Définition dans McClintock & Strong
Némésis (déesse grecque)
Nemesis
Nemesis (Νέμεσις, vengeance)
une divinité féminine grecque, est le plus souvent décrite, selon Hésiode, comme fille de la Nuit, bien que quelques‑uns la nomment fille d’Érèbe (Hygin. Fab. praef.) ou d’Océan (Tzetz. Ad. Lyc. 88 ; Pausan. 1:33, 3 ; 7:5, 1). Némésis fut une personnification du respect moral de la loi, de la crainte naturelle de commettre un acte répréhensible, de l’effroi de la conscience, et pour cette raison elle était mentionnée avec Αἰδώς, ou Honte. Avec le temps, lorsque l’expérience accrût et convainquit les hommes qu’une volonté divine intervenait aussi au sein des petits événements de la vie humaine, elle en vint à être considérée comme la personnification de la colère juste des dieux, et comme la puissance qui préserve ou rétablit constamment l’équilibre moral des affaires terrestres — empêchant les mortels d’atteindre une prospérité excessive qui les mènerait à oublier le respect dû aux dieux immortels, ou les frappant de calamités salutaire au milieu de leur bonheur. De là naquit la conception la plus récente et la plus élevée de Némésis comme l’être chargé d’exécuter les décrets d’une providentielle rétribution stricte — l’avenger redoutable et mystérieux du tort, punissant et humiliant en particulier les malfaiteurs. Némésis fut ainsi regardée comme alliée à Ἄτη et aux Euménides. Elle est représentée comme régulatrice des affaires humaines, distribuant à son gré bonheur ou malheur, biens et maux de la vie. On la considérait aussi comme une divinité vengeresse, inflexible envers les orgueilleux et les insolents (Pausanius, 1:33, 2). Il y avait un temple célèbre qui lui était dédié à Rhamnus, en Attique, à environ soixante stades de Marathon ; d’où Némésis fut parfois aussi appelée Rhamnusia ou Rhamnusia. Dans ce temple se trouvait une statue de la déesse faite d’un bloc de marbre de Paros, que les Athéniens avaient apporté là pour ériger un trophée de leur victoire espérée à Marathon. Pausanias dit que cette statue était l’œuvre de Phidias (Pausan. 1:33, 2, 3), mais Pline l’attribue à Agoracritus, et ajoute qu’elle était préférée par M. Varro à toutes les autres statues existantes (Hist. Nat. 36:4, 3). Un fragment, que certains supposent être la tête de cette statue, fut trouvé dans le temple de Rhamnus et présenté au British Museum en 1820 (Elgin and Phigaleian Marbles, 1:120 ; 2:123). Elle fut représentée dans les temps anciens comme une jeune vierge, ressemblant à Vénus ; plus tard, vêtue du tunique et du péplos, parfois avec des épées dans les mains et une roue à ses pieds, un griffon ayant sa patte droite sur la roue ; parfois dans un char attelé de griffons. Némésis figure fréquemment sur monnaies et camées. La pratique de représenter les statues de Némésis avec des ailes fut introduite pour la première fois après l’époque d’Alexandre le Grand par les habitants de Smyrne, qui adoraient plusieurs déesses sous ce nom (Pausan. 7:5, 1 ; 9:35, 2). Selon un mythe conservé par Pausanias, Némésis fut la mère d’Hélène par Zeus ; et Léda, prétendue mère d’Hélène, n’était que sa nourrice (Pausan. 1:33, 7) ; mais ce mythe semble avoir été inventé à une époque ultérieure pour représenter la vengeance divine infligée aux Grecs et aux Troyens par l’instrumentalité d’Hélène. Il y avait aussi une statue de Némésis dans le Capitole à Rome, bien que nous apprenions que cette déesse n’eût pas de nom en latin (Pline, Hist. Nat. 28:5). Voir Smith, Dict. of Greek and Roman Biog. and Myth. s.v. ; Vollmer, Mythologisches Wörterbuch, s.v. ; Westcott, Hand‑book of Archæology, p. 194‑195.
