Définition dans McClintock & Strong

Neges (Canusis, prêtres du miya)

Neges

Neges (ou plus communément CANUSIS) est le nom d'un ordre de moines ou de prêtres laïcs japonais qui officient dans les miya ou temples. Ils sont soit entretenus par les fonds dotaux du miya auquel ils appartiennent, soit par une pension du Dairi; mais leur principal soutien provient des contributions volontaires des dévots. Les Canusis portent, comme badge de leur charge, soit une robe blanche soit jaune sur leur vêtement ordinaire. Leur coiffe, en forme de bateau, se noue sous le menton par des cordelières de soie. Sur cette coiffe pendent des glands à franges, plus ou moins longs selon le rang. Leur barbe est rasée de près, mais leurs cheveux sont très longs; les supérieurs toutefois les portent enroulés sous un voile noir. À chaque oreille pend une longue bande de soie qui remonte sur la partie inférieure du visage. L'ordre des Canusis dépend, pour les affaires spirituelles, des décisions du Dairi, et pour les affaires temporelles il est soumis, comme tous les ecclésiastiques, à l'autorité du juge du temple, nommé par le souverain laïque. Les supérieurs des Canusis sont remarquables par leur orgueil et leur mépris du peuple. On les rencontre épars dans toutes les provinces et villes de l'empire. Les moines principaux résident à Miaco; mais, bien qu'investis d'une grande autorité et influence sur le peuple, ils restent toujours soumis au pouvoir impérial, qui punit de mort les délinquants ecclésiastiques. Les Canusis, dans leurs allocutions au peuple, traitent surtout de points de morale. Ils prêchent d'un estrade ou d'une chaire, et à côté d'eux est placé l'idole tutélaire de la secte ou de l'ordre auquel ils appartiennent, devant laquelle les fidèles présentent leurs offrandes volontaires. De chaque côté de la chaire pend une lampe sous le dais, et un peu au‑dessous se trouve un pupitre ou banc pour les prêtres plus jeunes, où certains sont assis et d'autres debout. Le prédicateur porte un chapeau en forme d'ombrelle, et tient un éventail à la main. Avant de commencer son sermon il semble méditer un instant, sonne ensuite une petite clochette pour imposer le silence; après l'obtention du calme, il ouvre un livre placé sur un coussin devant lui, contenant les préceptes moraux et les principes fondamentaux de la religion de sa secte. Ayant choisi son texte, il déroule son discours, généralement clair et énergique dans la langue, et strictement méthodique dans l'arrangement. La péroraison consiste très souvent en un éloge emphatique de l'ordre dont le prédicateur dépend. L'auditoire est appelé, par le son d'une petite clochette, à se mettre à genoux et à réciter ses prières, tantôt avant et tantôt après le sermon. En certains jours consacrés aux morts, les prêtres japonais, aussi bien que les moines, chantent le Namanda au son de petites clochettes pour le repos de leurs défunts. Voir Macfarlane, Japan (Lond. 1852, 8vo), livre 4.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.