Définition dans McClintock & Strong
Nahum, Livre de
Nahum, Book of
Nahum, Book Of — La même incertitude et les mêmes débats ont régné sur bien des points concernant la prophétie que ceux qui ont été détaillés ci-dessus à l'égard du prophète.
1. Lieu de rédaction. — Cela dépend largement de la localisation de son lieu de naissance. Le Dr Davidson, dans son Introduction à l'Ancien Testament, avoue que les témoignages en faveur d'une paternité galiléenne sont plus anciens et meilleurs ; mais il préfère néanmoins penser que Nahum fut Assyrien par résidence, «parce que l'analogie de la prophétie et les phénomènes internes favorisent cette opinion.» Mais le Prof. Stahelin remarque à juste titre que l'absence de toute référence dans la prophétie aux exilés hébreux en Assyrie, parmi lesquels le prophète serait supposé, selon cette hypothèse, être né et élevé, est un «phénomène interne» qui est tout à fait décisif contre cette supposition ; et quant à la prétendue «analogie de la prophétie» s'opposant à l'idée qu'un prophète vivant si loin de Ninive que la Galilée pût proférer des prédictions d'une telle circonstance à son égard, il est difficile de voir comment une telle affirmation peut se concilier avec des prophéties aussi circonstanciées que celles dirigées contre Babylone par Isaïe et d'autres prophètes certes palestiniens.
2. Date de la prophétie. — Celle-ci est encore plus incertaine que son lieu de rédaction. Dans le Seder Olam Rabba (page 55, éd. Meyer) Nahum est mis comme contemporain de Joël et d'Habacuc sous le règne de Manassé. Syncellus (Chron. page 201 d) le place avec Osée, Amos, et Jonas sous le règne de Joas roi d'Israël, plus d'un siècle plus tôt ; tandis que selon Eutychius (Ant. page 252) il fut contemporain d'Aggée, Zacharie, et Malachie, et prophétisa la cinquième année après la destruction de Jérusalem. Josèphe (Ant. 9:11, 3) le mentionne comme vivant dans la dernière partie du règne d'Othân (Jotham) : «En ce temps était un certain prophète, du nom de Nahum ; qui, prophétisant concernant la chute des Assyriens et de Ninive, disait ainsi,» etc. ; auquel il ajoute, «et tout ce qui avait été prédit concernant Ninive arriva après cent quinze ans.» De là Carpzov conclut que Nahum prophétisa au commencement du règne d'Osias (Ahaz), vers 742 av. J.-C. Les écrivains modernes sont partagés dans leurs suffrages. Bertholdt pense probable que le prophète se réfugia en Juda lorsque les dix tribus furent emmenées captives, et écrivit sous le règne d'Ézéchias. Keil (Lehrb. d. Einl. in d. A.T.) le place dans la seconde moitié du règne d'Ézéchias, après l'invasion de Sanchérib. Vitringa (Typ. Doctr. proph. page 37) partage la même opinion, et De Wette (Einl. page 328) adopte la même vue, en suggérant que la rébellion des Mèdes contre les Assyriens (710 av. J.-C.), et l'élection de leur propre roi en la personne de Dioclès (Deioces), pouvaient avoir été présentes à l'esprit du prophète. Mais l'histoire de Dioclès et même son existence sont maintenant généralement considérées comme mythiques. Cette période est aussi adoptée par Knobel (Prophet. 2:207, etc.) comme date de la prophétie. Il fut conduit à sa conclusion par les mêmes faits supposés, et la destruction de No Ammon, ou Thèbes, de la Haute-Égypte, qu'il croyait être l'œuvre du monarque assyrien Sargon (717–715 av. J.-C.), et est évoquée par Nahum (Nah 3:8) comme un événement récent. Dans ce cas le prophète serait un contemporain plus jeune d'Isaïe (comp. Isaïe 20:1). Ewald, de son côté, conçoit que le siège de Ninive par le roi mède Phraortes (630–625 av. J.