Définition dans McClintock & Strong

Abba

Ab'ba ('Αββᾶ, אִבָּא) est le mot hébreu אָב, père, sous une forme (l'«état emphatique» ou défini — le père) propre à l'idiome chaldéen (Mr 14:36; Ro 8:15; Ga 4:6).

1. Comme tel, il était sans doute d'usage commun pour exprimer la relation paternelle, dans le dialecte araméen mêlé de la Palestine à l'époque du Nouveau Testament. Il devait surtout être employé dès l'enfance pour s'adresser au père masculin, comme le moderne papa ; d'où son occurrence dans le Nouveau Testament uniquement en vocatif (Winer, Gram. of the New-Test. Diction, § 29). Son emploi pour désigner Elohîm (comp. Jérémie 3:4; Jean 8:41) était fréquent parmi les Juifs tardifs (Hamburger, Real-Encyklop. s.v.). Pour éviter, toutefois, l'apparence d'une familiarité excessive, les auteurs du Nouveau Testament, au lieu de traduire le titre par son équivalent grec πάπα, l'ont conservé sous sa forme étrangère — une forme d'emphase et de dignité ; mais ils ont en tous cas ajouté sa signification pour la commodité des lecteurs purement grecs. D'où la phrase «Abba, father» dans sa double forme (Critica Biblica, 2:445).

2. Par la foi en le Mashiah tous les vrais chrétiens passent dans la relation de fils ; sont autorisés à adresser à Elohîm leurs prières avec confiance filiale ; et à se considérer héritiers de l'héritage céleste. Cette adoption dans la famille d'Elohîm suit inséparablement notre justification ; et le pouvoir d'appeler Elohîm notre Père, en ce sens spécial et approprié, résulte du témoignage intérieur de notre pardon donné par le Saint-Esprit. VOIR ADOPTION.

3. Le mot Abba, dans les âges postérieurs, en vint à être utilisé dans les Églises syriaque, copte et éthiopienne, d'une manière impropre, comme titre donné à leurs évêques (D'Herbelot, Bibl. Orient. s.v.), semblable à padre, etc., dans les pays catholiques romains. Les évêques eux-mêmes confèrent plus particulièrement le titre Abba à l'évêque d'Alexandrie ; ce qui fit que le peuple l'appelait Baba, ou Papa, c.-à-d. grand-père — titre qu'il portait avant l'évêque de Rome.

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Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.