Définition dans McClintock & Strong
Privation ecclésiastique
Privation, Ecclesiastical
Privation, Ecclesiastical, est l'une des peines vindicatives, c.-à-d. positives (par opposition aux censures), que les lois ecclésiastiques infligent dans l'Église de Rome aux prébendés pour des offenses graves et répétées contre la discipline ecclésiastique. C'est la suspension d'un ecclésiastique de sa charge et de sa prébende. Elle diffère du transfert disciplinaire par lequel le délinquant reçoit, en lieu et place de la prébende qui lui est retirée, une autre, quoique inférieure ; elle diffère aussi de la déposition absolue, par laquelle un ecclésiastique est privé à jamais de son office et de ses revenus officiels, et déclaré inapte à toute nouvelle charge, tandis que la privation ne lui ferme pas l'espoir d'obtenir un jour une autre prébende. La privation, tant qu'elle dure, prive son objet du pouvoir d'exercer les fonctions ecclésiastiques de consécration ou de juridiction, sans le rendre, pour la vie, inapte à tout autre emploi. Cette peine — même parce qu'elle est une peine positive — ne peut être infligée pour de simples raisons administratives, comme le transfert par exemple ; ni pour des défaillances qui sont restées secrètes et connues seulement de l'évêque, comme la suspension ; mais uniquement à la suite d'un examen canonique et par sentence judiciaire. Les canons nomment parmi les transgressions qui, si elles sont prouvées, sont punies par la privation : la négligence continue dans l'exercice des fonctions (c. 4, Dist. 91), l'addiction à la cupidité (c. 8, 10 Ne clen. vel monach. 3, 50), les violations répétées de la loi de résidence (Conc. Tid. sess. 24 c. 12, De ref.), la conduite immorale et scandaleuse, etc. ; si les admonitions et corrections graduelles se sont révélées inefficaces (id. sess. 21 c. 6, De ref ; c. 13, 10 De vit. et hon. cler. 3, 1). Il y a, bien sûr, d'autres transgressions et vices qui peuvent être frappés d'une suspension indéterminée ; l'ivrognerie, par exemple. Wetzer u. Welte, Kirchen-Lexikon, s.v. VOIR PRIVATIO COMMUNIONIS.
