Définition dans Jewish Encyclopedia

Temple d'Hérode

TEMPLE OF HEROD

Dans la dix‑huitième année (20‑19 av. J.-C.) de son règne, Hérode rebâtit le Temple à une échelle plus magnifique. Il existe de nombreuses preuves qu’il partageait la passion de la construction qui animait beaucoup d’hommes puissants de cette époque. Il avait embelli de nombreuses cités et édifié de nombreux temples païens ; il n’était pas convenable que le temple de sa capitale fût inférieur à ceux‑ci en magnificence. Probablement aussi l’un de ses mobiles fut d’apaiser les plus pieux de ses sujets, dont il avait souvent outré les sentiments.

Les Juifs étaient réticents à voir leur Temple démoli, craignant qu’il ne fût pas reconstruit. Pour démontrer sa bonne foi, Hérode accumula les matériaux pour le nouvel édifice avant que l’ancien fût abattu. Le nouveau Temple fut reconstruit aussi rapidement que possible ; il fut achevé en un an et demi, bien que des travaux sur les constructions accessoires et les parvis durèrent quatre‑vingts ans. Comme il était interdit à quiconque sauf aux prêtres d’entrer dans le Temple, Hérode employa 1 000 d’entre eux comme maçons et charpentiers.

Le Temple proprement dit, tel que reconstruit par Hérode, avait les mêmes dimensions que celui de Salomon, à savoir : 60 coudées de long, 20 coudées de large et 40 coudées de haut. Cet espace était divisé en le Saint des Saints, lequel mesurait 20 × 20 coudées, et la partie extérieure du Temple (cf. Josephus). À l’entrée du Temple extérieur se trouvait un voile brodé en bleu, byssus blanc, écarlate et pourpre ; le Temple extérieur était séparé du Saint des Saints par un rideau semblable. Le rideau extérieur était replié du côté sud, et le rideau intérieur du côté nord, de sorte qu’un prêtre, en entrant dans le Saint des Saints, traversait le Temple extérieur en diagonale. Le Saint des Saints était en fait vide. Dans le Lieu Saint se tenaient l’autel des parfums, et, près de l’entrée du Saint des Saints, le candélabre d’or à sept branches du côté sud et la table des pains de proposition du côté nord. Au‑dessus de la porte du Temple se dressaient des vignes et des grappes d’or aussi grandes qu’un homme (“Ant.” XV. 11, § 3 ; “B. J.” V. 5, § 4). Le bâtiment du Temple avait un étage supérieur de dimensions semblables à l’inférieur. Des constructions latérales, comme dans le Temple de Salomon, fournissaient l’espace pour trois étages de chambres sur les côtés nord, sud et ouest du Temple. Ces chambres étaient reliées par des portes ; et des trappes permettaient la communication entre celles d’un étage et celles de l’étage immédiatement au‑dessus ou au‑dessous. La largeur totale de la structure, y compris les bâtiments latéraux, était de 70 coudées (Jér. iv. 7).

À l’est du Temple d’Hérode se trouvait, comme chez Salomon, un portique de 100 coudées de large, 100 coudées de haut et 20 coudées de profondeur, s’étendant ainsi de 15 coudées de chaque côté du Temple (“B. J.” v. 5, § 4). Sa porte, qui n’avait pas de vantaux, mesurait 20 coudées de large et 70 coudées de haut. Sur cette porte Hérode érigea un aigle d’or, qui fut ensuite arraché par les Juifs (“Ant.” xvii. c, § 2). La façade du portique était couverte d’or ; et elle brillait lorsqu’elle recevait les rayons du soleil levant.

