Définition dans McClintock & Strong

Mwetyi

Mwetyi, Grand Esprit vénéré par les peuples Shekani et Bakele dans le Sud de la Guinée. Le récit suivant de lui est donné par M. Wilson dans son Western Africa : «On suppose qu'il habite dans les entrailles de la terre, mais il vient à la surface du sol à des saisons déterminées, ou quand on l'invoque pour quelque affaire spéciale. Une grande maison plate, de forme particulière, couverte de feuilles de bananier sèches, est élevée au milieu du village pour le séjour temporaire de cet esprit, et c'est de ce bâtiment qu'il rend ses réponses oraculaires. La maison est toujours tenue parfaitement obscure, et personne n'est permis d'y entrer à l'exception de ceux qui ont été initiés à tous les mystères de l'ordre, qui comprend cependant presque toute la population masculine adulte du village. Des bruits étranges sortent de ce antre noir, non sans rappeler le grondement d'un tigre, que les initiés interprètent à leur convenance. Les femmes et les enfants sont tenus dans un état de crainte constante ; et, sans doute, l'un des principaux buts des cérémonies liées aux visites de cet être mystérieux est de maintenir les femmes et les enfants dans un état de subordination. C'est le grand Barbe-bleue africain, que chaque femme et chaque enfant du pays redoute profondément. Tout garçon, entre quatorze et dix-huit ans, est initié à tous les secrets appartenant à ce Grand Esprit. La période d'apprentissage dure un an ou davantage, durant laquelle ils subissent beaucoup de traitements rudes — tels, sans doute, qu'ils laissent une impression durable sur leur nature physique et mentale, et les empêchent de divulguer les secrets de l'ordre. Au moment de la matriculation, on impose un vœu, comme l'abstinence d'un aliment ou d'une boisson particulière, et il est contraignant à vie. Quand Mwetyi s'apprête à se retirer d'un village où il a exercé ses multiples fonctions, les femmes et les enfants, et tout étranger présent, sont tenus de quitter le village. Les cérémonies accomplies à ce moment ne sont bien sûr connues que des initiés. Quand une alliance doit être conclue entre différentes tribus, Mwetyi est toujours invoqué comme témoin, et chargé de visiter de sa vengeance la partie qui violerait l'engagement. Sans cela, leurs traités nationaux auraient peu ou point de force. Quand une loi est promulguée et que le peuple veut la rendre particulièrement contraignante, on invoque la vengeance de Mwetyi contre toute transgression ; et cela sert, en général, de garantie suffisante pour son observance. Les Mpongwee appellent quelquefois les Shekanis pour les aider, par l'agence de ce Grand Esprit, à donner sainteté et autorité à leurs lois.»

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.