-C.) ait pu suggérer à Nahum sa prophétie de destruction. L'existence de Phraortes à la période qui lui est assignée est maintenant considérée comme un anachronisme. VOIR MEDES. Junius et Tremellius choisissent les dernières années de Josias comme période où Nahum prophétisa ; mais à cette époque ce n'était pas Ninive, mais Babylone, qui était l'objet d'alarme pour les Hébreux. Les arguments par lesquels Strauss (Nahumi de Nino Vaticinium, prol. c. 1, 3) s'efforce de prouver que la prophétie appartient au temps où Manassé fut en captivité à Babylone, c.-à-d. entre les années 680 et 667 av. J.-C., ne sont pas convaincants. Supposant que la position qu'occupe Nahum dans le canon entre Michée et Habacuc fournit, comme limites de sa carrière prophétique, les règnes d'Ézéchias et de Josias, il s'efforce de montrer d'après certains ressemblances apparentes avec les écrits des anciens prophètes — Joël, Jonas, et Isaïe — que Nahum devait être familier de leurs écrits, et par conséquent postérieur dans le temps à chacun d'eux. Mais un examen attentif des passages sur lesquels repose cet argument montrera que les phrases et tours d'expression sur lesquels la ressemblance est supposée ne sont en rien remarquables ou caractéristiques, et auraient pu être librement employés par quiconque familier de la métaphore et de l'imagerie orientales sans encourir l'accusation de plagiat. Deux exceptions sont Nah 2:10, où une expression frappante est employée qui n'apparaît sinon que dans Joël 2:6, et Nah 1:15 (Heb 2:1), dont la première clause est presque mot pour mot la même que celle d'Isaïe 52:7. Mais ces passages, pris isolément, prouveraient également que Nahum était antérieur à la fois à Joël et à Isaïe, et que sa diction fut copiée par eux. D'autres références qui sont supposées indiquer des imitations d'auteurs plus anciens, ou du moins une familiarité avec leurs écrits, sont Nah 1:3 comparé avec Jon 4:2 ; Nah 1:13 avec Isaïe 10:27 ; Nah 3:10 avec Isaïe 13:16 ; Nah 2:2 [1] avec Isaïe 24:1 ; Nah 3:5 avec Isaïe 47:2-3 ; et Nah 3:7 avec Isaïe 51:19. Afin de montrer que Nahum précéda Jérémie, Strauss cite d'autres passages où l'on croit que le prophète postérieur eut en vue des expressions de son prédécesseur dont il était familier. Les plus frappants sont Jérémie 10:19 comparé avec Nah 3:19 ; Jérémie 13:26 avec Nah 3:5 ; Jérémie 1:19 ; Jérémie 51:30 avec Nah 3:13. Des mots supposés par le même commentateur propres aux temps d'Isaïe sont invoqués par lui comme preuves de la date de la prophétie. Mais les seuls exemples qu'il cite ne prouvent rien : שֶׁטֶף, sheteph (Nah 1:8, A.V. «flood»), se rencontre dans Job, les Psaumes et les Proverbes, mais pas une fois dans Isaïe ; et מצוּרָה, mtsmorah (Nah 2:1 [2], A.V. «munition»), ne se trouve qu'une fois dans Isaïe, bien qu'elle apparaisse fréquemment dans les Chroniques, et n'est pas un mot susceptible d'être rare ou particulier, de sorte qu'on ne peut rien en inférer. De plus, tout ceci conviendrait aussi bien aux temps d'Ézéchias qu'à ceux de Manassé. Qu'il ait été écrit avant la chute définitive de Ninive et sa prise par les Mèdes et les Chaldéens (vers 625 av. J.-C.) sera admis. Les allusions à la puissance assyrienne impliquent que celle-ci n'était pas encore brisée (Nah 1:12 ; Nah 2:13,13 ; Nah 3:15-17). La gloire du royaume fut à son apogée sous le règne d'Ésarhaddon (680–660 av. J.