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Samarie
SAMARIA
1. une des trois divisions de la Terre Sainte, ayant la Galilée au nord, la Judée au sud, le fleuve Jourdain à l’est, et la mer Méditerranée à l’ouest. Elle prit son nom de sa capitale, Samarie ; et forma, avec la Galilée et quelques cantons à l’est du Jourdain, pendant les règnes des rois d’Israël et de Juda, le royaume du premier. Le tableau général et la production du pays sont à peu près les mêmes que ceux de la Judée. Mais M. Buckingham observe que « tandis qu’en Judée les collines sont pour la plupart aussi nues que l’imagination peut les peindre, et que quelques‑unes des étroites vallées seulement sont fertiles, en Samarie, les sommets mêmes des élévations sont aussi bien couverts que leurs flancs. Ceux‑ci, avec les vallées luxuriantes qu’ils enferment, présentent des scènes de verdure ininterrompue sous presque tous les aspects, délicieusement variées par les formes pittoresques des collines et des vallées elles‑mêmes, enrichies par la vue occasionnelle de bois et d’eau, en massifs d’oliviers et d’autres arbres, et de ruisseaux et torrents courant parmi eux. »
2. SAMARIE, la ville capitale du royaume des dix tribus qui se séparèrent de la maison de David. Elle fut bâtie par Omri, roi d’Israël, qui commença à régner A.M. 3079, et mourut 3086. Il acheta la colline de Samarie à Shémer pour deux talents d’argent, ou pour la somme de 684 £ 7 s. 6 d. Elle prit le nom de Samarie de Shémer, le propriétaire de la colline, 1 Rois xvi, 24. Quelques‑uns pensent cependant qu’il y eut auparavant quelques commencements d’une ville en ce lieu, parce qu’avant le règne d’Omri il est fait mention de Samarie, 1 Rois xiii, 32, A.M. 3030. Mais d’autres prennent cela pour une prolepse, ou anticipation, dans le discours de l’homme de Dieu. Quoi qu’il en soit, il est certain que Samarie n’était pas un lieu considérable, et ne devint la capitale du royaume qu’après le règne d’Omri. Avant lui, les rois d’Israël habitaient à Sichem ou à Tirzah. Samarie était avantageusement située sur une colline agréable et fertile, à douze milles de Dothaim, douze de Merrom et quatre d’Atharath. Josèphe dit qu’elle était à une journée de chemin de Jérusalem. Les rois de Samarie n’omirent rien pour faire de cette ville la plus forte, la plus belle et la plus riche possible. Achab y bâtit un palais d’ivoire, 1 Rois xxii, 39 ; c’est‑à‑dire un palais orné de nombreux ornements d’ivoire ; et, selon Amos, iii, 15 ; iv, 1, 2, elle devint le siège du luxe et de l’effémination. Ben‑Hadad, roi de Syrie, fit brosser des lieux publics appelés « rues » dans Samarie, 1 Rois xx, 34 ; probablement des bazars pour le commerce et des quartiers où son peuple habitait pour exercer le négoce. Son fils Ben‑Hadad assiégea ce lieu sous le règne d’Achab, 1 Rois xx, A.M. 3103. Elle fut assiégée par Salmanasar, roi d’Assyrie, dans la neuvième année du règne d’Osee, roi d’Israël, 2 Rois xvii, 6, etc., qui fut la quatrième d’Ézéchias, roi de Juda. Elle fut prise trois ans après, A.M. 3283. Le prophète Osée, x, 4, 8, 9, parle des cruautés exercées par Salmanasar contre les assiégés ; et Michée, i, 6, dit que la ville fut réduite en un tas de pierres. Les Coutéens envoyés par Assar‑haddon pour habiter le pays de Samarie ne crurent pas devoir réparer la ville ruinée : ils habitèrent à Sichem, qu’ils firent capitale de leur État. Ils étaient dans cette condition lorsque Alexandre le Grand vint en Phénicie et en Judée. Cependant, les Coutéens avaient reconstruit quelques maisons de Samarie dès le temps du retour des Juifs de la captivité, puisque les habitants de Samarie sont mentionnés, Esdras iv, 17 ; Néhémie iv, 2. Et les Samaritains, jaloux des Juifs à cause des faveurs qu’Alexandre le Grand leur avait accordées, se révoltèrent contre lui pendant qu’il était en Égypte, et brûlèrent Andromachus vif, qu’il avait laissé gouverneur de la Syrie. Alexandre marcha bientôt contre eux, prit Samarie et y plaça des Macédoniens, donnant le pays environnant aux Juifs ; et pour les encourager dans la culture, il les exempte du tribut. Les rois d’Égypte et de Syrie qui succédèrent à Alexandre leur ravirent la propriété de ce pays. Mais Alexandre Balas, roi de Syrie, rendit à Jonathan Maccabée les villes de Lydda, Éphron et Ramatha, qu’il retira du pays de Samarie, 1 Maccabées x, 30, 38 ; xi, 28, 34. Enfin, les Juifs re‑entrèrent en pleine possession de tout ce pays sous Jean Hyrcan, l’Asmonéen, qui prit Samarie, et, d’après Josèphe, fit courir une rivière à travers ses ruines. Elle resta dans cet état jusqu’à A.M. 3947, lorsque Aulus Gabinius, proconsul de Syrie, la rebâtit et la nomma Gabiniana. Cependant elle demeura peu considérable jusqu’à ce qu’Hérode le Grand la rendît à son ancien éclat.