Devant le Temple, à 22 coudées du portique, se dressait l’autel des holocaustes, construit en pierres non taillées. Sa longueur et sa largeur étaient chacune de 50 coudées, et sa hauteur de 15 coudées (“B. J.” V. 5, § 2). Au nord de l’autel vingt‑quatre anneaux étaient fixés dans le sol auxquels on attachait les animaux sacrifiés. Tout près se trouvaient huit piliers soutenant des pièces de cèdre sur lesquelles on suspendait les carcasses des animaux. Il y avait aussi huit tables de marbre pour la préparation des chairs sacrificielles (ibid.; Tamid iii. 5; Shek. vi. 4). Au sud se trouvait une cuve de bronze pour les ablutions sacerdotales (Mid. iii. 6 ; Yoma iii. 10).

Si la tradition sacrée obligeait Hérode à se conformer étroitement au plan ancien de la maison sainte, en lui permettant de varier peu d’avec les précédents, son goût hellénisé et son génie pour la construction trouvèrent un ample champ d’application dans les parvis et les cloîtres du Temple. D’abord, il agrandit considérablement l’aire du Temple. Josèphe dit que, avant le temps d’Hérode, l’aire du Temple était carrée, chaque côté étant un stade (“Ant.” XV. 11, § 3 — statement en conflit avec Hérodote selon la Jew. Encycl.), et qu’Hérode agrandit les cours de sorte que le périmètre fut porté à six stades (“B. J.” V. 5, § 1). Il est plus vraisemblable qu’Hérode agrandit la superficie dans les deux dimensions, bien qu’il soit possible qu’elle eût déjà été agrandie au temps d’un des Hasmonéens. La superficie à laquelle Hérode porta l’enceinte était presque celle de l’actuel Haram. Le territoire sacré n’a été accru depuis l’époque d’Hérode que vers le nord.

Pour obtenir cet espace sur le sommet d’une colline aux côtés fortement en pente, il fallut étendre artificiellement la surface de la colline elle‑même ; cela fut fait surtout du côté méridional. Là où l’on peut encore voir la maçonnerie massive (appelée par les Arabes « Solomon’s Stables ») que Hérode construisit pour supporter un pavement au niveau de la surface de la colline plus au nord, se trouvent les substructions. L’ensemble était entouré d’un mur crénelé (“B. J.” iv. 9, § 12). Le nombre des portes que contenait ce mur est un peu incertain, Josèphe et la Michna ne concordant pas. Le premier dit qu’il y avait quatre portes dans le mur occidental (“Ant.” XV. 11, § 5). Probablement l’une d’elles était au coin sud‑ouest et conduisait à la ville haute par un pont où l’arc de Robinson est encore visible. Ce pont, abattu par Pompée, fut reconstruit ; en effet, les vestiges de l’arche dans le mur moderne témoignent qu’il fut rebâti. Il y avait probablement une autre porte quelque 600 pieds plus au nord.

Les portes du mur méridional sont plus aisément traçables. Josèphe dit qu’il en avait au milieu ; celles‑ci la Michna appelle « portes de Houldah », et elles peuvent encore être repérées dans les substructions du mur actuel. De là part un tunnel double qui mène par un plan incliné sous la mosquée Al‑Aqsa au niveau des parvis du Temple. Environ 250 pieds plus à l’est une porte triple peut aussi être repérée ; Josèphe ne la mentionne pas, mais peut‑être s’agit‑il de la seconde porte de Houldah de la Michna.

Autour de l’intérieur de ce mur s’étendaient des portiques ou cloîtres. Les plus beaux étaient ceux du côté sud. Ils consistaient en quatre rangées de colonnes corinthiennes en marbre blanc ; il y avait 162 colonnes au total. Les plafonds étaient de bois sculpté (“Ant.” XV. 11, § 5 ; “B. J.” V. 5, § 2). Le portique oriental était connu comme « le porche de Salomon » (Jean x. 23 ; Actes iii. 11, v. 12) ; on croyait donc qu’il y avait là des substructions salomoniques.