-C.), qui pendant treize ans fit de Babylone le siège de l'empire ; et ce fait nous inclinerait à fixer la date de Nahum plutôt sous le règne de son père Sanchérib, car seule Ninive est envisagée dans la destruction menaçée à l'encontre de la puissance assyrienne, et il n'est donné aucun indice que son importance dans le royaume fût diminuée, comme elle le serait nécessairement par l'établissement d'une autre capitale. Qu'en Palestine on souffrait des effets de l'invasion assyrienne au temps de la rédaction de Nahum paraît probable d'après les allusions en Nah 1:11-13 ; Nah 2:2 ; et la description vivante de l'armement assyrien en Nah 2:3-4. À une telle époque la prophétie eût été appropriée ; et si Nah 1:14 fait allusion à la mort de Sanchérib dans la maison de Nisroc, elle doit avoir été écrite avant cet événement. La prise de No Ammon, ou Thèbes, n'a pas été identifiée avec certitude. Elle est rapportée comme d'occurrence récente, et il a été conjecturé avec probabilité qu'elle fut mise à sac par Sargon lors de l'invasion d'Égypte dont il est fait mention en Isaïe 20:1. Ces circonstances semblent déterminer la quatorzième année d'Ézéchias (712 av. J.-C.) comme la période avant laquelle la prophétie de Nahum n'aurait pu être écrite. L'état de l'Assyrie sous le règne de Sanchérib correspondrait à l'état des choses impliqué dans la prophétie ; et il est pour toutes ces raisons très probable que Nahum florissait dans la seconde moitié du règne d'Ézéchias, et rédigea sa prophétie peu de temps après la date ci-dessus mentionnée, soit à Jérusalem soit dans ses environs, où l'écho subsistait encore de «l'entrechoquement des roues, et des chevaux qui ruent, et des chars qui bondissent» de l'armée assyrienne, et «la flamme de l'épée et l'éclair de la lance» brillaient encore dans la mémoire des citoyens assiégés. Les arguments en faveur de cette date, produits par Eichhorn (dans son Einleit.), soutenant la même conclusion atteinte par Vitringa (Typus Doctrt. Proph. page 37), n'ont pas été réfutés par Davidson dans sa récente Introd. à l'O.T. ; et par conséquent on peut considérer qu'elle est mesurément agréée par la majorité des critiques modernes.
Quant à la tentative ci-dessus de fixer la date de la prophétie de Nahum en comparant des parties de celle-ci avec des passages similaires dans les écrits d'Isaïe (à savoir, Nah 3:5 avec Isaïe 47:2-3 ; Nah 3:7,10 avec Isaïe 51:19 sqq. ; Nah 2:1 avec Isaïe 52:1,7 ; Nah 2:3 avec Isaïe 52:8), la ressemblance entre ces passages, dit-on, est si étroite que l'un des écrivains doit avoir eu l'autre sous les yeux lors de la composition de ses oracles ; et comme il est supposé que Nahum est le copieur, et que l'écriture d'Isaïe doit être placée dans la dernière partie du règne d'Ézéchias, il en est conclu que Nahum dut écrire vers la fin de ce règne ou au début du suivant. Mais en admettant la similarité des passages, tout le reste de cet argument n'est que supposition, dont chacune peut être renversée avec autant de probabilité ; et en conséquence nous trouvons que tandis que Keil et Otto Strauss tiennent que Nahum est l'emprunteur, Delitzsch et Nagelsbach l'attribuent à Isaïe. L'allusion supposée à l'invasion de Sanchérib en 1:14 a été crue trouver un appui dans les mots אָשַׂים קַברֶךָ, qui, joints comme les accents les dirigent à ce qui précède, peuvent être rendus par «je ferai de ton [maison de tes dieux] ton tombeau», et peuvent être vus comme faisant référence au massacre de Sanchérib dans le temple de sa divinité (Isaïe 37:38). Mais à ceci on ne peut attacher beaucoup de poids ; car, d'une part, la traduction dans la Version Autorisée King James est tout aussi susceptible d'être correcte que celle suggérée, et d'autre part il ne s'ensuit nullement que lorsqu'on dit qu'on fera le lieu funéraire d'un homme en quelque endroit cela signifie que dans cet endroit il doit être assassiné.
