Définition dans McClintock & Strong

Nazareth

Naz'areth

(Ναζρέθ Ναζαρέτ; généralement considéré comme un dérivé graecisé de נֵצֵר, une pousse, aram. נצראת, voir Hengstenberg, Christol. 2, I sq.; comp. Keim, Gesch. Jesu [Zur. 1867], 1:318; mais Hitzig, dans les Heidelb. Jahrbüchern, 1870, p. 50, conjecture d'une manière quelque peu hardie une forme primitive, נָזרִת, signif. «déesse du succès»), lieu de résidence (mais non de naissance) de notre Seigneur. Dans le récit qui suit nous réunissons tout ce qu'on sait relativement à ce lieu intéressant. VOIR Yéhoshoua.

1. Mention dans l'Écriture. — Nazareth était la ville de Joseph et de Marie, où ils revinrent avec l'enfant Yéhoshoua (Jésus) (εἰς τὴν πόλιν ἑαυτῶν) après l'accomplissement des événements liés à sa naissance et à sa première enfance (Matthieu 2:22). Avant cet événement, le lieu est entièrement inconnu de l'histoire. Dans l'Ancien Testament il n'est jamais nommé une seule fois, bien qu'une cité ait difficilement pu ne pas exister en un endroit si favorable dès les temps anciens. Josèphe, bien qu'il connût personnellement tout le district où il se trouve, est également muet à son sujet. Le caractère retiré du site où elle se dresse, joint à sa propre insignifiance, a probablement concouru à l'envelopper de cette obscurité pour laquelle il semble qu'elle ait été choisie divinement pour l'éducation du Fils incarné d'Elohîm. Comme son précurseur, Jean-Baptiste, «était dans le désert», sans être remarqué et inconnu, «jusqu'au jour de sa manifestation en Israël», ainsi le grand Mashiah lui-même, jusqu'à ce que son ministère public commencât, fut caché au monde parmi les collines de Galilée.

Les autres passages des Écritures qui se réfèrent expressément à Nazareth, quoique peu nombreux, sont suggestifs et méritent d'être rappelés ici. Ce fut le domicile de Joseph et de Marie (Luc 2:39). L'ange y annonça à la Vierge la naissance du Mashiah (Luc 1:26-28). La sainte famille y retourna après la fuite en Égypte (Matthieu 2:23). Nazareth est appelée la patrie (ἡ πατρὶς αὑτοῦ) de Yéhoshoua: il y grandit depuis l'enfance jusqu'à l'âge d'homme (Luc 4:16), et fut connu toute sa vie sous le nom de «le Nazaréen.» Il enseigna dans la synagogue de ce lieu (Matthieu 13:54; Luc 4:16), et fut traîné par ses concitoyens au précipice pour être jeté de là et tué (εἰς τὸ κατα κρημνίσαι αὐτόν). «Yéhoshoua of Nazareth, king of the Jews,» fut écrit sur sa croix (Jean 19:19), et après son ascension il se révéla sous cette appellation au persécuteur Saul (Actes 22:8). Le lieu a donné un nom à ses disciples en tous âges et en toutes contrées, un nom qui ne cessera jamais d'être tant honorifique que reproche. VOIR NAZARÉEN.

L'origine du discrédit dont Nazareth faisait l'objet (Jean 1:47) n'est pas certaine. Tous les habitants de Galilée étaient regardés avec mépris par les gens de Juda parce qu'ils parlaient un dialecte plus rude, étaient moins cultivés, et se trouvaient davantage exposés, de par leur position, au contact des païens. Mais Nazareth souffrait d'un opprobre spécial, car c'est un Galiléen et non un Juif méridional qui posa la question méprisante, de savoir si «quelque chose de bon» pouvait sortir de cette source. Le terme «bon» (ἀγαθόν), ayant le plus souvent un sens éthique, on a suggéré que les habitants de Nazareth pouvaient avoir mauvaise réputation auprès de leurs voisins pour irréligion ou quelque relâchement des mœurs. L'hypothèse est confirmée par la disposition qu'ils montrèrent envers la personne et le ministère de Yéhoshoua. Ils tentèrent de le tuer; ils l'expulsèrent à deux reprises (car Luc 4:16-29 et Matthieu 13:54-58 se rapportent probablement à des occurrences différentes) de leurs frontières; ils furent si obstinés et incrédules qu'il ne fit pas beaucoup de miracles parmi eux (Matthieu 13:58); et enfin ils le contraignirent à se détourner d'eux et à résider à Capharnaüm (Matthieu 4:13).

