Définition dans McClintock & Strong

Myrrhe

Myrrh

Myrrh est le rendu dans la Version Autorisée King James de deux termes Heb. et d’un terme Gr. L’exposé suivant est une vue d’ensemble collective du sujet :

1. מֹר ou מוֹר, mnor, σμύρνα, sans doute dérivé d’une racine sémitique (signifiant couler, ou bien d’une autre exprimant son amertume), quoique quelques anciens l’aient rattaché à la mythologique Myrrha, fille de Cinyras, roi de Chypre, qui aurait fui en Arabie et aurait été changée en cet arbre (Ovide, Art. Am. 1:288). La myrrhe forma un article du commerce le plus ancien, et était fort estimée des Égyptiens et des Juifs, ainsi que des Grecs et des Romains (Pline, 13:2 ; Athénée, 15:688 ; Dioscoride, 1:73), comme elle l’est encore tant en Orient qu’en Europe. La plus ancienne mention se trouve dans Exode 30:23, «Prends aussi pour toi les principales épices, de la pure myrrhe cinq cents sicles.» Elle est ensuite mentionnée dans Esther 2:12, employée dans la purification des femmes ; dans Psaume 45:8, comme parfum, «Tous tes vêtements exhalent la myrrhe et l’aloès et la cannelle» ; également en plusieurs passages du Cantique des Cantiques, «Je m’en irai vers la montagne de la myrrhe, et vers la colline de l’encens» (Cantique 4:6) ; «Mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts de la myrrhe odoriférante» (5:?) ; de même au verset 13, et dans ces deux passages, selon Rosenmüller, il s’agit de la myrrhe profluent. On la trouve citée dans Matthieu 2:11 parmi les présents offerts par les sages de l’Orient au jeune enfant Yéhoshoua (Jésus), «de l’or, de l’encens et de la myrrhe.» Il est à noter que la myrrhe et l’encens sont fréquemment mentionnés ensemble. En Marc 15:23 nous apprenons que les soldats romains «lui donnèrent (à Yéhoshoua) à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le reçut point» (voir Hutten, De potu felleo, etc. [Guben. 1671] ; Pipping, De potu Christo prodromo [Leips. 1688]). VOIR GALL. L’apôtre Jean (Jean 19:39) dit : «Alors vint aussi Nicodème, et apporta un mélange de myrrhe et d’aloès, environ cent livres», pour embaumer le corps de notre Sauveur. Hérodote (3:107) mentionne l’Arabie comme la dernière contrée habitée au midi qui produisait l’encens, la myrrhe, etc. ; Théophraste (Plant. 9:4) la décrit comme produite dans l’Arabie méridionale, près de Saba et d’Adramytté ; de même Pline (12, 33), Dioscoride (1:77) et plusieurs autres auteurs grecs (Strabon, 16:769, 782 ; Diodore de Sicile 5:41 ; 19:95). Mais d’autres n’ont pas limité ainsi sa production. Celsus (Hierobot. 1:523) dit qu’elle était produite en Syrie, en Gedrosie (Arrian, Exped. Al. 6:421), en Inde, en Éthiopie, en Troglodytique et en Égypte ; dans ce dernier pays elle se nommait bal (βάλ), selon Plutarque, De Iside et Osiride, p. 383 (Kircher, Prod. Copt. p. 175). Plutarque, cependant, se trompait probablement, et a confondu le copte sal, «myrrhe», avec bal, «un œil» (Jablonski, Opusc. 1:49 [éd. te Water]). En conséquence bol est le nom sous lequel elle est universellement connue en Inde à l’heure présente ; et le nom sanskrit est bola, attesté au moins avant l’ère chrétienne, avec plusieurs autres noms, ce qui montre qu’elle y était bien connue. Mais depuis les temps anciens jusqu’à Belon nous n’avions pas d’informations précises sur l’arbre qui donne la myrrhe : il supposait qu’elle était produite en Syrie (de même Properce [1, 2, 3] et Oppien [Halieut. 3:403]), et dit (Observat. 2:80) qu’il rencontra près de Rama un buisson épineux aux feuilles rappelant l’acacia, qu’il crut être celui qui produit la myrrhe (Mimosa agrestis, Spr.). Similaire est le renseignement de l’auteur arabe Abu’l Fadli, cité par Celsius, qui dit que mour est le nom arabe d’un arbre épineux ressemblant à l’acacia, duquel coule un suc blanc qui s’épaissit et devient une gomme. Les auteurs persans affirment que la myrrhe est la gomme d’un arbre commun au Mughrib, c’est‑à‑dire en Occident ou en Afrique, à Room (nom général pour l’empire turc) et à Socotra. Les auteurs arabes et persans ne la connaissaient probablement que comme article de commerce : elle n’est certainement pas produite à Socotra, mais a sans doute longtemps été exportée d’Afrique vers l’Arabie. On rapporte