Les résultats de la discussion ci-dessus peuvent être brièvement résumés ainsi : que Nahum était natif de la Galilée ; que lors de l'invasion et de la déportation des dix tribus il s'enfuit sur le territoire de Juda, et s'établit probablement à Jérusalem, où il fut témoin du siège de la ville par Sanchérib, et de la destruction de l'armée assyrienne, sous le règne d'Ézéchias ; et que probablement peu de temps après cet événement mémorable, qui marqua «le commencement de la fin» de la puissance assyrienne, et prenant occasion de celui-ci, l'Esprit de prophétie le choisit pour être l'instrument de la prédiction de l'anéantissement final et complet de Ninive et de son empire — un empire qui avait été bâti par la violence et l'oppression cruelle, et qui était justement condamné à périr par les extrémités du feu et de l'épée. Nahum fut contemporain d'Isaïe et de Michée.
3. Contenu. — Comme le titre «le fardeau de Ninive» le signifie, la prophétie de Nahum est dirigée contre cette ville orgueilleuse, et se subdivise en trois parties. La première
(1) contient l'introduction (1-10) et le thème de l'oracle du prophète (11-14). La seconde
(2) expose le malheur qui devait arriver à l'empire assyrien. La troisième
(3) récapitule les raisons de ces jugements qui devaient ainsi être infligés, et annonce la certitude de leur arrivée. L'ensemble forme une composition continue. Il n'y a pas de base pour l'opinion que quelques-uns (Huet, Kalinsky, Bertholdt) ont soutenue, selon laquelle les trois parties du livre auraient été produites à des époques différentes.
Descendant aux détails, la prophétie commence par une déclaration du caractère de YHWH, «un Elohîm jaloux et vengeur», tel qu'il s'expose dans ses rapports avec ses ennemis, et la vengeance rapide et terrible avec laquelle il les poursuit (Nah 1:2-6), tandis qu'à ceux qui se confient en lui il est «bon, une retraite dans le jour de la détresse» (Nah 1:7), en contraste avec le flot submergeant qui emportera ses ennemis (Nah 1:8). Le langage du prophète devient maintenant plus particulier, et indique la destruction qui attendait les armées d'Assyrie qui venaient tout juste de monter hors de Juda (Nah 1:9-11). Dans les versets qui suivent l'intention de YHWH est encore plus pleinement déclarée, et adressée d'abord à Juda (Nah 1:12-13), puis au monarque d'Assyrie (Nah 1:14). Et maintenant la vision devient plus distincte. Le messager de bonne nouvelle, l'annonce de la chute de Ninive, foule les montagnes qui entouraient Jérusalem (Nah 1:15), et proclame à Juda l'accomplissement de ses vœux. Mais autour de la cité condamnée se rassemblent les armées destructrices ; «le briseur» est monté, et YHWH rassemble ses troupes pour la bataille afin de venger son peuple (Nah 2:1-2). L'esprit du prophète en vision voit les boucliers luisants des guerriers vêtus d'écarlate de l'armée assiégeante, les faux d'acier brillantes de leurs chars de guerre dressés en ordre de bataille, et les hampes de cyprès frémissantes de leurs lances (Nah 2:3). Les Assyriens se hâtent à la défense : leurs chars se précipitent follement à travers les rues, et vont et viennent comme la foudre dans les larges voies, qui brillent de leur armure éclatante comme des torches. Mais une panique s'est emparée de leurs puissants ; leurs rangs se brisent en marche, et ils se hâtent au mur seulement pour voir les béliers couverts des assiégeants prêts pour l'attaque (Nah 2:4-5). La crise s'avance avec une rapidité terrible. Les portes du fleuve sont forcées, et le palais royal est entre les mains des vainqueurs (Nah 2:6). Et alors vient la fin ; la ville est prise et emmenée captive, et ses jeunes filles «gémissent comme des tourterelles», se frappant la poitrine de douleur (Nah 2:7). La fuite devient générale, et les chefs en vain s'efforcent d'arrêter