2. Situation. — Nazareth est à une distance modérée de trois jours de Jérusalem, sept heures, ou environ vingt miles, d'Akka ou Ptolémaïs (Actes 21:7), cinq ou six heures, ou dix-huit miles, de la mer de Galilée, six miles à l'ouest du mont Thabor, deux heures de Kana, et deux ou trois d'Endor et de Naïn. Elle est située parmi les collines qui constituent les crêtes méridionales du Liban, juste avant qu'elles ne s'abîment dans la plaine d'Esdrelon. Le voyageur, venant du sud, monte la chaîne montagneuse par un sentier escarpé et rugueux qui, s'enroulant et s'élevant à travers les collines, l'amène soudain dans un petit creux retiré parmi leurs sommets; et là, nichée au pied de la plus haute des élévations environnantes, il contemple ce qui doit toujours être pour le chrétien l'un des spectacles les plus profondément intéressants de la surface de la terre — la demeure pendant trente ans du Sauveur du monde. Les hauteurs environnantes varient en altitude; quelques-unes s'élèvent de 400 à 500 pieds. Elles ont des sommets arrondis, sont composées du calcaire scintillant si commun dans ce pays, et, bien que globalement stériles et peu attrayantes en apparence, présentent un aspect non déplaisant, diversifié par le feuillage des figuiers et des arbrisseaux sauvages, ainsi que par la verdure de champs de céréales occasionnels. Notre mauve familier est l'une des fleurs vives qui poussent à l'état sauvage là. La vallée enclavée est particulièrement riche et bien cultivée: elle est remplie de champs de blé, de jardins, de haies de cactus et de bosquets d'arbres fruitiers. Étant si abritée par les collines, Nazareth jouit d'une atmosphère et d'un climat doux. Ainsi tous les fruits du pays — comme les grenades, les oranges, les figues, les olives — mûrissent tôt et atteignent une rare perfection.

En ce qui concerne la position précise de Nazareth, il existe quelque divergence entre les voyageurs: Stanley dit: «Le village se tient sur le versant abrupt du côté sud-ouest de la vallée» (Sinai and Palestine, p. 365). Wilson (Lands of the Bible, 2:92) observe que «le village de Nasirah, ou Nazareth, se tient du côté oriental du bassin dans lequel il est situé.» Thomson (Land and Book, 2:131) paraît le placer du côté occidental. Le Dr Porter (Hand-book for Syria and Palestine, 2:359) a décrit Nazareth comme étant au fond de «la colline du côté nord» de la petite plaine. Une inspection du plan accompagnant montre qu'il se trouve au pied et en partie sur la pente à l'angle nord-ouest de la vallée.

De l'identification du site ancien il ne peut y avoir doute. Le nom du village actuel est en-Nazirah, le même donc qu'autrefois; il est bâti sur une colline ou montagne (Luc 4:29); il est dans les limites de la province de Galilée (Marc 1:9); il est près de Kana (que l'on suppose Kana à l'est ou Kana au nord-est comme scène du premier miracle), selon l'implication de Jean 2:1-2,11; un précipice existe dans l'environnement (Luc 4:29); et enfin une série de témoignages (Reland, Palaest. p. 905) remonte à Eusèbe, le père de l'histoire ecclésiastique, lesquels représentent le lieu comme ayant occupé une position invariable.

3. Histoire. — De l'état de Nazareth durant les premiers siècles de l'ère chrétienne on sait à peu près rien. Eusèbe, dans son Onomasticon, y fait allusion comme à un village près du mont Thabor. Épiphane en parle comme ayant été autrefois une ville, mais à son époque seulement un village. Hélène, la mère de Constantin, est dite avoir bâti ici la première église de l'Annonciation. Au temps des Croisés, le siège épiscopal de Bethsean y fut transféré. Le berceau du christianisme fut perdu pour les chrétiens par leur défaite à Hattin en 1183, et fut réduit en ruines par le sultan Bibars en 1263. Des siècles passèrent avant qu'il ne se relevât de cette prostration. En 1620 les Franciscains rebâtirent l'église de l'Annonciation et y adjoignirent un cloître. En 1799 les Turcs attaquèrent le général français Junot à Nazareth; et peu après, 2100 Français, sous Kleber et Napoléon, battirent une armée turque de 25 000 hommes au pied du mont Thabor. Napoléon lui-même, après cette bataille, passa quelques heures à Nazareth, atteignant là la limite nord de son expédition d'Orient. Le tremblement de terre qui détruisit Safed en 1837 endommagea aussi Nazareth. Aucun Juif n'y habite actuellement, ce qui peut s'expliquer peut-être autant par l'hostilité des sectes chrétiennes que par leur propre haine à l'égard du prophète envoyé «pour racheter Israël.»

