Définition dans Watson

Oignon

ONION

בצל, Nb. xi, 5 ; plante de jardin fort connue, à racine bulbeuse. Les oignons et les aulx étaient fort estimés en Égypte ; et non sans raison, ce pays étant admirablement propre à leur culture. L'allium cepa, appelé par les Arabes basal, que Hasselquist pense être l'une des espèces d'oignons auxquelles les Israélites aspiraient, lui paraît déductible des quantités encore consommées en Égypte, et de leur qualité. «Quiconque a goûté des oignons en Égypte,» dit-il, «doit avouer que l'on n'en trouve de meilleurs dans aucune partie de l'univers. Ici ils sont doux ; dans d'autres pays ils sont nauséabonds et âcres. Ici ils sont tendres ; tandis que dans les régions septentrionales et autres ils sont durs, et leurs peaux si compactes qu'ils sont difficiles à digérer. Dès lors, on ne peut en aucun lieu les manger avec moins de préjudice et plus de satisfaction qu'en Égypte.» Les Égyptiens sont reprochés d'avoir juré par les poireaux et les oignons de leurs jardins. Juvénal se moque de certains de ces peuples superstitieux qui n'osaient manger poireaux, ail ou oignons, de peur d'offenser leurs dieux :

_Quis nescit, Volusi Bythynice, qualia demens Ægyptus portenta colit? Porrum et cepe nefas violare aut frangere morsu; O sanctas gentes quibus hæc nascuntur in hortis Numina!_ _Sat._ xv.

«Comment l'Égypte, folle de superstition, fait naître des prodiges que l'on adore est bien connu. C'est péché mortel qu'un poireau à mordre ; Chaque gousse d'ail possède un pouvoir sacré. Nation religieuse, assurément ! et demeures bénies, Où chaque jardin pullule de dieux !»

De même Lucien, dans son Jupiter, donnant un compte des différents objets de culte des divers habitants de l'Égypte, dit, Πηλουσίωταις δὲ κρόμμυον, «ceux de Péluse adorent l'oignon.» D'où naît la question de savoir comment les Israélites osèrent violer le culte national en mangeant ces plantes sacrées. On peut répondre, d'abord, que quoi qu'il en ait été des Égyptiens aux âges postérieurs, il n'est pas probable qu'ils fussent arrivés à un tel degré de superstition au temps de Moïse ; nous n'en trouvons aucune indication chez Hérodote, le plus ancien des historiens grecs ; secondement, les auteurs cités paraissent se tromper en imaginant que ces plantes fussent généralement objet de culte. Les prêtres, en effet, s'abstenaient de leur usage, et de plusieurs autres légumes ; et cela put donner lieu à l'opinion qu'on les révérât comme divinités : mais l'usage en était permis au peuple, comme il ressort nettement des témoignages d'auteurs anciens, particulièrement de Diodore de Sicile.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.