Définition dans McClintock & Strong

Nicodème

Nicodemus

Nicodemus (Νικόδημος, « conquérant du peuple »), un Pharisien, un magistrat (ἄρχων, le titre usuel pour un membre du Sanhédrin) des Juifs, et docteur (l'article dans ὁ διδάσκ. est probablement seulement générique, quoique Winer et l'évêque Middleton supposent qu'il implique une réprimande) d'Israël (Jean 3:1,10), dont la visite secrète à Yéhoshoua (Jésus) fut l'occasion du discours rapporté par l'évangéliste. Le nom n'était pas rare parmi les Juifs (Josèphe, Ant. 14:3, 2), et fut sans doute emprunté aux Grecs. Dans le Talmud il apparaît sous la forme נקדימון, et quelques-uns le feraient dériver de נקי, innocent, דם, sang (i.e. « Sceleris purus ») ; Wetstein, N.T. 1:150. Dans le cas de Nicodemus ben-Gorion, le nom est dérivé par R. Nathan d'un miracle qu'il serait supposé avoir accompli (Otho, Lex. Rab. s.v.). Nicodemus n'est mentionné que par Jean (encore que quelques rationalistes allemands aient recherché — ou plutôt forcé — une comparaison avec le jeune homme riche de Marc 10:17-24), qui relate sa visite nocturne à Yéhoshoua (Jésus), et la conversation qui eut lieu alors ; l'évangéliste lui-même pourrait avoir été présent. apr. J.-C. 26. La haute position de Nicodemus, et le mépris avoué sous lequel les magistrats cachaient leur conviction intérieure (Jean 3:2) que Yéhoshoua était un maître envoyé par Elohîm, suffisent pour rendre compte du secret de l'entretien. Une timidité de constitution se discerne dans le caractère du Pharisien en quête, qui ne put être surmontée par son désir vacillant de secourir Celui qu'il savait être un Prophète, même s'il ne reconnut pas d'emblée en lui le Mashiah promis. Ainsi les quelques paroles qu'il intervint contre l'injustice téméraire de ses collègues reposent prudemment sur un principe général (Jean 7:50), et ne trahissent aucune indication de foi ferme dans le Galiléen que sa secte méprisait. Même lorsque la puissance de l'amour du Mashiah, manifestée sur la croix, eut rendu les disciples les plus timides hardis, Nicodemus ne se montra pas avec ses splendides dons d'affection jusqu'à ce que l'exemple fût donné par un de ses pairs et de sa propre richesse et position sociale (Jean 19:39). Dans ces trois notices de Nicodemus se révèlent une noblesse de franchise et un simple amour de la vérité au milieu d'une hésitation et d'une crainte de l'homme. Mais Niemeyer (Charakt. 1:113 sq.) a cherché à montrer que l'apparente timidité de Nicodemus n'était que prudence raisonnable. On peut aisément croire la tradition selon laquelle, après la résurrection (qui fournirait l'impulsion extérieure finale nécessaire pour confirmer sa foi et accroître son courage), il devint disciple professé du Mashiah, et reçut le baptême des mains de Pierre et de Jean. Tout le reste de ce qu'on rapporte de lui est très incertain. On dit cependant que les Juifs, par vengeance pour sa conversion, le dépouillèrent de sa charge, le battirent cruellement, et le chassèrent de Jérusalem ; que Gamaliel, qui était son parent, le prit sous son hospitalité jusqu'à sa mort, et lui donna enfin une sépulture honorable près du corps d'Étienne, où Gamaliel lui-même fut ensuite enterré. Enfin, les trois corps auraient été découverts le 3 août apr. J.-C. 415, jour qui fut fixé par l'Église romaine en honneur de l'événement (Phot. Biblioth. Cod. p. 171 ; Lucian, De S. Steph. inventione). Si le Nicodemus de l'Évangile de Jean est identique avec le Nicodemus ben-Gorion du Talmud (voir Delitzsch in the Zeitschrift für luth. Theologie, 1854, p. 643 sq.), il doit avoir vécu jusqu'à la chute de Jérusalem, ce qui n'est pas impossible, puisque le terme γέρων, en Jean 3:4, peut ne pas être destiné à s'appliquer à Nicodemus lui-même. Les arguments en faveur de leur identification sont que les deux sont mentionnés comme Phariséens, riches, pieux, et membres du Sanhédrin (Taanith, f. 19, etc.) ; et que le nom originel (altéré à l'occasion d'un miracle accompli par Nicodemus pour obtenir la pluie) serait dit avoir été בוני, Bonay, qui est aussi le nom de l'un des cinq disciples rabbiniques de Mashiah (Christ) mentionnés dans Sanhed. f. 43, 1 (Otho, s.v. Christus). Enfin, on dit que la famille de ce Nicodemus fut réduite d'une grande richesse à une misère sordide et horrible, ce qui cependant peut aussi bien s'expliquer par la chute de Jérusalem que par le changement de fortune résultant d'une adhésion au christianisme.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.