4. Lieux traditionnels. — Épiphane, dans son ouvrage contre les hérésies, écrit dans la seconde moitié du IVe siècle, déclare que, depuis des temps antérieurs à ceux de Josèphe jusqu'au règne du vieil Constantin, n'ont vécu là que des Juifs. Étant lui-même originaire de Judée, et né, dit-on, de parents juifs, son information sur de tels points n'est guère susceptible d'être incorrecte. Si tel est le cas, cela renverse effectivement toute confiance dans ces nombreuses traditions monastiques dont le Nazareth moderne est plein. Si plusieurs siècles s'écoulèrent avant que des chrétiens n'y vinssent, ou n'y habitassent du tout, il eût fallu qu'il fût absolument impossible d'identifier, comme ces traditions prétendent le faire, le lieu précis de quelque événement mémorable dont il tire sa renommée éternelle.

Au VIe siècle, bien que, autant qu'il apparaît, aucune trace n'eût été trouvée ni de la maison de Joseph et Marie ni du lieu de l'Annonciation, ceux qui commerçaient en découvertes de ce genre étaient déjà à l'œuvre. Antonin le Martyrologue, qui au cours de ce siècle alla de Tyr visiter Nazareth, y trouva une synagogue dans laquelle, comme on le lui dit, «avait été placé le banc même sur lequel, avec les enfants du lieu, Jésus, dans son enfance, s'était assis; mais que, pour le soustraire aux mains des chrétiens, les Juifs avaient emporté» (De urbibus et vicis Palestinae). Dans le siècle immédiatement suivant, cependant, presque tout ce dont la tradition se vante aujourd'hui à Nazareth était devenu une croyance acceptée et fermement établie de cet âge superstitieux. Écrivant des lieux saints au VIIe siècle, Adamnanus mentionne expressément qu'une grande église avait été bâtie sur le site de la maison où notre Seigneur fut élevé; et une autre à l'endroit où l'ange Gabriel apparut à la Vierge pour lui annoncer ce mystère divin qui l'a rendue bienheureuse entre les femmes. Phocas, un écrivain du XIIe siècle, fait allusion aux mêmes traditions, encore soigneusement entretenues; et signale spécialement la fontaine, dans une petite grotte sous une splendide église, comme celle où Marie avait coutume de boire, et où l'ange lui apparut; et aussi la maison de Joseph comme ayant été changée en un lieu de culte chrétien des plus beaux. La tradition, cependant, n'est pas toujours suffisamment soigneuse de sa propre cohérence. Car elle veut nous faire croire que cette maison de Joseph, qui au XIIe siècle avait été ainsi transmutée, fut, dans sa forme primitive de demeure de Joseph, emportée corporellement de Nazareth par les mains des anges, et déposée sur la colline au-dessus de Fiume, à la tête du golfe Adriatique; et qu'ensuite, après un court séjour dans la plaine d'en bas, elle fut transportée à travers la mer jusqu'au versant oriental des Apennins, où, comme la santa casa, elle se tient encore aujourd'hui dans la magnifique église de Notre-Dame de Lorette, et continue d'être le lieu saint le plus fréquenté et le plus honoré du monde! Ceux qui peuvent surmonter toutes les autres difficultés liées à cette histoire merveilleuse ne seront pas beaucoup embarrassés par le fait que, tandis que la maison réelle de Joseph, où qu'elle eût été, fut sans doute construite du calcaire grisâtre blanchâtre qui forme tout le pays autour de Nazareth, la santa casa de Lorette est construite d'une pierre rouge foncé, dont rien de semblable n'existe dans toute la terre de Judée. Bien que le transport miraculeux de la sainte maison ait eu lieu, selon la tradition à ce sujet, vers la fin du XIIIe siècle, il n'existe aucune trace de la tradition elle‑même avant la fin du XVe siècle environ. Que cette fable monstrueuse ait été formellement récitée et canonisée dans une bulle du lettré et luxueux sceptique, le pape Léon X, ne sert qu'à montrer qu'il n'est pas de tromperie trop grossière pour que l'Église papale la pratique sur la crédulité et la superstition humaines. Il est peu probable que Nazareth lui-même ait eu quoi que ce soit à voir avec l'origine d'une histoire qui tendait si directement à nuire à sa propre renommée en lui ôtant l'un de ses trésors les plus précieux. La théorie de son invention suggérée par Stanley est probablement la vraie. «Nazareth fut pris par le sultan Khalil en 1291, lorsqu'il s'empara du dernier refuge des Croisés dans la ville voisine d'Acre. Dès lors non seulement Nazareth, mais toute la Palestine fut fermée aux dévotions de l'Europe. Les Croisés furent expulsés d'Asie, et en Europe l'esprit des croisades s'éteignit. Mais le désir naturel de voir les scènes des événements de l'histoire sacrée — la soif superstitieuse de gagner, pour la prière, la faveur des lieux consacrés — n'expira pas avec les croisades. Pouvons-nous nous étonner que, dans de telles circonstances, se soit levé le sentiment, le désir, la croyance que si Mahomet ne voulait pas aller à la montagne, la montagne devait venir à Mahomet? La maison de Lorette est la pétrification, pour ainsi dire, du dernier soupir des croisades!» (Sinai and Palestine, pp. 448, 449). L'existence de cette tradition purement européenne a été source de considérable embarras pour les moines franciscains de Nazareth; car tandis que la bulle du pape et l'infaillibilité de leur Église les obligent à l'accepter, ils trouvent quelque difficulté à l'harmoniser avec ce qu'ils ont à montrer, et à défendre, dans les murs de leur propre couvent. Pour illustrer ce conflit embarrassant d'affirmations incompatibles, Stanley expose, au début de son chapitre sur le sujet, des diagrammes du plan au sol de la sainte maison de Lorette et du site de la même prétendue maison à Nazareth — plans qui par aucune possibilité ne peuvent être conciliés.

