Définition dans McClintock & Strong
Abbé (supérieur d'abbaye)
Abbot
Abbot
(Lat. abbas; from Chaldee אִבָּא, the father), le supérieur ou chef d'une abbaye de moines.
1. Le titre était à l'origine donné à tout moine, mais après le VIe siècle fut restreint aux chefs des maisons religieuses. À une époque postérieure le titre ne fut pas confiné aux supérieurs des monastères, mais fut également appliqué aux supérieurs d'autres institutions (comme abbas curie, palatii, scholarum, etc.), tandis que, d'autre part, plusieurs autres termes, tels que prévôt, prieur, gardien, majeur, recteur, etc., furent adoptés pour désigner les supérieurs des couvents des différents ordres. L'Église grecque use généralement du terme archimandrite (q.v.). Le nom d'abbé fut spécialement conservé par l'ordre des Bénédictins et ses branches, les Cisterciens, Bernhardins, Trappistes, Grandmontains, Prémontrés. Mais la congrégation de Cluny (q.v.) réserva le titre d'abbé au supérieur du monastère principal, appelant ceux des autres monastères coabbates et proabbates. L'abbé de Monte Cassino prit le titre abbas abbatum. Un certain nombre d'ordres religieux sont gouvernés par un abbé général, par ex., selon le Notizie per l'Anno 1859 (l'Almanach officiel romain), les chanoines réguliers du Latran, les Camaldules, les Trappistes, les Olivetains, l'ordre (oriental) de saint Antoine, et les Basiliens. Les abbés réguliers sont ceux qui portent l'habit religieux et président effectivement une abbaye, tant dans les affaires spirituelles que temporelles. Les abbés séculiers sont des prêtres qui jouissent des bénéfices, mais emploient un vicaire (q.v.) pour en remplir les fonctions. Les abbés laïcs sont des laïcs auxquels les revenus des abbayes sont attribués par des princes ou des bienfaiteurs. Les abbés de campagne (abbates castrensus) sont des abbés réguliers nommés pour le service militaire. Arch-abbé est le titre de l'abbé de St. Martini, en Hongrie. Les abbés sont, en général, soumis à la juridiction de l'évêque diocésain, mais autrefois certains étaient exempts, et avaient même une sorte de juridiction épiscopale (jurisdictio quasi episcopalis), ainsi que le droit de porter les insignes épiscopaux (abbés mitrés, abbates mitrati). Certains, comme l'abbé de Saint-Maurice, en Suisse, possèdent même un petit territoire. Les abbés dotés d'une juridiction épiscopale ont le droit de prendre part aux conciles généraux, et le droit de vote dans les synodes provinciaux. Les privilèges et devoirs des abbés sont déterminés par les règles de l'ordre auquel ils appartiennent, ainsi que par les règlements canoniques.
Les abbés commendataires (abbates commendatarii; Fr. abbes commendataires), en France et en Angleterre, étaient des ecclésiastiques séculiers à qui des abbayes étaient données in commendam, qui jouissaient d'une partie des revenus, ainsi que de certains honneurs, mais sans juridiction sur les pensionnaires des abbayes. Cela devint plus tard si courant que la plupart des abbayes furent ainsi détenues perpétuellement en commendam. En Angleterre, beaucoup d'abbés, entre autres privilèges, avaient le droit de siéger à la Chambre des Lords. Selon Fuller (Ch. Hist. b. 6, p. 292, éd. 1655), il y avait soixante-quatre abbés et trente-six prieurs, outre le Maître du Temple convoqué au Parlement, ce qu'il appelle «a jolly number». Édouard III les réduisit à vingt-six. En Allemagne, dix prince-abbés (de Fulda, Corvey, etc.) furent membres du Diète allemande jusqu'en 1803. Voir Bingham, Orig. Eccles. b. 7, ch. 3; Conc. Trident. Sess. 25; et, pour le détail complet, Martène, De Ant. Monach. Rit. lib. 5. Les formules pour la bénédiction des abbés (i. q. inauguration) sont données dans Boissonnet, Dict. des Ceremonies, 1:22 sqq.
2. Le titre d'abbé est encore employé dans quelques pays protestants. En Allemagne il est parfois conféré à des théologiens, surtout s'ils jouissent des revenus d'anciennes abbayes. Ainsi le feu professeur Lucke de Göttingen fut abbé.