Les auteurs sacrés du Nouveau Testament parlent peu de Samarie ; et lorsqu’ils en parlent, c’est plutôt le pays que la ville qu’il faut comprendre, Luc xvii, 11 ; Jean iv, 4, 5. Après la mort d’Étienne, Actes viii, 1–3, quand les disciples furent dispersés dans les villes de Judée et de Samarie, Philippe fit plusieurs conversions dans cette ville. C’est là que résidait Simon le Mage, et c’est là que Pierre et Jean vinrent communiquer les dons du Saint‑Esprit.
Les voyageurs donnent le récit suivant de son état présent : Sebaste est le nom que donna Hérode à l’ancienne Samarie, la cité impériale des dix tribus, en l’honneur d’Auguste (Sebastos) César, lorsqu’il la rebâtit et la fortifia, convertissant la plus grande partie en citadelle, et y érigeant un temple superbe. « La situation, » dit le Dr Richardson, « est extrêmement belle et forte par nature ; plus que Jérusalem, je crois. Elle est située sur une belle et large colline isolée, entourée d’une vaste vallée profonde ; et quand elle est fortifiée, comme on dit qu’Hérode l’avait été, on aurait cru que, dans le système ancien de la guerre, rien que la famine n’aurait pu réduire un tel lieu. La vallée est entourée de quatre collines, une de chaque côté, qui sont cultivées en terrasses jusqu’au sommet, ensemencées de grains et plantées de figuiers et d’oliviers, comme la vallée elle‑même. La colline de Samarie s’élève aussi en terrasses à une hauteur égale à celle des montagnes voisines. Le village présent est petit et pauvre, et, après avoir traversé la vallée, la montée pour y parvenir est fort raide. Vue depuis notre station de tentes, elle est fort intéressante, tant par sa situation naturelle que par les restes pittoresques d’un couvent en ruine, d’architecture gothique soignée. En passant le village, vers le milieu de la première terrasse, il y a un certain nombre de colonnes encore debout. J’en comptai douze en une rangée, outre plusieurs isolées, reliques de rangées disparues. La situation est extrêmement agréable, et mon guide m’informa qu’elles appartenaient au serai, ou palais. Sur la terrasse suivante il n’y a pas de restes d’édifices solides, mais des amas de pierres et de chaux et des décombres mêlés à la terre en grande profusion. En montant à la troisième ou plus haute terrasse, les traces d’anciennes constructions furent moins nombreuses, mais nous jouîmes d’une vue délicieuse du pays environnant. L’œil parcourut la vallée profonde qui enveloppe la colline de Sebaste, et se reposa sur les montagnes au‑delà, qui reculaient en s’élevant par une pente douce, et rencontraient la vue en toutes directions, comme un livre déployé pour la lecture. Ce fut le siège de la capitale du court et méchant royaume d’Israël ; et sur le front de ces montagnes l’œil parcourt la scène de nombreux conflits sanglants et d’événements mémorables. Ici ces hommes saints d’Elohîm, Élie et Élisée, prononcèrent leurs terribles avertissements à l’oreille de leurs incorrigibles princes, et opérèrent leurs miracles sous les yeux de tout le peuple. De ce haut promontoire nous descendîmes au côté sud de la colline, où nous vîmes les restes d’une colonnade majestueuse qui s’étend le long de cette belle exposition d’est en ouest. Soixante colonnes sont encore debout en une rangée. Les fûts sont simples ; et des fragments de volutes ioniques, épars autour, témoignent de l’ordre auquel ils appartenaient. Ce sont probablement les reliques de quelques‑unes des constructions magnifiques qu’Hérode le Grand orna dans Samarie. Aucun des murs ne subsiste. » M. Buckingham mentionne une tradition courante selon laquelle l’avenue de colonnes faisait partie du palais d’Hérode. D’après son récit, quatre‑vingt‑trois de ces colonnes étaient dressées en 1816, outre d’autres renversées ; toutes sans chapiteaux. Josèphe affirme qu’au milieu de la ville Hérode bâtit « un lieu sacré, d’une périmètre d’une demi‑lieue et demie, et l’orna de toutes sortes de décorations ; et y érigea un temple, illustre tant par sa grandeur que sa beauté. » Il est probable que ces colonnes appartenaient à ce bâtiment. Du côté oriental du même sommet se trouvent les restes, dit M. Buckingham, d’un autre édifice, « dont huit grandes et huit petites colonnes sont encore dressées, avec beaucoup d’autres tombées près d’elles. Elles aussi sont sans chapiteaux, et d’une pierre inférieure à celles d’autre part. » « Dans les murs des humbles demeures du village moderne, on aperçoit des portions de blocs sculptés, et même des fragments de piliers de granit incorporés à la maçonnerie. »