L'édifice étendu qui occupe aujourd'hui l'emplacement de l'église bâtie au même endroit par les Croisés fut commencé au commencement du XVIIe siècle, l'édifice des Croisés ayant été en ruines pendant plus de 300 ans. La construction moderne a été progressivement agrandie, et constitue maintenant, avec ses nombreux bâtiments conventuels, de loin l'objet le plus imposant que rencontre le voyageur à l'approche de Nazareth. C'est le couvent latin, et il renferme dans son enceinte aux hauts murs l'église déjà mentionnée, l'église de l'Annonciation. L'église elle-même est presque un carré de soixante-dix pieds, divisé, par quatre massifs piliers qui soutiennent la voûte, en nef, chœur et bas-côtés. Les piliers et les murs sont couverts de tentures de toile, peintes à l'imitation de la tapisserie, avec des scènes bibliques. La grotte sacrée, le véritable lieu saint, est sous le plancher de l'église, et s'y descend par un large escalier de quinze marches. Là il y a d'abord un vestibule de vingt-cinq pieds sur dix, d'où une ouverture en arc bas permet d'entrer dans une chambre intérieure de même dimension — la scène véritable, selon la tradition de l'Église latine, de la mémorable Annonciation. Au sein de ce sanctuaire, et directement en face de l'entrée, se trouve un autel de marbre; et au-dessous, sur le pavé, une dalle de marbre, avec une croix au centre, affirmant marquer l'endroit où la Vierge se tenait lorsqu'elle reçut le message d'en haut. Sur le pavement de marbre de la grotte on lit l'inscription: Hic Verbum caro factum est. Du toit de cette grotte pend le fragment d'une colonne de granit, et au-dessous d'elle la partie inférieure de ce que les moines allèguent être la même colonne demeure insérée dans le sol; la partie moyenne de la colonne, disent-ils, ayant été brisée par les infidèles sarrasins afin de faire écrouler le toit. Malheureusement, les deux parties de la colonne sont d'espèces de pierre différentes — l'une étant de granit gris, l'autre de marbre de Cipolino — trahissant la grossièreté avec laquelle le procédé a été exécuté. Dans une autre chambre, au-dessus et derrière l'autel, il existe un tableau apocryphe qui prétend représenter la «vera imago Salvatoris nostri, Domini Jesu Christi, ad Regem Abgarum missa.»