le torrent des fugitifs (Nah 2:8). Les richesses de la ville et ses trésors accumulés deviennent le butin des conquérants, et les vaincus subissent tous les horreurs qui suivent l'assaut et la tempête (Nah 2:9-10). Sur les ruines calcinées et noircies, le prophète, comme la bouche de YHWH, s'écrie en triomphe : «Où est le repaire des lions, la nourriture des jeunes lions, où marchaient lion, lionne, lionceau, et personne ne les effrayait?» (Nah 2:11-12). En sens inverse, la chute de Ninive était certaine, car «voici ! je suis contre toi, dit YHWH des armées» (Nah 2:13). La vision s'achève, et le prophète, rappelé des scènes de l'avenir aux réalités du présent, se recueille, pour ainsi dire, en vue d'une ultime explosion de dénonciation flétrissante contre la cité assyrienne, non plus menacée par ses conquérants mède et chaldéen, mais dans la pleine marée de sa prospérité, l'oppresseur et corrupteur des nations. Mêlé à ce malheur il n'y a aucune touche de tristesse ou de compassion pour son sort ; elle tombera sans pitié et sans lamentation, et avec un calme terrible le prophète prononce son destin final : «Tous ceux qui entendront la rumeur de toi frapperont les mains sur toi ; car sur qui ta méchanceté ne passa-t-elle continuellement?» (Nah 3:19).
4. L'authenticité de cette prophétie n'a jamais été mise en question. Les mots de l'inscription, ניניה מטא, ont été sujets à suspicion par quelques-uns au motif que, comme le commencement propre de l'écrit suit, ils sont probablement un ajout postérieur ; mais, comme le remarque Havernick, il n'y a rien d'inconvenant dans l'arrangement qui fait précéder l'annonce du sujet l'annonce de l'auteur, et par conséquent rien d'improbable à supposer que les deux parties de l'inscription proviennent de la même main de l'auteur.
5. Style. — Comme poète, Nahum occupe une place élevée au premier rang de la littérature hébraïque. Pour en apporter la preuve il suffit de renvoyer aux versets d'ouverture de sa prophétie (Nah 1:2-6), et à la description magnifique du siège et de la destruction de Ninive au chapitre 2. Son style est clair et sans complication, quoique fécond et énergique ; sa diction sonnante et rythmique, les mots résonnant en écho au sens (comp. Nah 2:4 ; Nah 3:3). D'après Eichhorn, le trait le plus frappant de son style est le pouvoir de représenter plusieurs phases d'une idée en des phrases très brèves, comme dans sa description d'Elohîm, de la conquête de Ninive, et de la destruction de No Ammon. «La variété dans sa manière de présenter les idées découvre beaucoup de talent poétique chez le prophète. Le lecteur de goût et de sensibilité sera affecté par la structure entière du poème, par l'agréable manière dont les idées sont avancées, par la flexibilité des expressions, la rondeur de ses tournures, le contour exquis de ses figures, par la force et la délicatesse, et l'expression de sympathie et de grandeur, qui se diffusent sur tout le sujet.» Quelques mots et formes de mots sont presque propres à Nahum ; comme, par exemple, שׂעָרָה pour סעָרָה, en Nah 1:3, ne se rencontre qu'autrement en Job 9:17 ; קִנּוֹא pour קִנָּא en Nah 1:2, ne se trouve que dans Jos 24:19 ; תּכוּנָה, Nah 2:9 [10], ne se trouve que dans Job 23:3, et pas dans le même sens ; דֹּהֵי, en Nah 3:2, ne se trouve qu'en Jg 5:22 ; פֶּלָדוֹת et רָעִל, Nah 2:3 [4], נָהִג, Nah 2:7 [8], בּוּקָה et מבוּקָה, 2:10 [11], מַנּזָרַים, Nah 3:1, et כֵּהָה, Nah 3:19, n'apparaissent ailleurs. La forme inhabituelle du suffixe pronominal dans מִלאָכֵכֵה, Nah 2:13 [14], נָפשׁוּ pour נָפצֹוּ . Nah 3:18, sont propres à Nahum ; מִעִר, Nah 3:5, se trouve aussi en 1Rois 7:36 ; גּוֹבִי, Nah 3:17, n'apparaît autrement que dans Amos 7 ; et le mot étranger טִפסִר, Nah 3:17, dans la forme légèrement différente טַפסִר, se trouve seulement en Jérémie 2:27.
