Définition dans McClintock & Strong
Colloque de Mumpelgart
Mumpelgart, Colloquy of
Mumpelgart, Colloquy Of
Conférence entre Beza et Andrea en vue d'amener l'union des Églises luthérienne et réformée, mais qui perd une grande partie de son importance du fait que les deux théologiens agirent ici de leur propre chef et non comme représentants de leurs Églises respectives. L'occasion en fut l'incorporation du territoire de Mumpelgart au duché de Wurtemberg par héritage. Farel y avait prêché l'Évangile dès 1526, mais en avait été chassé. En 1535 le duc George de Wurtemberg fit introduire la Réforme à Mumpelgart par Tossanus, ministre français. Les autorités wurtembergeoises cherchèrent ensuite à introduire la forme luthérienne du culte. Mais, en raison de la persécution, de nombreux calvinistes français trouvèrent refuge à Mumpelgart et n'obtinrent que difficilement la permission de participer à la Sainte-Cène, et demandèrent un colloque pour mettre fin à cet état de choses. Aucun des deux théologiens nommés n'entretenait beaucoup d'espoir quant au résultat. Beza avait été prévenu que de telles tentatives n'avaient auparavant fait qu'âigrir la querelle, cependant il ne se crut pas libre de repousser la demande des exilés, tandis qu'Andrea se sentait moins opposé à prendre part à une discussion présidée par un prince luthérien. Du côté luthérien apparurent Andrea et Lucas Osiander, assistés des deux conseillers politiques Hans Wolf von Anweil et Frederich Schütz ; du côté réformé, Beza, Abraham Musculus (pasteur à Berne), Anton Fajus (diacre à Genève), Peter Hybner (professeur de grec à Berne), Claudius Alberius (professeur de philosophie à Lausanne), et les deux conseillers Samuel Meyer, de Berne, et Anton Marisius, de Genève. Le colloque eut lieu au château de Mumpelgart, du 21 au 26 mars 1586. Beza ne parvint pas à obtenir qu'un protocole de la discussion fût rédigé, et les récits des débats donnèrent lieu par la suite à une longue controverse. Les points de controverse furent : 1° la Sainte-Cène ; 2° la personne du Mashiah (Christ) ; 3° images et cérémonies ; 4° le baptême ; 5° l'élection. Beza, qui n'avait destiné à traiter que le premier point, fut malgré tous ses efforts obligé d'en venir à discuter tous les autres, sur lesquels, comme il l'avait pressenti, la possibilité d'un compromis était moindre encore que sur les premiers. Il se déclara prêt à céder sur tous ces points si l'on pouvait lui montrer par l'Écriture qu'il avait tort. Andrea, dit-on, déclara dès le début — comme Luther à Marbourg — qu'il ne céderait rien, et que la doctrine pure était à jamais établie par la Confessio Augustana. Les deux parties publièrent ensuite des récits divergents du colloque. Les luthériens publièrent les Acta Colloquii Montisbelligartensis (Tübingen, 1587), ainsi qu'une traduction allemande, et une Epitome colloquii en 1588. Beza se défendit dans la Responsio ad acta coll. M. (Genève, 1587 et 1588 ; allemand, Heidelberg, 1588), etc. Au colloque, les deux parties mirent par écrit leurs doctrines et principes. Voir Schweizer, Gesch. der reformirten Centraldogmnen, 1:402 sqq., 501 sqq. ; Herzog, Real-Encyklopadie, 10:89. (J.N.P.)