À quelque distance du couvent latin se trouve une église moderne, appartenant également aux Latins, dans laquelle est montrée une portion d'un vieux mur — partie, selon leur tradition, de l'atelier de Joseph. Dans une autre chapelle se trouve la mensa Christi, un large fragment en forme de table de roche solide, s'élevant d'environ trois pieds au-dessus du sol, sur lequel, dit-on, notre Seigneur mangea avec ses disciples tant avant qu'après sa résurrection. Enfin il y a la synagogue d'où Yéhoshoua fut traîné par la foule au sommet de la colline sur laquelle la ville était bâtie, dans l'intention de le précipiter.

Tels sont les «principaux sites» de Nazareth que l'Église latine a à montrer et dont elle s'enorgueillit. L'Église grecque a aussi quelque chose à exhiber, car elle possède elle aussi son église de l'Annonciation. Elle est située au-dessus d'une fontaine, dite être celle mentionnée dans un des évangiles apocryphes comme contiguë au lieu de cet événement. Elle est à courte distance de la fontaine publique actuelle, et est quelquefois appelée distinctement la Chapelle de l'Ange Gabriel.

Deux localités présentent, bien que d'une manière différente, un intérêt certain que nul ne manquera de reconnaître. L'une d'elles est «la Fontaine de la Vierge», située à l'extrémité nord‑est de la ville, où, selon une tradition, la mère de Yéhoshoua reçut la salutation de l'ange (Luc 1:28). Bien que nous ne puissions accorder de l'importance à cette croyance, nous devons, pour d'autres raisons, regarder la source avec un sentiment analogue à la vénération religieuse. Elle tire son nom du fait que Marie, durant sa vie à Nazareth, sans doute souvent accompagnée de «l'enfant Yéhoshoua», dut avoir l'habitude de se rendre à cette fontaine pour s'approvisionner en eau, comme c'est la pratique des femmes de ce village de nos jours. Certes, comme observe le Dr Clarke (Travels, 2:427), «si un endroit du pays saint a sans contredit été honoré de sa présence, nous pouvons considérer que c'est celui-ci; parce que la situation d'une source abondante ne change guère, et parce que l'usage de s'y rendre pour puiser a été conservé parmi les habitantes de Nazareth depuis les premiers temps de son histoire.» Le sentier usé qui y conduit depuis la ville a été foulé par les pas d'innombrables générations. Il présente à toute heure une animation due au nombre de ceux qui, allant et venant, sont occupés au transport de l'eau. (Voir la gravure, vol. 3, p. 632, de cette Cyclopédie.)

L'autre lieu est celui de la tentative de précipitation. On est conduit au véritable lieu de cet événement, non tant par une tradition que par des indications internes dans le récit évangélique lui‑même. Une opinion répandue dans le pays a transporté l'événement sur une colline à environ deux miles au sud‑est de la ville. Mais il n'existe aucune preuve que Nazareth ait jamais occupé un site différent de celui d'aujourd'hui; et qu'une foule, résolue à mettre à mort l'objet de sa rage, se rendît à un endroit si éloigné pour ce dessein est entièrement incroyable. Le village présent, comme on l'a déjà dit, s'étend le long du flanc de la colline, mais beaucoup plus près de la base que du sommet. Au‑dessus du corps principal de la ville se trouvent plusieurs corniches rocheuses par lesquelles une personne ne pourrait être précipitée sans une destruction presque certaine. Mais il existe un précipice très remarquable, presque perpendiculaire et de quarante ou cinquante pieds de hauteur, près de l'église maronite, qui peut être fort bien supposé être celui même par-dessus lequel les habitants en colère de Yéhoshoua tentèrent de le lancer. La singulière précision avec laquelle le récit rapporte l'affaire mérite quelques remarques. Les lecteurs occasionnels comprendraient d'après le récit que Nazareth était située sur le sommet, et que les gens firent descendre Yéhoshoua de là jusqu'au bord de la colline comme s'il se fût trouvé entre la ville et la vallée. Si ces inférences étaient exactes, le récit et la topographie seraient alors en contradiction l'un avec l'autre. Même Reland (Palest. p. 905) dit: «Ναζαρέθ — urbs aedificata super rupem, unde Christum precipitare conati sunt.» Mais la langue de l'évangéliste, lorsqu'on l'examine de plus près, ne requiert ni n'exclut ces inférences. Ce qu'il affirme, c'est que la foule irritée «se leva et chassa Yéhoshoua hors de la ville, et l'amena au bord de la colline sur laquelle la ville était bâtie, afin de le précipiter.» On remarquera d'abord qu'il n'est pas dit que les gens montèrent ou descendirent pour atteindre le précipice, mais simplement qu'ils conduisirent le Sauveur jusqu'à lui, où qu'il fût; et, en second lieu, qu'il n'est pas dit que la ville était bâtie «sur le bord de la colline», mais également bien que le précipice était «sur le bord», sans décider si la falaise surplombait la ville (comme c'est le cas) ou si elle était en dessous. On voit donc combien près les termes du récit frôlent une erreur et pourtant l'évitent. Comme Paley le remarque dans un autre cas, nul récit authentique ne pourrait ainsi s'approcher de la contradiction sans y tomber. VOIR PRÉCIPITATION.

