Définition dans McClintock & Strong
Agnus Dei (hymne liturgique)
Agnus Dei
Agnus Dei (lat. Agneau de Dieu).
I. Hymne que l'on suppose généralement avoir été introduit dans le service de la messe romaine par le pape Serge I en 688. Il est plus probable qu'avant son temps il avait été chanté par le clergé seul, et qu'il ordonna seulement que le peuple y prît part. L'hymne est fondé sur Jean 1:29, commence par les mots Agnus Dei, et se chante à la clôture de la messe. Pour un compte complet de l'hymne et de ses variantes, voir Pascal, Liturg. Cathol. p. 51.
II. Gâteau de cire employé dans l'Église romaine, frappé de la figure d'un agneau soutenant la bannière de la croix. Ces gâteaux, étant consacrés par le pape le mardi après Pâques dans la première et la septième année de son pontificat, sont censés par les romanistes posséder de grandes vertus. On les recouvre d'un morceau d'étoffe découpé en forme de cœur, et on les porte très dévotement en procession. Par la vente de ces Agni Dei à certains, et par le présent de ceux-ci à d'autres, le clergé romain et les agents religieux en tirent un avantage pécuniaire considérable. La pratique de bénir l'Agnus Dei prit origine au VIIe ou VIIIe siècle, selon d'autres au XIVe siècle. Bien que l'efficacité d'un Agnus Dei n'ait pas été déclarée par les conciles romains, la croyance en ses vertus s'est fortement et universellement établie dans l'Église de Rome. Le pape Urbain V envoya à Jean Paléologue, empereur des Grecs, un Agnus plié dans un fin papier, sur lequel étaient écrits des vers expliquant toutes ses propriétés. Ces vers déclarent que l'Agnus est formé de baume et de cire mêlés avec le chrême, et qu'étant consacré par des paroles mystiques il possède le pouvoir d'éloigner les tonnerres et de dissiper les tempêtes, de donner aux femmes enceintes un accouchement aisé, d'empêcher le naufrage, d'ôter le péché, de repousser le démon, d'augmenter les richesses, et d'assurer contre le feu. SEE LAMB.
III. Il signifie aussi, comme le mot grec Poteriocalymma (ποτηριο- κάλυμμα), un linge brodé de la figure d'un agneau, avec lequel, dans l'Église grecque, la coupe de la Cène est couverte.
Voir en général Fabricius, Bibliog. Antiquar. éd. Schaffhausen, p. 522 ; Pope Sixtus V, Breve de more benedicendi et consecrandi ceream quae Agnus Dei vocatur, dans le Giornale de' Letterati d'Italia, 17, 435 ; Heine, Dissert. Sacrar. (Amst. 1736), 1. 2, c. 12 ; Munter, Sinnbilder der ersten Christen, 1, 80 sqq. ; Gerbert, De canto et musica sacra, 1, 454 sqq.
