Définition dans McClintock & Strong

Conciles d'Alexandrie (compte détaillé)

Alexandria, Councils of (2)

Alexandria, Councils Of (Concilium Alexandrinum). En complément des renseignements déjà donnés sous cette rubrique, un compte rendu plus complet de quelques-uns de ces conciles se trouve ci-dessous.

I. Tenu en 306, sous Pierre, évêque d'Alexandrie. Meletius, évêque de Lycopolis, fut déposé, ayant été convaincu d'avoir sacrifié aux idoles et d'avoir commis bien d'autres crimes.

II. Ce concile se tint en l'année 319 par le célèbre Hosius, évêque de Cordoue, envoyé par Constantin pour apaiser les troubles que les hérésies d'Arius et le schisme de Meletius avaient occasionnés, et pour rétablir la paix de l'Église. Hosius se conduisit dans cette affaire avec la fidélité et le soin dignes de sa piété et de la confiance placée en lui. Dans ce concile tout ce qui touchait la doctrine de la Trinité et la condamnation de l'hérésie de Sabelius, qui niait la distinction des personnes dans la sainte Trinité, fut discuté à fond. On sait cependant fort peu de choses de ce qui s'y passa. Voir Labbe, Concil. 1, 1493.

III. Tenu en 321 par Alexandre, évêque d'Alexandrie, assisté de tout son clergé, à cause de l'hérésie d'Arius, qui y fut condamnée.

Arius était le curé d'une église d'Alexandrie; c'était un homme d'un talent fort considérable, ayant tout l'aspect extérieur d'une excellence intérieure. La jalousie, voyant Alexandre élevé au siège d'Alexandrie, le perdit et le conduisit à l'hérésie. La vie irréprochable de son évêque ne lui offrant aucun moyen d'attaque contre son caractère, il résolut de l'accuser sur le terrain de la doctrine; et comme Alexandre enseignait, selon la foi de l'Église, que notre Sauveur Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ) est réellement Elohîm, Arius osa — d'abord en conversations privées, puis publiquement — affirmer que l'évêque était dans l'erreur et avait tombé dans l'hérésie de Sabelius; que notre Seigneur Yéhoshoua n'était qu'une créature, si exaltée qu'elle fût. Alexandre, ayant fait appeler Arius, s'efforça de le ramener par la douceur, lui conseillant et l'exhortant à ouvrir les yeux sur l'énormité de son erreur; mais celui-ci persista dans ses opinions. Enfin ce concile fut convoqué, dans lequel Arius et neuf autres membres du clergé d'Alexandrie furent condamnés et privés de leurs fonctions; on adressa également une lettre synodale par Alexandre à son frère évêque Alexandre de Byzantium. Voir Cave, Apostolici, p. 349.

Un autre concile se tint plus tard la même année sous la présidence d'Alexandre, composé de cent évêques égyptiens, sans compter les prêtres présents. Après avoir entendu Arius, il procéda à son anathème et à celui de douze de ses partisans, tant prêtres que diacres; il anathématisa aussi deux évêques, Secundus et Theona; et infligea une censure à Eusèbe de Nicomédie.

IV. Tenu en 340, en faveur d'Athanase, et après la mort de Constantin. Il y avait présents à ce concile quatre-vingts ou cent évêques, venus d'Égypte, de la Thébaïde, de Libye et de la Pentapole. Toutes les calomnies portées contre Athanase par les eusbéens furent réfutées. Tout se fit en ce concile selon la règle, et d'une manière tout à fait différente de ce qui avait été accompli deux ou trois ans auparavant au concile de Tyr. Athanase fut pleinement justifié. Ces mêmes évêques écrivirent aussi une lettre synodale à tous les prélats orthodoxes afin que, par l'union entre eux, ils pussent se fortifier contre l'hérésie. On se plaignit que les eusbéens continuaient à persécuter Athanase; qu'ils l'avaient fait exiler; et qu'ils avaient envoyé aux trois empereurs une lettre pleine de nouvelles calomnies contre lui. Ce concile justifia sa conduite; il remonta aux origines des persécutions qu'Athanase avait subies, et montra que les ariens le haïssaient déjà, quand il n'était encore que diacre; il prouva que son ordination avait été strictement régulière; il observa qu'Eusèbe de Nicomédie avait changé de siège plusieurs fois, oubliant que celui qui, une fois lié à une Église par l'épiscopat, ne doit pas chercher à changer, de peur d'être trouvé coupable d'adultère selon l'enseignement des Saintes Écritures. Il montra en outre que les procédures du concile de Tyr étaient invalides, tant parce que la partie d'Eusèbe y dominait que parce que la puissance séculière empêchait toute liberté d'action; encore, il exonéra Athanase du meurtre d'Arsenius, rappela les irrégularités des procédures dans la Mareotis, accusa les eusbéens de diviser l'Église par menaces et terreur, et finalement exhorta les évêques à ne donner crédit à rien de ce qui était écrit contre Athanase. Voir Labbe, Concil. 2, 532.

V. Tenu en 362 par Athanase, en concert avec Eusèbe de Vérceil, pour délibérer avec lui et les autres évêques des affaires de l'Église, et particulièrement des moyens à adopter pour rétablir la paix et l'union dans l'Église d'Antioche. Les chrétiens «orthodoxes» ne purent amener les Eustathiens (q.v.) à s'unir à eux. Le concile statua que les chefs et défenseurs de l'hérésie devaient être admis à la pénitence, mais non à conserver leur office clérical; tandis que ceux qui avaient été égarés seraient autorisés à conserver leur rang, pourvu qu'ils souscrivent aux actes du concile de Nicée. Voir Athanasius, De Ant. p. 575; Baronius, Annal. p. 362, § 235; Cave, Apostolici, p. 444.

VI. Au concile tenu en 401, les écrits d'Origène furent condamnés. Théophile, évêque d'Alexandrie, qui présidait, condamna aussi les promoteurs de l'hérésie arienne. Voir Labbe, Concil. 2, 1219.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.