que la myrrhe est toujours à obtenir bon marché et en abondance sur la côte sumalienne. Bruce avait déjà affirmé depuis longtemps que la myrrhe est produite dans le pays au‑delà d’Azab. M. Johnson, dans ses Travels in Abyssinia (1:249), mentionne que «Myrrh and mimosa trees abounded in this place» (Koranhedudah, en Adal). Le premier il décrit comme «un arbre bas, épineux, d’aspect râpé, à feuilles trifoliées d’un vert vif ; la gomme suinte des fissures de l’écorce du tronc près de la racine, et coule librement sur les pierres immédiatement au‑dessous. Artificiellement on l’obtient par des contusions faites avec des pierres. Les indigènes la recueillent surtout pendant les mois chauds de juillet et d’août, mais on en trouve, quoique en très petites quantités, à d’autres époques de l’année. On la collecte dans de petites peaux de chevreau et on l’emmène à Errur, d’où les marchands hurrah, en venant de Shoa, la transmettent au grand marché annuel de Berbera, d’où de grandes quantités sont expédiées pour l’Inde et l’Arabie.» Quand les Portugais entrèrent pour la première fois dans ces mers, la poussière d’or, l’ivoire, la myrrhe et les esclaves formaient le commerce principal d’Adal. Dès l’époque d’Arrian, dans son Périple de la Mer Érythrée, nous trouvons la myrrhe comme l’un des articles d’exportation, avec l’encens, de la côte d’Adal, appelée Barbarie. Le Périple mentionne la myrrhe de cette côte comme la meilleure de son genre, et précise les moyens de la transporter jusqu’au Yémen, ou Saba. Là les premiers navigateurs grecs la trouvèrent, et par leurs mains elle fut portée en Europe sous le nom de myrrhe sabéenne. Bien qu’il n’y ait aucun doute que la plus grande quantité de myrrhe ait toujours été obtenue d’Afrique, il est également certain qu’on en tire aussi quelque‑fois en Arabie. Cela semble prouvé par Ehrenberg et Hemprich, qui trouvèrent un petit arbre en Arabie, près de Gison, aux confins d’Arabie heureuse, dont ils recueillirent des morceaux de myrrhe qui, ramenés et analysés, furent reconnus authentiques (Nees v. Eisenbeck, Plant. officin. tab. 357). C’est le Balsamodendron myrrha des botanistes, qui produit la myrrhe du commerce ; il appartient à l’ordre naturel des Terebinthaceae, et est un petit arbre que l’on trouve en Arabie heureuse, allié aux Amyridaceae ou arbres à encens, et très voisin de l’Amyris Gileadensis, ou Balsamodendron Gileadense. VOIR BALM. Son tronc rabougri est couvert d’une écorce gris clair qui, ainsi que le bois, exhale une forte odeur balsamique. La gomme‑résine caractéristique suinte en petites gouttes en larmes, d’abord huileuses, mais se desséchant et durcissant sur l’écorce, et son écoulement augmente en blessant l’arbre. Récoltée elle est une substance cassante, translucide, d’une riche couleur brune ou jaune‑rouge, d’une forte odeur et d’un goût chaud et amer. La myrrhe, comme il est bien connu, fut célébrée dans les temps les plus anciens comme parfum et fumigateur (Martius, Pharmakogn. p. 382 sqq.), ainsi que pour ses usages en médecine. La myrrhe brûlée dans les temples, et employée pour l’embaumement des morts. Les anciens préparaient un vin de myrrhe, et aussi une huile de myrrhe, et elle entrait dans la composition de nombreux remèdes composés célèbres (voir Penny Cyclopedia, s.v. Balsamodendron). Nous lisons dans Cantique 1:13 un «fagot de myrrhe», comme la Version Autorisée King James le rend ; mais le mot צרוֹר (tzeror), employé pour une bourse ou un sac d’argent (Genèse 42:35 ; Proverbes 7:20, etc.), peut plutôt indiquer un sachet à parfums, ou un étui odoriférant, tel qu’en vendent les parfumeurs modernes. Mason Good, qui a «casque of myrrh», observe qu’un casket d’or ou d’ivoire, contenant quelque parfum précieux, est encore porté par les dames de Perse suspendu au cou par une chaîne élégante. Les termes «pure myrrh» (מָרַדּרוֹר, mor deror', Exode 30:23) et «sweetsmelling myrrh» (מֹר צוֹבֵר, mor ober', Cantique 5:5) représentent probablement la meilleure espèce, ou celle qui coule d’elle‑même (LXX σμύρνα ἐκλεκτή ; comp. Pline, 12:35 ; voir Dopke, Comment. v. Hopest. p. 165). (Pour les notices anciennes, voir Celsii Hierob. 1:520 sqq. ; Bodaei a Stapel, Comment. ad Theophrast. p. 796 sqq., 974).