6. Confirmation par l'histoire. — On s'attendrait à ce qu'une prophétie entièrement occupée de l'anéantissement de Ninive admette de fréquentes et utiles illustrations provenant de la littérature récente des monuments assyriens. Et notre attente n'est pas déçue. L'un des commentateurs les plus récents de Nahum, le Dr Otto Strauss, a largement tiré parti de cette source nouvellement ouverte dans son ouvrage, publié en 1853, Nahumi de Nino Vaticinium explicavit, ex Assyriis Monumentis illustravit, etc. Ses prolégomènes, spécialement dans les chapitres «De rebus Assyriorum» et «De indole Vaticinii», sont pleins de matière nouvelle et précieuse ; et dans son commentaire il cite fréquemment et applique au texte les écrits de Botta, Layard, Rawlinson, et Bonomi, et ainsi il justifie pleinement la remarque faite par le dernier nommé auteur que dans les sculptures de Khorsabad et Nimrud «nous possédons un commentaire contemporain authentique sur les prophéties.» Voir aussi Vance Smith, Prophecies relating to Nineveh (Lond. 1857) ; Breiteneicher, Nineve and Nahum (Munich, 1861). Les prédictions du prophète se sont remarquablement accomplies. La ville de Ninive fut détruite vers 607 ou 606 av. J.-C., ou près d'un siècle après que la prophétie de Nahum eut été prononcée. Les recherches récentes du Dr Layard dans les ruines de Ninive jettent une lumière frappante sur la prophétie de Nahum, dénonçant, il y a près de 2500 ans, la chute de Ninive. Nous ne pouvons qu'effleurer quelques-unes de ces découvertes, et les comparer aux paroles du prophète. Le «pavement récemment mis au jour à la porte, marqué par les traces des roues de char» correspond exactement à Nah 3:2, où la vision prophétique présente l'homme de Dieu, ravi dans les temps futurs, «le bruit du fouet, et le bruit des roues qui s'entrechoquent et des chevaux qui ruent, et des chars de guerre qui bondissent.» Les «ornements d'ivoire, les coupes, vases, et écuelles de métal, finement embossés et gravés, dénotant par le style de sculpture un stade très avancé de civilisation», correspondent à la description prophétique du «magasin et de la gloire des meubles agréables» (Nah 2:9). La «ville enfouie et ses vestiges ornementaux, fragiles de rouille», et leur destination dans leur état mutilé aux musées des nations modernes, rappellent Nah 3:6 ; Nah 1:14 : «Je lancerai ma foule d'ordures sur toi ;» «Je ferai de ta tombe ; je t'exposerai comme un spectacle.» VOIR NINIVE.
