Définition dans McClintock & Strong
Néophyte
Neophyte
Neophyte (from νέος, new, and φυτόν, a plant), c.-à-d. nouvellement planté, était un mot employé dans les mystères d’Éleusis et autres pour désigner une personne récemment initiée. Dans l’Église primitive c’était le nom donné aux convertis au christianisme qui venaient de recevoir le baptême. Après cette cérémonie solennelle ils portaient des vêtements blancs pendant huit jours, depuis la veille de Pâques jusqu’au dimanche qui suit Pâques, qui fut dès lors appelé Dominzica in albis, c.-à-d. le dimanche en blanc. (Ces vêtements étaient ordinairement faits de lin blanc, mais quelquefois de matériaux plus précieux.) Ils étaient aussi soumis à une discipline sévère ou à une probation pour une période beaucoup plus longue. Au commencement ils étaient considérés comme impropres à la charge sacerdotale, sur la foi de 1 Timothée 3:6, où le mot est rendu « novice », et expliqué par Grégoire le Grand comme ayant été employé en allusion à « leur être nouvellement plantés dans la foi » (Epp. 6, 5 ; Ep. 51). Les néophytes se distinguaient des catéchumènes (q.v.), en ce que l’on supposait que ces personnes avaient non seulement embrassé les doctrines de l’Église, mais avaient aussi reçu le baptême. Paul, dans le passage référé, ordonne à Timothée de ne pas promouvoir un néophyte à l’épiscopat ; et cette prohibition fut généralement maintenue. La durée de cette exclusion fut pendant quelque temps laissée à la discrétion des évêques, mais plusieurs anciens synodes légiférèrent à ce sujet. Le troisième concile d’Arles (524) et le troisième d’Orange (538) fixent une année pour limite moindre de probation. L’histoire ecclésiastique offre toutefois quelques exemples où cette règle fut écartée, comme dans la nomination d’Ambroise comme évêque ; mais ces exceptions n’étaient pas fréquentes. Dans l’Église catholique romaine moderne la même discipline est observée, et s’étend aux personnes converties non seulement du paganisme, mais de toute secte de chrétiens séparés de la communion de Rome. Le temps, toutefois, est laissé à être déterminé par les circonstances. Les missionnaires romains donnent encore le nom de néophytes aux Juifs, Musulmans, ou païens qui sont convertis au christianisme, et l’Église leur accorde de nombreux privilèges afin d’en attirer d’autres à suivre leur exemple (voir Ferrari, Biblioth. canonica, s.v. Neophytus, nº 3). Grégoire XIII établit à Rome un collège spécial pour jeunes néophytes, où ils sont instruit ensuite pour devenir missionnaires dans leurs pays natifs ; il est appelé Collège de la Propagande, et est l’un des séminaires les plus richement dotés et privilégiés de l’Église romaine. Le nom de néophyte est aussi appliqué en usage romain aux prêtres nouvellement ordonnés, et quelquefois, quoique plus rarement, aux novices d’un ordre religieux. Voir Bergier, Dict. de Theologie, s.v. ; Martigny, Dict. des Antiquités, pages 433-435 ; Siegel, Christliche Alterthumer, 3:17 sqq. ; Riddle, Christian Antiquities, pages 313, 522 ; Walcott, Sacred Archaeology, s.v.
