Définition dans McClintock & Strong
Népotisme
Nepotism
Nepotism
Le népotisme est un mot inventé dans le langage ecclésiastique pour exprimer une particularité de nombreux prélats dans les pays catholiques romains, et plus spécialement des papes : la propension à agrandir leur famille par des dons et des faveurs exorbitants conférés aux membres de celle‑ci ; littéralement aux neveux (lat. nepotes). Beaucoup des plus hautes et plus riches familles de la noblesse romaine doivent leur élévation entièrement à cette espèce de patronage.
Le népotisme fut pratiqué pour la première fois, et dans une assez large mesure, par le pape Nicolas III (q.v.), vers la fin du xiiie siècle ; on l'appela avec reproche le patriarche du népotisme papal. Au xve siècle il trouva sa pratique la plus saillante sous Sixte IV (q.v.), et on peut dire qu'il porta le népotisme à son plus haut degré, donnant ainsi lieu à de nombreux scandales dans l'Église romaine. Alexandre VI (q.v.) lui est seulement inférieur parmi les papes notoires pour ce trait (voir Butler, Eccles. Hist. 2:129, 132 ; Fisher, Hist. of the Ref., p. 45). Alexandre V n'avait pas de parents à qui prodiguer son amitié, mais il trouva l'occasion de pratiquer le népotisme envers l'ordre auquel il appartenait avant son élévation à la papauté. Dès le xvie siècle de fortes tentatives furent faites pour endiguer ce mal. Le pape Pie IV et ses successeurs œuvrèrent en ce sens. Mais le népotisme ne fut pas réussi à être circonscrit avant le xviiie siècle par les papes Innocent XI et Innocent XII, ce dernier ayant soumis, par bulle en date du 28 juillet 1692, tous les cardinaux à un serment contre la pratique du népotisme. Voir Leti, Il Nepotismo di Roma (Amst. 1667 ; en latin, Nepot. Rom. [Stuttg. 1669]) ; Ranke, Hist. of the Papacy ; Ffoulkes, Divisions of Christendom, 1:561 ; Milman, Hist. of Latin Christianity, 6:141, 530 ; 7:272, 302 ; 8:171 ; Cartwright, On Papal Conclaves, p. 180–183 ; Wessenberg, Gesch. der Kirchenversammlungen (voir l'index du vol. 4).
