Définition dans McClintock & Strong

Abilene

Abile'ne (Α᾿βιληνή sc. χώρα, Luc 3:1), petit district ou territoire dans la région du Liban qui prit son nom de la ville principale, Abila (Polyb. v.71,2; Josèphe, Guerre, 2,13,2; 4:7,5; Héb. Abel', אָבֵל, une plaine), située en Coele-Syrie (Ptolém. v.18), et (selon l'Itinéraire Antonin) à 18 milles au N. de Damas, et 38 au S. d'Héliopolis (lat. 68°45', long. 33°20'); mais il ne faut pas la confondre avec Abila de la Décapole (Burckhardt, p.269; Ritter, 15,1059). VOIR AILA. Vers le nord elle dut s'étendre au-delà du Barada supérieur, afin d'inclure Abila; il est probable que sa frontière méridionale pouvait s'étendre jusqu'au mont Hermon (Jebel es-Sheikh). Elle semble avoir compris les déclivités orientales de l'Anti-Liban, et les belles vallées entre sa base et les collines qui dominent les plaines orientales. C'est une région très belle et fertile, bien boisée, et arrosée par de nombreuses sources provenant de l'Anti-Liban. Elle offre aussi de magnifiques pâturages; et à bien des égards contraste avec les pentes austères et stériles de l'Anti-Liban occidental. Ce territoire avait été gouverné comme tétrarchie par Lysanias, fils de Ptolémée et petit-fils de Mennée (Josèphe, Ant. 14:13,3); mais il fut mis à mort, av. J.-C. 33, par les intrigues de Cléopâtre, qui prit alors possession de la province (Ant. 15:4,1). Après sa mort il échut à Auguste, qui le loua à un certain Zénodore; mais comme celui-ci ne l'empêcha pas d'être infesté de brigands, il lui fut enlevé, et donné à Hérode le Grand (Ant.15:10,1; Guerre, 1:20,4). À sa mort, une partie (probablement la méridionale) du territoire fut ajoutée à la Trachonite et à l'Iturée pour former une tétrarchie destinée à son fils Philippe; mais de loin la plus grande portion, incluant la ville d'Abila, fut alors, ou peu après, octroyée à un autre Lysanias, mentionné par Luc (Luc 3:1), que l'on suppose être un descendant du premier Lysanias, mais qui n'est nulle part mentionné par Josèphe. VOIR LYSANIAS. En réalité, rien n'est dit — par lui ni par aucun autre écrivain profane — au sujet de cette partie d'Abilène — jusqu'à plusieurs années après l'époque à laquelle se réfère Luc, lorsque l'empereur Caligula la donna à Agrippa I comme «la tétrarchie de Lysanias» (Josèphe, Ant. 18:6,10), et à qui elle fut ensuite confirmée par Claude. À sa mort elle fut comprise dans la partie de ses possessions qui revint à son fils Agrippa II (voir Josèphe, Ant. 13:16,3; 14:12,1; 3,2; 7,4; 15:10,3; 17:11,4; 19:5,1; 10:7,1; Guerre, 1:13,1; 2:6,3; 11.5; Dion Cass. 49:32; 54:9). Cette explication quant à la division d'Abilène entre Lysanias et Philippe lève la discordance apparente dans Luc, qui appelle Lysanias tétrarque d'Abilène au moment même où, selon Josèphe, (une partie de) l'Abilène était en la possession de Philippe (voir Noldii Hist. Idum. p.279 s.; Krebs, Observ. Flav. p.110 s.; Susskind, Symbol. ad Illustr. Quaedam Evang. Loca, 1:21; 3:23 s.; aussi in Pott, Syllog. 8:90 s.; aussi in Stud. u. Krit. 1836, 2:431 s.; Miunter, De Rebus Ituraeor. Hafn. 1824, p.22 s.; Wieseler, Chronol. Synopsis, p.174 s.; Ebrard, Wissenschaft. Kritik, p.181 s.; Hug, Gutachten ub. Strauss, p.119 s.). En fait, comme Hérode n'eut jamais réellement Abilène (Josèphe, Ant. 19:5,1; Guerre, 2:11,5), et Zénodore n'en eut que le fermage, cette région n'aurait pu revenir aux héritiers d'Hérode, et ne faisait donc proprement pas partie de la tétrarchie de Philippe. La même division du territoire en question est impliquée dans l'exclusion de Chalcis du gouvernement du Lysanias postérieur, bien qu'elle fût comprise dans celui du plus ancien (Josèphe, Ant. 20:7,1). Nous trouvons Abila mentionnée parmi les lieux pris par Placidus, un des généraux de Vespasien, en apr. J.-C. 69-70 (Josèphe, Guerre, 4:7,5); et dès cette époque elle fut définitivement annexée à la province de Syrie (Smith's Dict. of Class. Geog. s.v.). La métropole Abila est mentionnée dans les listes des conciles chrétiens comme siège d'un évêché jusqu'en apr. J.-C. 634 (Reland, Palest. p.529).

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.