Définition dans McClintock & Strong

Concile(s) de Moscou

Moscow, Council of

Moscow, Council Of

(Concilium Moscoviense). Plusieurs de ces synodes se tinrent au bénéfice de l’Église russe de temps à autre, depuis l’établissement du siège métropolitain de Moscou en 1320 (voir ci-dessous). Parmi ces conciles, les plus importants sont les suivants :

I. Tenu vers 1500, et présidé par le métropolite Simon, où il fut décrété que les monastères d’hommes et de femmes devaient être séparés ; on défendit aux moines d’accomplir le service divin, et aux clercs veufs de consacrer les saints mystères dans ces derniers ; les clercs indignes furent condamnés à la dégradation ; et tous paiements relatifs à l’ordination furent interdits.

II. Tenu en 1551, sous le tsar Ivan le Terrible. Il fut assisté de tous les évêques russes et du métropolite de Moscou ; Macarius présida. Le tsar ouvrit lui-même le synode par un discours, exhortant les évêques à user de toute intelligence, science et capacité dont chacun disposait dans leurs délibérations ; promettant qu’il serait prêt à se joindre et à les soutenir pour corriger ce qui était mauvais, ou confirmer ce qui était bien établi, selon que le Saint-Esprit les dirigerait. Il leur rappela ensuite que l’année où il fut couronné il avait chargé tous les évêques et hegoumens de recueillir les vies des saints de leurs diverses diocèses ou monastères, et que vingt nouveaux noms avaient en conséquence été glorifiés comme saints dans l’Église. Le concile répéta alors et confirma le décret, ordonnant que la mémoire de ces saints fût célébrée dans l’Église. Après cela le tsar exigea du concile une réponse à diverses questions concernant la discipline extérieure et intérieure de l’Église ; sur quoi ils rendirent une longue réponse, divisée en cent chapitres, ce qui fit que cette assemblée fut connue désormais sous le nom de «Concile des Cent Chapitres». Il semble que ces chapitres n’aient été signés par aucun évêque russe, ni soumis au patriarche œcuménique pour approbation ; et il est curieux que Macarius lui-même, qui présidait le concile, n’en fasse aucune mention dans ses Livres des Généalogies, où il relate l’histoire des affaires tant ecclésiastiques qu’étatiques. Ces chapitres favorisent quelques coutumes superstitieuses et erreurs locales qui, dans les années suivantes, produisirent des schismes regrettables. C’est encore dans ce concile que fut d’abord proposée la correction des livres de l’Église, correction qui fut effectivement accomplie plus tard par le patriarche Nikon.

III. Tenu dans le palais du tsar à Moscou en 1655, sous le règne du tsar Alexis ; Nikon, patriarche de Moscou, présidant. L’objet du concile était la correction de la liturgie, etc., de l’Église russe. Peu après sa nomination au patriarcat, Nikon avait remarqué les grandes altérations qui s’étaient glissées dans les livres de service alors en usage, qui en plusieurs endroits, et même dans le symbole de foi lui‑même, divergeaient des anciens manuscrits grecs et slavons ; il persuada donc au tsar de convoquer ce concile, où furent présents les métropolites suivants : Macarius de Novgorod, Cornelius de Kazan, Jonah de Rostoff, Silvester des Steppes, et Michael de Serbie, conjointement avec trois archevêques et un évêque. La décision unanime du concile fut que «les nouveaux livres seraient corrigés d’après les anciens manuscrits slavons et grecs, et que la règle primitive de l’Église serait en toutes choses respectée.» Cette décision fut confirmée dans un concile d’évêques grecs convoqué à Constantinople par le patriarche Paisius, dont le jugement les évêques russes avaient sollicité. Sur cela, le tsar et le patriarche procurèrent un nombre immense de manuscrits et de livres du Mont Athos, au moyen desquels et d’autres secours la révision des livres de service russes fut complétée.

IV. Tenu en 1677 pour choisir un successeur à Nikon, le patriarche, qui, ayant par les intrigues de ses ennemis tombé en disgrâce auprès du tsar Alexis, qui jadis avait été son grand ami et protecteur, avait dans un moment d’irritation renoncé brusquement au patriarcat, et par ce geste occasionna tels désordres dans l’Église qu’Alexis, pour rétablir la paix, fut obligé d’inviter les patriarches orientaux à former une cour pour son procès, et si possible pour sa destitution, afin de légaliser la nomination d’un nouveau titulaire du patriarcat. Outre les patriarches orientaux, Macarius d’Antioche et Paisius d’Alexandrie, étaient présents à ce concile quatre métropolites russes, à savoir Pitirim de Novgorod, Laurentius de Kazan, Jonah de Rostoff et Paul des Steppes ; six métropolites grecs, à savoir ceux de Nysée, Amasée, Iconium, Trebizonde, Varna et Scio ; les métropolites de Géorgie et de Serbie ; six archevêques russes et deux autres ; enfin cinq évêques, et cinquante archimandrites, hegumens et archipresbytres, outre moines et autres. Avant ce concile Nikon fut solennellement cité à comparaitre, «et ainsi arriva», dit Stanley, «que l’auguste assemblée de théologiens la plus solennelle que la Russie eût jamais vue se réunit pour la condamnation du plus grand homme que la hiérarchie orientale ait produit en temps modernes.» Le procès eut lieu dans la salle du palais de Nikon. Il comparut devant le concile comme quelqu’un ayant fait toutes ses préparations comme pour la mort, et cependant il ne supporta pas d’être traité comme un exclu ; il entra en sa qualité de patriarche, la croix portée devant lui ; et trouvant qu’on n’avait préparé pour lui aucune place au même niveau que celles occupées par les sièges des patriarches orientaux, il refusa de s’asseoir, et resta debout durant tout son procès. Son accusation fut lue, en larmes, par Alexis lui‑même ; elle alléguait qu’il avait, par sa retraite irrégulière et sa conduite capricieuse, été la cause de graves maux et désordres dans l’Église. Une semaine fut employée à délibérer sur son cas, et à rechercher des précédents survenus dans l’Église de Constantinople ; après quoi Nikon fut cité devant le concile en sa troisième session. Après avoir entendu la lecture de son accusation, sentence fut rendue contre lui, à savoir qu’il devait être dégradé, ne conservant que le rang d’un moine, et qu’il passerait le reste de sa vie en pénitence dans un monastère retiré. Une seule voix, celle d’un excellent évêque, Lazarus de Chernigoff, s’éleva en opposition à ce jugement cruel. Voir Blackmore's Mouravieff, Hist. of the Russian Church, pp. 92, 103, 204, 227 ; Stanley, Lect. on the East. Church, p. 480 sqq. ; Strahl, Beitrage zur Russischen Kirchengesch., vol. 3 et 4 ; Landon, Dict. of Councils, s.v. VOIR NIKON.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.