5. État présent. — Le Nazareth moderne appartient à la meilleure catégorie des villages orientaux. Il a une population de 3 000 ou 4 000 âmes: quelques‑uns sont musulmans, le reste chrétiens latins et grecs. Il y a une mosquée, un couvent franciscain de vastes dimensions, mais sans grande beauté architecturale, une petite église maronite, une église grecque, et peut‑être une église ou chapelle d'autres confessions. Des missions protestantes ont été tentées, mais sans grand succès. La plupart des maisons sont bien bâties en pierre, et ont un aspect net et confortable. Comme les torrents en saison des pluies sont susceptibles de dévaler avec violence des collines, tout «homme sage», au lieu de bâtir sur le sol meuble de surface, creuse profondément et pose ses fondations sur la roche (ἐπὶ τὴν πέτραν) que l'on trouve si généralement dans ce pays à une certaine profondeur. Les rues ou ruelles sont étroites et tortueuses, et après la pluie si pleines de boue qu'elles deviennent presque impraticables.

Une description de Nazareth serait incomplète sans la mention de la vue remarquable depuis le tombeau de Neby Ismail sur une des collines derrière la ville. Il suffit d'indiquer les objets à portée de vue. Au nord on aperçoit les crêtes du Liban et, haut au‑dessus de tout, le sommet blanc du Hermon; à l'ouest, le Carmel, des aperçus de la Méditerranée, la baie et la ville d'Akka; à l'est et au sud‑est se trouvent Galaad, Thabor, Gilboa; et au sud, la plaine d'Esdrelon et les montagnes de Samarie, avec des villages de tous côtés, parmi lesquels Kana, Nein, Endor, Zerin (Jezreel), et Tdannuk (Taanach). C'est incontestablement l'un des spectacles les plus beaux et les plus sublimes (car il réunit ces deux caractères) dont la terre puisse se vanter. La description détaillée de la scène par le Dr Robinson (Bib. Res. 2:336, 337) n'exagère en rien sa magnificence ou son intérêt historique. Il est aisé de croire que le Sauveur, durant les jours de sa retraite dans la vallée voisine, vint souvent en ce lieu et contempla de là ces œuvres glorieuses du Créateur qui élèvent tant l'âme vers lui.

Nazareth a longtemps été distingué pour la beauté particulière de ses femmes. Antonin le Martyrologue en trouva de nombreuses au VIe siècle, qui prétendaient avoir reçu ce don de la Vierge Marie; et les voyageurs affirment que leurs descendantes le conservent encore.

Voir, en outre des autorités citées ci‑dessus, Lightfoot, Horae Heb. p. 918; Quaresmius, 3:834; Schulz, Leitungen, 5:192; Richter, Wallf. p. 57; Schubert, 3:169; Burckhardt, 2:583; Scholtz, Reis. p. 247; Hackett, Illustr. of Script. p. 301; Bonar, Land of Promise, p. 397; Sepp, Das Heil. Land, 2:73; Tobler, Nazareth in Palastina (Berlin, 1868).

Voir la fiche concept
Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.