Définition dans McClintock & Strong
Abraxas
Abraxas
1. (ἀβράξας or ἀβράσαξ), un mot mystique composé des lettres grecques α, β, ρ, α, ξ, α, ς qui, ensemble, d’après la numération grecque, forment le nombre 365. Basilides enseignait qu’il y avait 365 cieux entre la terre et l’empyrée, et autant d’ordres d’anges différents; et il appliquait le nom cabalistique Abraxas au Seigneur Suprême de tous ces cieux (Irenaeus, lib. 1, cap. 24, 67). VOIR BASILIDES. Dans son système il y avait une imitation de la philosophie pythagoricienne à l’égard des nombres, ainsi qu’une adoption de symboles hiéroglyphiques égyptiens. Jérôme semble insinuer que cela fut fait en imitation de la pratique consistant à représenter ainsi Mithras, la divinité des Perses; ou le soleil, autrement Apollon, le dieu de la guérison. Par exemple:
α=1 β=2 ρ=100 α=1 ξ=60 α=1 ς=200
Abraxas = 365
μ=40 ε=5 ι=10 θ=9 ρ=100 α=1 ς=200
Meithras, or Mithras = 365
Probablement Basilides entendait, de cette manière, exprimer le nombre d’intelligences qui composent le Pleroma, ou la Divinité sous diverses manifestations, ou le soleil, en lequel Pythagore supposait résider l’intelligence qui produisit le monde.
Bellerman dérive le mot du copte; la syllabe sadsch (que les Grecs durent convertir en σαξ, ou σας, ou σαζ, puisque la dernière lettre de ce mot ne pouvait être exprimée que par Ξ, Σ, ou Ζ) signifiant «mot», et abrak, «béni, saint, adorable»; abraxas serait donc «mot adorable». D’autres le font signifier «le mot nouveau». Beausobre le fait dériver de ἄβρός, qu’il rend par magnifique; et soit σάω, je sauve, soit σᾶ, sécurité. D’autres supposent qu’il est composé des lettres initiales des mots suivants : אָב, père; בֵּן, fils; רוּח, esprit; אֶחָד, un (c.-à-d. un seul Elohîm); Χριστός, Mashiah (Christ); ᾿Α᾿νθρωπος, homme (c.-à-d. Elohîm-homme); Σωτήρ, Sauveur. La suggestion la plus récente est qu’il s’agirait de l’araméen pour זו עזקא רכא, «ceci est le grand sceau», lu à l’envers. VOIR ABRACADABRA.
2. Pierres ou images Abraxas. — Un grand nombre de reliques (pierres gravées et plaquettes, ou tablettes de métal) ont été découvertes, principalement en Égypte, portant le mot abraxas, ou une image supposée désigner le dieu de ce nom. Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de ces reliques, certains les regardant toutes comme d’origine basilidienne; d’autres les tenant, en partie ou en totalité, pour égyptiennes. Des descriptions s’en trouvent dans Macarii Abraxas seu de Gem. Basil. Disquisitio, édité par Chifflet (Antw. 1657, 4to); Montfaucon, Paloeogr., Groec. lib. 2, cap. 8; Passeri, De Gemmis Basilidianis, in Gori, Thesaurus Gem. Astrif. (Flor. 1750, 3 vols. 4to); Bellermann, Ueb. die Gemmen der Alten mit dem Abraxas-bilde (Berlin, 1817-1819); Walsh, Ancient Coins, Medals, etc. (Lond. 1828, 8vo); Kopp, Paleographia Critica (Mannh. 1827, pt. 4). Matter (dans Herzog’s Real-Encyklopadie, et dans son Histoire du Gnosticisme, vol. 3) donne une classification d’elles qui tendra grandement à faciliter leur étude. Quelques-unes contiennent l’image d’Abraxas seule, ou avec un bouclier, une lance, ou d’autres emblèmes d’origine gnostique. Quelques-unes portent des mots juifs (par ex. YHWH, Adonai, etc.); d’autres combinent l’Abraxas avec des symboles persans, égyptiens ou grecs. Montfaucon a divisé ces gemmes en sept classes.
1. Celles ayant la tête d’un coq, symbole du soleil;
2. Celles ayant la tête d’un lion, expressive de la chaleur du soleil: celles-ci portent l’inscription Mithras;
3. Serapis;
4. Sphinxes, singes, et autres animaux;
5. Figures humaines, avec les noms de Iao, Sabaoth, Adonai, etc.;
6. Inscriptions sans figures;
7. Formes monstrueuses.
Il donne 300 fac-similés de gemmes avec différents dispositifs et inscriptions, dont l’un est montré dans la gravure jointe provenant de la collection du vicomte Strangford. Elle est de forme ovale, convexe des deux côtés, et à la fois la surface de la pierre et l’impression de la sculpture sont fortement polies. D’un côté est représentée une ligne droite traversée par trois lignes courbes, une figure très commune sur les gemmes gnostiques, et représentant peut-être le «chandelier» d’or. Ceci est entouré de la légende ΑΒΡΑΧΑΞ ΙΑΩ, mots également d’un usage très commun, et qui se trouvent soit seuls, soit accompagnés de toutes variétés de figures. Le mot ΙΑΩ, dans une variété de modifications, se trouve aussi sur la plupart des gemmes des gnostiques; et, après Abrasax, semble avoir été le plus redoutable et mystérieux. On suppose généralement qu’il est une corruption du tétragramme, יהוה, ou YHWH, auquel les Juifs attachaient une si grande importance. Irenseus suppose qu’il y a allusion au nom par lequel le caractère divin du Mashiah (Christ) était exprimé; comme si le ΑΩ était destiné à être l’Alpha et l’Omega de l’Apocalypse, et que les caractères ΙΑΩ représentent Yéhoshoua (Jésus) le «Rédempteur, le premier et le dernier.» Voir Mosheim Comm. 1, 417; Matter, Hist. du Gnosticisme, t. 3; Neander, Gnost. System, 1818; Neander, Ch. Hist. 1, 401; Lardner, Works, 8, 352 sq.; Jeremie, Ch. Hist. p. 149; Schmid, Pent. Dissert. (Helmst. 1716); Jablonski, Nov. Miscell. Lips. 7, 1, 63 sq.; Beausobre, Hist. du Manich. 2, 50; Gieseler, in the Stud. u. Kritiken, 1830, p. 413 sq. (qui montre que toutes les gemmes Abraxas n’étaient pas d’origine gnostique); King, The Gnostics and their Remains (Lond. 1864), qui contient diverses gravures de gemmes, mais est par ailleurs de peu de valeur. VOIR GNOSTICISME; VOIR BASILIDES.
