Définition dans McClintock & Strong

Adrammelech

Adram’mélech (Heb. Adramme’lek, אִדרִמֶּלֶך, prob. pour אֶדֶר הַמֶּלֶך, splendeur du roi, c.-à-d. du Moloch ; Septante Ἀδράμελεχ), le nom d’une divinité, et aussi d’un homme. VOIR INSCRIPTIONS CUNÉIFORMES.

1. Une idole adorée par le sacrifice d’enfants dans le feu, en association avec Anammelech, par les habitants de Sépharvaïm, qui furent transportés à Samarie par le roi d’Assyrie (2 Rois 17:31). Selden (De Diis Syris, 2, 9) a confondu les deux idoles, trompé par une lecture corrompue du texte (אֱלהִ, dieu, au lieu de אֱלֹהֵי, dieux de, comme dans la marge). L’étymologie ci-dessus (rendant le nom équivalent au roi splendide), proposée d’abord par Jurien (Hist. des cultes, 4, 653) favorise l’attribution de cette divinité au soleil, la lune pouvant être peut-être désignée par l’Anammelech associé (comme compagne féminine du soleil, comp. Rawlinson’s Herodotus, 1, 611), en accord général avec le caractère astrologique de l’idolâtrie assyrienne (Gesenius, Comment. ub. Jesaias, 2, 327 sq.), et semble préférable à la dérivation perse (i. q. adar ou azar, feu) proposée par Reland (De vet. ling. Pers. 9). Le genre de sacrifice a conduit à la conjecture (Lette, De idolo Adrammelech, dans la Bibl. Bremens. nov. — fasc. 1, p. 41 sq.) que Saturne est visé ; mais Selden (De Diis Syris, 1, 6) et d’autres l’ont identifié à Moloch, principalement au motif que le sacrifice d’enfants par le feu, et la signification générale du nom, sont les mêmes dans les deux cas (voir Gregorius, Feuergötzen d. Samaritaner, Lauban, 1754). Peu de crédit est dû aux assertions rabbiniques du Talmud babylonien, que cette idole était adorée sous la forme d’un paon, ou, selon Kimchi, sous celle d’un mulet (Carpzov, Apparatus, p. 516) ; mais il est probable que la première notion puisse être née d’une confusion avec quelque autre idole assyrienne ancienne de cette forme. Les Yézidés, ou soi-disant adorateurs du diable de la même région, semblent conserver une trace frappante d’une telle espèce d’idolâtrie dans leur symbole sacré appelé Melek Taus, ou roi-paon, nom par lequel ils personnifient Satan, l’objet principal de leur révérence (Layard’s Nineveh, 1st ser. 1, 245 ; 2d ser. p. 47).

2. Un fils de Sennachérib, roi d’Assyrie. Lui et Shéar-zar étaient probablement enfants d’esclaves, et n’avaient donc aucun droit au trône. Sennachérib, quelque temps après son retour à Ninive de son expédition désastreuse contre Ézéchias, fut mis à mort par eux pendant qu’il adorait dans le temple de son dieu Nisroch ; ayant accompli ce crime, ils s’enfuirent pour chercher sécurité dans les montagnes d’Arménie, et leur frère Assarhaddon succéda au trône (2 Rois 19:37 ; Isaïe 37:38 ; comp. 2 Chroniques 32:21), av. J.-C. 680. Moïse de Chorène (p. 60) l’appelle Adramelus ; de même Abydenus (dans Eusebe Chron. Armen. 1, 53), qui en fait le fils et meurtrier de Nergal, successeur immédiat de Sennachérib (voir Hitzig, Begriff d. Kritik, p. 194 sq.) ; tandis que, selon Alexandre Polyhistor (dans Eusebe Chron. Arm. 1, 43), Sennachérib fut assassiné par son fils Ardumusanus. Sir Henry Rawlinson (Outlines of Assyrian History, aussi dans le Lond. Athenæum, 18 mars et 15 avril 1854) pense avoir déchiffré les noms de deux rois assyriens appelés Adrammelech, l’un vers 300 et l’autre 15 ans antérieurs à Sennachérib ; mais aucun d’eux ne peut être celui auquel il est fait référence dans l’Écriture.

Voir la fiche concept
Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.