L’espace ouvert derrière les cloîtres était pavé de diverses sortes de pierre, formant probablement une mosaïque. Cette cour extérieure n’était, strictement parlant, pas partie du Temple ; son sol n’était pas sacré, et elle pouvait être fréquentée par quiconque. Plus loin on arrivait à une cour intérieure élevée de 15 coudées au‑dessus de l’autre. On y accédait par quatorze marches. C’était le commencement du sanctuaire. Elle correspondait probablement à la cour surélevée encore visible dans la partie centrale de l’aire du Haram. Cette cour élevée était entourée d’une terrasse de 10 coudées de largeur (“B. J.” V. 5, § 2). Un parapet de pierre courait tout autour au niveau des marches. On y apposait à intervalles fréquents des inscriptions en grec et en latin interdisant à un non‑Juif d’aller plus loin sous peine de mort. L’une de ces inscriptions a été retrouvée. Elle se lit : « Nul étranger ne devra franchir la balustrade et le mur autour du sanctuaire. Quiconque y sera pris, la peine de la mort aura sur lui. » (comp. Pal. Explor. Fund, Quarterly Statement, 1871, p. 132 ; Benzinger, Arch. p. 404 ; Nowack, Lehrbuch der Hebräischen Archäologie, ii. 77). Cette enceinte était percée de neuf portes : quatre au nord, quatre au sud et une à l’est, le côté ouest n’en ayant aucune. La partie orientale de cette cour était séparée de la partie occidentale et formait le parvis des femmes. Les femmes pouvaient dépasser le parvis des Gentils pour entrer dans ce parvis seulement. Le Temple proprement dit n’était accessible qu’aux hommes. L’une des quatre portes du nord et l’une de celles du sud donnaient accès à la salle des femmes, de même que la porte unique qui conduisait à l’est depuis le parvis des Gentils. Les six autres portes menaient à la cour des hommes. Une grande porte donnait du parvis des femmes à la cour des hommes. Les portes avaient des doubles vantaux couverts d’argent et d’or offerts par un certain Alexandre d’Alexandrie. La porte orientale était particulièrement magnifique et revêtue de bronze corinthien. La plus grande de toutes était cependant la « porte de Nicanor » qui menait du parvis des femmes à la cour des hommes. C’était la « grande porte », sa hauteur étant de 50 coudées et sa largeur de 40 coudées (“B. J.” V. 5, § 31) ; quinze marches y montaient depuis le parvis des femmes. On ne peut plus déterminer aujourd’hui si cette porte ou celle qui se trouve directement en face d’elle dans le mur oriental du parvis des femmes était la « porte Belle » d’Actes iii. 2. Chacune des portes était de forme portique.

Le long du mur d’enceinte de la cour des hommes se trouvaient une série de chambres destinées au rangement des ustensiles, vêtements et autres objets. Dans cette cour occidentale, ou cour des hommes, se dressait une autre plate‑forme élevée, accessible par douze marches, sur laquelle le Temple, déjà décrit, était situé. Au nord la forteresse qui existait depuis l’époque de Néhémie fut rebâtie et nommée « Antonia » en l’honneur de Marc Antoine. Elle était reliée au Temple par un passage secret (“Ant.” XV. 11, § 15).

La construction de l’ensemble de ces travaux occupa, selon Jean ii. 20, quarante‑six ans ; en réalité, cependant, il ne fut pas complété avant la procurature d’Albinus (62‑64 apr. J.-C.), plus de quatre‑vingts ans après son commencement. Moins d’une décennie plus tard (70) il fut détruit par incendie lors du siège de Jérusalem par Titus.

Bibliographie : Josèphe, Ant., spécialement XV. 11 ; idem, B. J., spécialement V. 5 ; idem, Contra Ap., i. 22 ; Nowack, Lehrbuch der Hebräischen Archäologie, 1894, ii. 71‑79 ; Benzinger, Arch., 1894, pp. 399‑404 ; Schick, Die Stiftshütte, der Tempel in Jerusalem und der Tempelplatz der Jetztzeit, 1896 ; Sanday, Sacred Sites of the Gospels, 1903, pp. 98‑116.

E. c. G. A. B.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.