. » Ainsi une terre salée, Jérémie xvii, 6, est la même que les « lieux desséchés du désert », et décrit la stérilité ; la salinité l’est aussi, Job xxxix, 6 ; Psaume cvii, 34 ; Ézéchiel xlvii, 11 ; Zacharie ii, 9. D’où l’ancienne coutume de semer la ville d’un ennemi, lorsqu’elle était prise, avec du sel, en signe de désolation perpétuelle, Juges iv, 45 ; et ainsi, de temps en temps, la ville de Milan fut incendiée, rasée, semée de sel et labourée par l’empereur furieux Frédéric Barberousse. Le sel employé par les anciens était ce que nous appelons sel gemme ou fossilisé ; et aussi celui laissé par l’évaporation des lacs salés. Ces deux sortes étaient impures, étant mêlées de terre, de sable, &c., et perdaient leur force par déliquescence. Maundrell, décrivant la vallée du sel, dit : « Du côté de Géboul il y a un petit précipice, occasionné par l’enlèvement continu du sel ; et on voit là comment ses veines sont disposées. J’ai cassé un morceau dont la partie exposée au soleil, à la pluie et à l’air, bien qu’ayant l’éclat et les particules de sel, avait parfaitement perdu sa saveur ; la partie intérieure, qui était liée à la roche, en conserva la saveur, comme j’en fis l’épreuve. » Mashiah (Christ) rappelle à ses disciples, Matthieu v, 13 : « Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi le salera‑t‑on ? Il n’est dès lors bon qu’à être jeté dehors, et à être foulé aux pieds des hommes. » Cela s’applique au sel minéral tel que décrit par Maundrell, une grande partie duquel fut employée dans les offrandes au temple ; celui qui était devenu insipide était jeté pour réparer la voie. L’existence d’un tel sel, et son application à un tel usage, Schoetgenius l’a largement prouvé dans ses Horæ Hebraicæ. Le sel impropre pour la terre, Luc xvi, 34, Le Clerc conjecture qu’il s’agit de celui fait de cendres de bois, qui perd facilement sa saveur et devient inutile.

_Effœtos cinerem immundum jactare per agros._ VIRGILE. Georg. i, 81.

« Mais ne rougis point, autour de jeter le fumier, Ou des cendres sordides sur la terre épuisée. » WARTON.

Les SALUTATIONS à la rencontre ne sont pas moins communes en Orient que dans les pays d’Europe, mais sont généralement réservées à ceux de leur nation ou de leur parti religieux. Quand les Arabes se saluent, c’est ordinairement en ces termes : salam aleikum, « Que la paix soit sur vous ; » posant, en prononçant ces mots, la main droite sur le cœur. La réponse est aleikum essalam, « Que la paix soit sur vous aussi ; » à laquelle les personnes âgées ajoutent volontiers : « et la miséricorde et la bénédiction d’Elohîm. » Les musulmans d’Égypte et de Syrie ne saluent jamais un Chrétien en ces termes : ils se contentent de lui dire « Bon jour » ou « Ami, comment va‑tu ? » L’assertion de Niebuhr est confirmée par M. Bruce, qui raconte que certains Arabes, à qui il donna le salam, ou salutation de paix, ne répondirent point, ou exprimèrent leur étonnement devant ce qu’ils considéraient comme son impudence. Ainsi il apparaît que les Orientaux ont deux sortes de salutations ; l’une pour les étrangers, l’autre pour leurs compatriotes ou les personnes de leur même profession religieuse. Les Juifs au temps de Yéhoshoua paraissent généralement avoir observé la même coutume ; ils n’adressaient pas la formule habituelle « Que la paix soit avec vous » aux païens ni aux publicains ; les publicains de la nation juive l’adressaient à leurs compatriotes publicains, mais non aux païens, tandis que les Juifs les plus rigides refusaient de la donner soit aux publicains soit aux païens. Notre Seigneur requit de ses disciples qu’ils abandonnassent la morosité des Juifs et cultivassent une disposition bienveillante envers tous ceux qui les entourent : « Si vous saluez seulement vos frères, que faites‑vous de plus que les autres ? Les publicains ne font‑ils pas aussi ainsi ? » Ils étaient tenus, par la même autorité, d’embrasser leurs frères en Mashiah d’une affection particulière, cependant ils devaient considérer tout homme comme un frère, éprouver un intérêt sincère et cordial pour son bien‑être, et, à la rencontre, exprimer leur bienveillance par des paroles conformes aux sentiments de leur cœur. Ce précepte n’est pas incompatible avec l’ordre que le prophète Élisée donna à son serviteur Guéhazi de ne saluer personne qu’il rencontrerait, ni de ne lui rendre sa salutation ; car il voulait qu’il fit toute la hâte possible pour rendre l’enfant de la chunnamite, qui l’avait si fortement obligé. Les mœurs du pays rendaient les précautions d’Élisée particulièrement propres et nécessaires, les salutations orientales prenant souvent beaucoup de temps. Pour une raison analogue, Notre Seigneur ordonna à ses disciples, en une occasion, de ne saluer personne en chemin : on ne doit pas supposer qu’il voulût faire violer ou négliger une coutume innocente, encore moins un de ses propres préceptes ; il leur recommanda seulement d’employer leur temps au mieux pour exécuter son œuvre. Cette précaution était rendue nécessaire par la longueur des formes de salutation en usage. Ils commencent leurs salutations à une certaine distance, en portant la main jusqu’aux genoux, puis la ramenant à l’estomac. Ils expriment leur dévouement à une personne en abaissant la main, et leur affection en la relevant ensuite vers le cœur. Lorsqu’ils se rapprochent, ils se prennent la main en signe d’amitié. Les habitants de la campagne, au rencontre, se frappent la main vigoureusement vingt ou trente fois, sans dire autre chose que « Comment allez‑vous ? Je vous souhaite bonne santé. » Après ce premier compliment, beaucoup d’autres questions amicales suivent sur la santé de la famille, mentionnant chacun des enfants distinctement, dont ils connaissent les noms. Pour éviter cette perte de temps inutile, Notre Seigneur leur commanda d’éviter les salutations coutumières de ceux qu’ils pourraient rencontrer en chemin. Toutes les formes de salutations aujourd’hui observées semblent avoir été en usage du temps de Yéhoshoua ; car il représente un serviteur s’étant jeté aux pieds de son maître lorsqu’il sollicitait une grâce ; et un serviteur inférieur rendant la même marque de respect au premier, qui paraissait appartenir à une classe supérieure ; « Le serviteur donc tomba et l’adora, disant : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Et son compagnon tomba à ses pieds, et le supplia, disant : Aie patience envers moi, et je te paierai tout », Matthieu xviii, 26, 29. Quand Jaïrus supplia le Sauveur d’aller guérir sa fille, il tomba à ses pieds ; l’apôtre Pierre, en une autre occasion, semble être tombé à genoux, à la manière dont les Arabes modernes se prosternent aux genoux d’un supérieur. La femme atteinte d’un flux de sang toucha le bord de son vêtement, et la femme syrophénicienne tomba à ses pieds. En Perse, la salutation entre amis intimes se fait en enroulant le cou autour du cou de l’autre, puis en penchant joue contre joue ; ce que M. Morier pense être fort probablement l’embrassement et la chute sur le cou si souvent mentionnés dans l’Écriture, Genèse xxxiii, 4 ; xlv, 14 ; Luc xv, 20.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.