2. לט ou לוֹט, lot (ainsi nommé, peut‑être, d’après sa fonction couvrante, étant employé comme cosmétique ou pommade ; Gesen. Thesaur. p. 748 ; LXX στακτή, et Vulg. stacte), n’apparaît que dans Genèse 37:25, «Voici, une caravanes d’Ismaélites descendait de Galaad, avec leurs chameaux portant des aromates (nekoth), et du baume (tsori), et de la myrrhe (lot), pour la porter en Égypte ;» et dans le ch. 43:11 Jacob ordonne à ses fils d’emporter en Égypte «des meilleurs fruits du pays dans vos vases, et d’apporter à l’homme un présent, un peu de baume (tsori), et un peu de miel, des épices (nekoth), et de la myrrhe (lot), des noix (botnim), et des amandes (shekadim).» Dans cette énumération, en un cas de marchandise, et dans l’autre de plusieurs articles destinés à un présent, et tous deux destinés à l’Égypte, alors nation très civilisée, il est évident qu’il faut ne considérer que des substances susceptibles d’être agréables dans ce pays, et donc non telles que produites là, ou plus aisément procurables d’ailleurs que de Syrie, comme c’était le cas pour la myrrhe, qui n’a jamais été produite en Syrie, et n’a pu être un article d’exportation de là. Cette difficulté fut ressentie par d’autres, et diverses traductions de lot furent proposées, telles lotus (comp. Burckhardt, Arab. Spriichen, p. 334), châtaignes, mastic, stacte, baume, térébenthine, pistaches (Michaelis, Suppl. 4:1424 sqq.). Junius et Tremellius rendent par ladanum, ce qui convient et paraît correct, car une connexion étymologique peut être tracée entre les mots. Le ladanum, ou gmn ladanum, comme on l’appelle souvent, était connu des Grecs dès l’époque d’Hérodote (3:112) et de Dioscoride (1:128), et portait les noms ledos et ledanon (λῆδος, λήδανον), très proches du ladun, nom arabe de la même drogue. Un auteur hébreu, cité par Celsius (Hierobot. 1:281), le décrit comme «une substance aromatique, s’écoulant du suc d’un certain arbre.» Le ladanum est décrit par Hérodote (3:112) comme particulièrement odoriférant, bien qu’on le recueille sur les barbes des chèvres où il adhère. Cela s’explique par la description de Dioscoride (1:128), d’où il ressort que les chèvres, après avoir brouté les feuilles des plantes de ladanum, ont nécessairement cette substance visqueuse adhérant à leurs poils et barbes, d’où elle est ensuite raclée. Tournefort, à l’époque moderne, a donné une description détaillée (Voyage, 1:79) du mode d’obtention du ladanum, et raconte qu’on le recueille maintenant au moyen d’une sorte de râteau à lanières fouettantes, que l’on passe sur les plantes. Quand ces lanières sont chargées de la résine odoriférante et collante, on les racle avec un couteau, et la substance est roulée en masse, état dans lequel on l’appelle ladanuma ou ladanum. Il consiste en résine et huile volatile, est très parfumé, et stimulant en médecine, mais est souvent adultéré de sable dans le commerce. Le ladanum employé en Europe est recueilli principalement dans les îles grecques, ainsi que dans la Grèce continentale. Il est rendu par le Cistus, connu en Europe sous le nom de Rose de roche. Il est originaire du sud de l’Europe, des îles méditerranéennes (surtout Candie ou Crète, d’où la principale variété a reçu son nom moderne), et du nord de l’Afrique. Il existe plusieurs espèces de Cistus, dont toutes semblent produire la gomme ladanum ; mais l’espèce mentionnée par Dioscoride est probablement identique à celle que l’on trouve en Palestine, à savoir le Cistus Creticus (Strand, Flor. Palaest. No. 289). Le C. Itdanijferus, natif d’Espagne et du Portugal, produit la plus grande quantité de ladanum ; il a une fleur blanche, tandis que celle du C. Creticus est rose. Des espèces se rencontrent aussi en Judée ; et le C. Creticus en quelques parties de la Syrie. Quelques auteurs ont pensé qu’une espèce, le Cistus roseus, est plus susceptible que toute autre d’être la Rose de Sharon, car elle est très commune en ce lieu, alors qu’on n’y trouve rien qui ressemble à une véritable rose. Le ladanum paraît avoir été produit en Judée, selon des écrits du Talmud (Cels. l. c. p. 286). Pline (12:37), comme déjà Hérodote (3:112), le donne comme un produit de l’Arabie, et par cela on entend probablement la Syrie (comp. Pline, 26:20), il était très vraisemblable qu’il fût envoyé en Égypte tant comme présent que comme marchandise. Voir Celsius, Hierobot. 1:280 sqq. ; Rosenmüller, Bib. Bot. p. 158 ; Pococke, Morgenl. 2:333 sqq. ; Penny Cyclopedia, s.v. Ladanum.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.