Définition dans McClintock & Strong
Amon
A'mon (Heb., Amon', אָמוֹן, bâtisseur [l’étymologie du No. 3 est probablement différente]), nom de trois hommes et d’une divinité.
1. (Sept. Α᾿μμών, et Ε᾿μήρ v. r. Σεμήρ.) Le gouverneur de la ville de Samarie au temps d’Ahab, à la garde duquel le prophète Michée fut livré (1Ki 22:26 ; 2Ch 18:25), av. J.-C. 895.
2. (Sept. Α᾿μών v. r. Α᾿μώς.) Fils de Manassé (par Meshullémeth, fille d’Haruz de Jotbah), et quinzième roi distinct de Juda, av. J.-C. 642-640. Il semble n’avoir tiré que peu d’avantage de l’exemple édifiant du péché, du châtiment et du repentir de son père ; car il rétablit l’idolâtrie et remit debout les images que Manassé avait renversées. Au règne d’Amon il faut rapporter le terrible tableau que le prophète Sophonie donne de l’état moral et religieux de Jérusalem ; l’idolâtrie soutenue par les prêtres et les prophètes (1,4 ; 3,4), les pauvres impitoyablement opprimés (3,3), et l’indifférence effrontée au mal (3,11). Il fut assassiné dans une conspiration de cour ; mais le peuple exécuta les régicides et éleva sur le trône son fils Josias, alors âgé de huit ans (2Ki 21:18-26 ; 2Ch 33:20-25). Il est mentionné parmi les ancêtres du Mashiah (Christ) (Α᾿μών, Mt 1:10 ; comp. 1Ch 3:14 ; Jer 1:2 ; Jer 25:3 ; Zep 1:1). VOIR JUDA, ROYAUME DE.
3. (Sept. Α᾿μμών.) AMMON. VOIR AMMON, divinité égyptienne et libyenne, en qui les auteurs classiques reconnaissent unanimement leur Zeus et Jupiter (Α᾿μοῦν, Hérodote 2,42 ; ῎Αμμων, Diodore de Sicile 1,13). Le siège primitif de son culte paraît avoir été Méroé, d’où il descendit à Thèbes, puis, selon Hérodote (2,54), fut transmis à l’oasis de Siwah et à Dodone ; en tous ces lieux il existait des oracles célèbres de ce dieu (Plutarque, Isis c. 9 ; Alex. c. 72 ; Arnotius, 6,12 ; Justin, 11,11 ; Strabon, 1,49 sqq. ; 17,814). Son principal temple et oracle en Égypte se trouvaient cependant à Thèbes, ville spécialement consacrée à lui, et qui est probablement visée par No et No-Amon des prophètes, la Diospolis des Grecs. Il est généralement représenté sur les monuments égyptiens par la figure assise d’un homme à tête de bélier, ou par celle d’un bélier entier, de couleur bleue (Wilkinson, 2e sér. 1, 243 sqq.). En son honneur les habitants de la Thébaïde s’abstenaient de la chair du mouton, mais sacrifiaient annuellement un bélier et drapaient sa statue de peau. Hérodote (2,42) donne une raison religieuse de cette cérémonie ; Diodore (3,72) explique le port des cornes par une cause plus triviale. Il n’existe guère de récit sur la manière dont ses réponses oraculaires étaient rendues ; mais comme une sculpture à Karnak, que Creuzer (Symbol. 1,507) a copiée de la Description de l’Égypte, représente son tabernacle portatif monté sur un bateau et porté sur les épaules de quarante prêtres, on peut conjecturer, d’après la ressemblance de plusieurs traits de cette représentation et la description de l’oracle de Jupiter Ammon chez Diodore (17:50), que ses réponses étaient communiquées par une sorte d’indication pendant le transport solennel de son tabernacle. (Voir Smith’s Dict. of Class. Biog. s.v. Ammon.) Que le nom de ce dieu se trouve véritablement dans le passage «Voici, j’exercerai un châtiment sur la multitude (littéralement, Amon) de No» (Jer 46:25), est une opinion favorisée par le contexte et des raisons internes ; mais au passage parallèle Eze 30:15, l’équivalent hamon, הָמוֹן, est employé. Voir aussi Eze 30:4,10, pour l’usage de ce dernier mot en référence à l’Égypte. Ces cas, ou du moins les deux premiers, semblent donc être des instances de paronomase (comp. Isa 30:7 ; Isa 65:11-12). Il est aussi sans doute renvoyé par le nom NO-AMMON, VOIR NO, donné à Thèbes (Na 3:8, où le texte anglais traduit «populous No»). L’étymologie du nom est obscure. Eusèbe (ad Dionys. Perieg. p. 125, éd. Bernhardy) rapporte que, selon certains, le mot signifie berger. Jablonski (Panth. Aegypt. 1,181) proposa une étymologie le signifiant produisant la lumière ; et Champollion le regarda d’abord comme signifiant gloire (Égypte sous les Pharaons, 1,247), mais, dans sa dernière interprétation (d’après Manéthon chez Plutarque), lui attribua le sens de caché. Le nom qui accompagne la figure sur les monuments s’écrit Amn, plus complètement Amn-Re, c.-à-d. «Amon-Soleil» (Gesenius, Thes. Heb. p. 115). Macrobe affirme (Saturnal. 1,21) que les Libyens adoraient le soleil sous la forme d’Ammon ; et il indique les cornes du bélier comme preuve d’un lien avec le signe zodiacal du Bélier (Müller, Archaol. p. 276 ; Pauly, Real-Encycl. 1,407 sqq.) ; mais cela a été contesté (Jomard, Descr. de l’Égypte ; Bahr, Symbolik d. Mos. Cultus, 2,296,641), bien que la contestation ait paru infructueuse (Creuzer, Symbolik, 2,205 ; Schmidt, De Zodiaci origine AEq. p. 33, in Opusc. quibus res Aeg. illustrantur, Carolsr. 1765). VOIR ÉGYPTE ; VOIR HIÉROGLYPHES.
4. (Sept. ᾿Ημειμ v. r. ᾿Ημίμ.) Chef ou ancêtre d’une des familles des «serviteurs de Salomon» qui revinrent de Babylone (Ne 7:59) ; appelé AMI dans Esd 2:57. av. J.-C. anté 536.
