Définition dans McClintock & Strong
Abila
Abila (τὰ ῎Αβιλα et ηΑ῾᾿βίλη, Polybe v. 71,2; Ptolémée v.18), nom d’au moins deux lieux.
1. Capitale de «l’Abilène» de Lysanias (Luc 3:1), distinguée (par Josèphe, Ant. 19:5,1) des autres lieux du même nom sous l’appellation «ABILA DE LYSANIAS» (῎Αβιλα ἡ Λυσανίου). Le mot est manifestement d’origine hébraïque, signifiant une plaine herbeuse. VOIR ABEL-. Toutefois ce lieu ne doit pas être confondu avec les localités bibliques de l’Ancien Testament portant ce préfixe, puisqu’il se situait hors des limites de la Palestine en Coelé-Syrie (Itinéraire d’Antonin p. 197, éd. Wessel), étant le même que «l’Abila du Liban» (Abila ad Libanum), entre Damas et Baalbeck ou Héliopolis (Reland, Palaest. p. 317, 458). Josèphe (voir éd. Hudson p. 864, note) et d’autres écrivent aussi le nom Abella (῎Αβελλα), Abela (Α᾿βέλα), et même Anbilla (῎Ανβιλλα), l’assignant à la Phénicie (Reland, ibid. p. 527-529). Une médaille existe portant une grappe de raisin avec l’inscription «Abila Leucas,» que Belleye (Trans. de l’Acad. des Belles Lettres) rapporte à cette ville; mais on a démontré qu’elle est d’une époque plus tardive (Eckhel, 3:337,345); car une autre médaille du même lieu porte la demi-figure du dieu-fleuve avec l’inscription «Chrysoroas Claudiaion,» titre qui, bien que fixant le site au fleuve Chrysorrhoas, renvoie au nom impérial Claude. Peut-être Leucas et Claudiopolis furent-ils seulement des noms postérieurs du même établissement; car il est difficile de supposer que deux cités de la taille et de l’importance que chacune de celles-ci manifestement eut, aient été situées dans la même région et nommées du même nom. L’existence d’une grande cité bien bâtie dans cette région (Hogg’s Damascus, 1:301) est attestée par de nombreux vestiges encore trouvés là (Bankes, Quart. Review, vol. 26, p. 388), contenant des inscriptions (De Saulcy, Narrative, 2:453). Certaines de ces inscriptions (publiées d’abord par Lebronne, Journal des Savants, 1827, puis par Urelli. Inscr. Lat. 4997, 4998) ont été récemment déchiffrées (Trans. Roy. Geog. Soc. 1851; Jour. Sac. Lit. juillet 1853, p. 248 sqq.), et l’une d’elles contient un compte rendu précis de travaux publics exécutés sous l’empereur M. Aurèle «aux frais des Abiléniens,» identifiant ainsi l’endroit où elle fut trouvée avec l’antique cité d’Abila (Bibliotheca Sacra, 1848, p. 85 sqq.). C’est le village moderne Suk el-Barada, non loin de la rive sud du fleuve Barada (l’ancien Chrysorrhoas), près de l’embouchure du long défilé par lequel le cours d’eau descend, et directement sous la falaise (800 pieds) sur laquelle se trouve le Wely de Nebi Abil, tombeau traditionnel d’Abel (Bib. Sacra, 1853, p. 144). Cette tradition est ancienne (Quaresmius, Elucid. Terrae Sanctae, 7:7,1; Maundrel, 4 mai), mais apparemment fondée sur une dérivation incorrecte du nom du fils d’Adam. VOIR ABEL. Cet endroit se trouve sur la route de Héliopolis (Baalbek) à Damas, à une distance correspondant aux notices anciennes (Reland, Palaest. p. 527-528).
2. Il existe deux ou trois autres lieux mentionnés par les autorités anciennes (Reland, Palaest. p. 523 sqq.) sous l’appellation générale d’Abel, Abela ou Abila (une fois Abida, Α᾿βίδα apparemment par erreur, Reland, ibid. p. 459), comme suit :
(a) ABELA DE PHÉNICIE (Jérôme, Onomast. s.v.), situé entre Damas et Panéas (Caesarea Philippi), et donc distinct de l’Abila de Lysanias, qui était entre Damas et Héliopolis (Baalbek). Il est probablement le même qu’ABEL-BETH-MAACHAH SEE ABELBETH-MAACHAH (q.v.).
(b) ABILA DE PÉRÉE, mentionnée par Josèphe (Guerre, 2:13,2) comme étant dans le voisinage de Julias (Betsaïda) et Besimoth (Beth-Jéchimoth) (ib. 4:7,6). C’est probablement la même qu’ABEL-SHITTIM SEE ABEL-SHITTIM (q.v.).
(c) ABILA DE BATANÉE, mentionnée par Jérôme (Onomast. s.v. Astaroth Carnainz) comme située au nord d’Adara, et par Josèphe (cit. Polybe) comme prise avec Gadara par Antiochos (Ant. 12:3,3). Elle est apparemment la «Abila de la Décapole» (comp. Pline, 5:18), nommée sur certaines inscriptions palmyréniennes (Reland, Palaest. p. 525 sqq.), et est probablement l’Abel (Α᾿βελά) d’Eusèbe (Onomast. e. v.), située à 12 milles E. de Gadara, aujourd’hui Abil. VOIR ABEL-CERAMIM.
