Définition dans McClintock & Strong

Admonitio Christiana contre la Formule de Concorde (Neustadt, 1581)

Neostadiensium Admonitio Christiana De Libro Concordiae

Neostadiensium Admonitio Christiana De Libro Concordiae

quem vocant, a quibusdam theologis nomine quorundam ordinum Augustanae confessionis edito (Neostad. in Palatinatu, 1581). Sous ce titre les théologiens réformés assemblés par Jean Casimir à Neustadt publièrent une œuvre contre la Formule de Concorde luthérienne. La plupart de ces théologiens furent chassés de Heidelberg par l'électeur Louis, qui se rangea du côté du parti luthérien, mais furent bien reçus par le zélé calviniste Jean Casimir. Celui-ci nomma plusieurs d'entre eux au gymnase de Neustadt, qui resta un séminaire réformé aussi longtemps que Heidelberg demeura luthérienne, c.-à-d. de 1576 à 1583. Cette Admonitio, composée par Ursinus, et par conséquent aussi contenue dans les Ursini Opera (2:486 sq. [Heidelb. 1612]), est la plus importante des protestations luthériennes contre la Formule de Concorde, et étroitement liée à la Historia der Augsburger Confession (publiée à Neustadt en 1580). Elle consiste en une longue introduction sur les maux du sentiment de parti, l'inévitabilité des divergences doctrinales, etc., et en douze chapitres traitant,

1. de la personne du Mashiah (Christ) et du rétablissement de la vraie doctrine ;

2. idem concernant l'Eucharistie ;

3. réponse aux fausses accusations portées contre notre Église au sujet de certains dogmes ;

4. de l'autorité de la Confession d'Augsbourg ;

5. du vrai sens de cette confession ;

6. de l'autorité de Luther ;

7. du jugement injuste porté sur notre doctrine dans le Livre de Concorde ;

8. des assertions fausses contenues dans cette œuvre ;

9. des contradictions qu'elle renferme ;

10. de la conduite des théologiens à l'égard de la Formule de Concorde, et du devoir de l'État chrétien dans les controverses ecclésiastiques ;

11. des maux attachés à l'exécution de la Formule de Concorde ;

12. exposition de la manière vraie et correcte d'établir l'unité dans l'Église chrétienne. C'est une œuvre remarquable. Ainsi, à la page 115, nous lisons :

"L'importance de la Confession d'Augsbourg est quelquefois grandement exagérée, comme lorsqu'on soutient que quiconque s'en écarte même seulement dans la lettre est un hérétique. D'ailleurs, nous ne nous dissocions pas de son sens réel. Les livres canoniques seuls sont divins, et forment la règle unique de la doctrine. Toutes les autres œuvres doctrinales peuvent effectivement posséder une autorité ecclésiastique, mais non divine, et ne peuvent être reçues que dans la mesure où elles s'accordent avec les Écritures. Parmi elles se trouvent des œuvres œcuméniques que nul n'a le droit d'altérer par son autorité privée, tandis qu'il en existe d'autres propres à certaines Églises qui sont moins à observer, car on peut être membre de l'Église universelle sans les approuver, et parce que d'autres Églises ont le même droit d'établir des confessions particulières selon leurs besoins. Elles n'abolissent pas les décisions de l'Église universelle ; elles ne tranchent pas ce qui est vérité ou erreur, mais seulement ce qui est ou n'est pas conforme aux doctrines de leur Église. On ne peut donc les considérer comme des symboles, comme on tente de le faire à propos de la Confession d'Augsbourg et de la Formule de Concorde, qui seraient alors obligatoires pour tous les chrétiens. Il n'est ni possible ni conseillé d'imposer à toutes les Églises la même formule ; il est donc préférable de laisser à chaque Église la liberté de rédiger sa propre confession selon ses besoins et selon les nécessités des controverses, pourvu qu'elles tiennent toutes ferme aux vérités fondamentales du christianisme. C'est le cas de plusieurs confessions contemporaines, qui sont toutes nécessaires, et la Confession d'Augsbourg n'a aucun privilège sur une autre, aussi bonne qu'elle puisse être en soi. On ne peut dire ni d'elle ni d'aucune autre que quiconque la rejette est un hérétique. Elle fut rédigée aux premiers jours de la Réforme, quand la lumière ne faisait que commencer à lutter contre l'obscurcissement papal, et beaucoup de points étaient encore imparfaitement définis. Il serait à la fois injuste et absurde d'interdire aux maîtres savants, et même aux rédacteurs de la confession eux-mêmes, de faire profiter la doctrine de leur expérience accrue, ou même de l'établir d'une manière plus claire et meilleure. D'ailleurs, cette confession n'est que l'ouvrage de quelques-uns, et fut élaborée sous la pression des circonstances au milieu d'un Diet troublé ; par conséquent sous la crainte du danger, et la nécessité de traiter avec la plus grande douceur les abus papaux. Elle n'est donc ni aussi complète ni aussi explicite que beaucoup le désireraient, et exige des améliorations ultérieures."

Cet extrait suffit pour montrer que l'Admonitio Neost. mérite encore une lecture attentive. Le chapitre sur l'autorité de Luther est particulièrement remarquable pour son caractère véritablement évangélique, mais il est le moins lu de ceux qui pourraient en tirer le plus grand avantage. Le parti de la Formule de Concorde attaqua l'Admonitio, qui fut défendue par les opposants à la formule, particulièrement par Ursinus lui‑même (Opp. vol. 2). Voir Herzog, Real Encyklopädie, 10:263 sq. ; Krauth, The Conservative Reformation and its Theology, p. 288 sq.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.