7. Commentaires. — Voici les aides exégétiques spéciales concernant cette seule prophétie : Théophylacte, Commentaria (in Opp. vol. 4) ; Julien de Tolède, Commentarius (in la Bibl. Max. Patr. vol. 12) ; Bibliander, Exegesis (Tigur. 1534, 8vo) ; Luther, Enarratio (in Opp. 4:475 ; aussi en allemand, éd. Agricola, 1555) ; De la Huerga, Commentarius (Lugd. 1558, 1561, 8vo) ; Chytraeus, Explicatio (Wittenberg. 1565, 8vo ; aussi in Opp. 2:341) ; Selnecker, Auslegung [incluant Jon. et Hab.] (Leipsick, 1567, 4to) ; Pintus, Commentarius [incluant Dan. et Lam.] (Corimb. 1582 ; Colon. 1582, 8vo ; Ven. 1583, 4to ; Autun, 1595, 8vo ; aussi in Opp.) ; Drusius, Lectiones [incluant Hab. etc.] (Lugd. 1595, 8vo) ; Gesner, Expositio (Witeberga, 1604, 8vo) ; Crocius, Commentarius (Bremen. 1620, 1627, 12mo) ; Tarnovius, Commentarius (Rostock. 1623, 4to) ; De Quiros, Commentarii [incluant Mal.] (Séville, 1623, fol. ; Lugd. 1623, 4to) ; Ursinus, Hypomnemata [incluant Abd.] (Francfort, 1652, 8vo) ; Hafenreffer, Commentarius [incluant Hab.] (Stuttgart, 1663, 4to) ; Abarbanel, Commentarius, éd. Sprecher (Helmst. 1703, 4to) ; Aben-Ezra, Comment. (Heb. et Lat., éd. Lund, Upsal. 1705, 4to ; Lat. seulement, éd. Stenhagen, Upsal. 1705, 8vo) ; Van Hoeke, Explicatio [incluant cinq autres prophètes mineurs] (Lugd. Bat. 1709, 4to ; aussi en All., Frkft. et Leps. 1710, 4to) ; Wild, Meditationes (Francfort, 1712, 4to) ; Kalinsky, Observationes (Vratislav, 1748, 4to) ; Lessing, Observationes [incluant Jon.] (Chemnitz, 1780, 8vo) ; Conz, Erklärung (in Staudlin's Beiträge, Stuttgart, 1786, page 72 sqq.) ; Agrell, Observationes (Upsal. 1788, 4to) ; Wahl, Übersetz. (in son Magazin [Halle, 1790], 3:62 sqq.) ; Grimm, Erklärung (Düsseldorf. 1790, 8vo) ; Greve, Interpretatio [incluant Hab.] (Amsterdam, 1793, 4to) ; Svanborg, Nota (Upsal. 1806, 4to) ; Frahn, Curae (Rostock. 1807, 4to) ; Neumann, Anmerk. (Breslau, 1808, 8vo) ; Middeldorpf, Übersetz., avec Anmerk. par (Gurlitt (Hamb. 1808, 8vo) ; Kreenan, Expositio (Hardew. 1808, 4to) ; Björn, Vatic. Nah. [incluant Lam.] (Copenhague, 1814, 8vo) ; Justi, Erläut. (Leipzig, 1820, 8vo) ; Schröder, Harfenklänge [incluant Joël et Hab.] (Hildesheim, 1827, 8vo) ; Rosenmüller, Scholia (Leipzig, 1827, 8vo) ; Philippson, Übers. [incluant Osée etc.] (Halle, 1828, 8vo) ; Hillemann, Illustratio (Leipzig, 1842, 8vo) ; Edwards, Notes (in the Biblioth. Sacra, 1848, page 551 sqq.) ; Strauss, Nineve, etc. (en latin, Lips. 1853 ; en allemand ibid. 1858, 8vo) ; Breiteneicher, Nineve und Nah. (Munich, 1861, 8vo) ; Reinke, Aelt. Version. (Munich, 1867, 8vo). VOIR PROPHÈTES, MINEURS.
