Définition dans Jewish Encyclopedia

Sodome

SODOM

Première ville de la Péntapole, les autres étant Gomorrhe, Admah, Zéboïim et Zoar, toutes situées dans la vallée de Siddim (Genèse xiv. 3), soit dans la plaine actuelle du Sabkhah, soit plus au nord, dans le sud du Seccudès entre la péninsule d'Al‑Lisan et le Sabkhah.

Données bibliques : Elohîm avait annoncé sa détermination à détruire ces villes à cause de leur méchanceté, mais promit à Abraham d'épargner Sodome si l'on trouvait dans ses murs aussi peu que dix de ses habitants justes (ib. xviii. 20-32). Abraham, toutefois, ne parvint pas à trouver même dix justes à Sodome, et Elohîm y fit dès lors pleuvoir le feu et le soufre sur l'ensemble de la Péntapole et la renversa (ib. xix. 24-26). Cet événement paraît s'être produit au XXIIe siècle av. J.-C. Selon l'hypothèse de Blankenburg ("Entstehung und Gesch. des Todten Meeres," Leipsic, 1896), la catastrophe eut la nature d'un soudain affaissement de la vallée de la Mer Morte, produisant des gouffres qui ensevelirent les cités. Quand bien même elle se serait produite à une autre époque, la catastrophe dut être épouvantable; elle fit une telle impression que les Prophètes se réfèrent souvent à la Péntapole ou à Sodome pour décrire de graves malheurs (Isaïe i. 9, xiii. 19; Jér. xxiii. 14, xlix. 18; Amos iv. 11; Sophonie ii. 9). La destruction de ces villes est décrite en termes proches par Josèphe ("B. J." iv. 8, § 4) et dans le Coran (sourate liv.). Dans le récit de la bataille des rois de la vallée de Siddim, les noms de ces souverains sont donnés ainsi : « Béra de Sodome, Birsha de Gomorrhe, Shinab d'Admah, Shemeber de Zéboïim, et le roi de Bela ou de Zoar. »

Dans la littérature rabbinique : Le Talmud, comme la Bible, attribue le sort de Sodome et des autres villes de la Péntapole à la méchanceté de leurs habitants; et lorsqu'on énumère les péchés du peuple de Jérusalem sur la base d'Ezéchiel xvi. 48-50, on s'efforce de les présenter comme moins graves que ceux des habitants de Sodome (Sanh. 104b). Il y avait quatre juges à Sodome (ib. 109b), nommés respectivement Shakkarai (« menteur »), Shakrarai (« menteur habituel »), Zayyafa (« trompeur »), et Mazle Dina (« pervertisseur de la Loi »). À Sodome, quiconque donnait du pain et de l'eau aux pauvres était condamné à mourir par le feu (Yalk., Gen. 83). Deux filles, l'une pauvre et l'autre riche, allèrent à un puits; la première donna à la seconde sa cruche d'eau, recevant en échange un vase contenant du pain. Lorsque l'affaire fut connue, les deux furent brûlées vives (ib.). Dans le Midrash (ib. 84) les juges sont appelés Kaz Sheker (= « plus grand menteur »), Rab Sheker (= « maître du mensonge »), Rab Nabal (= « maître de la turpitude »), Rab Masteh Din (= « chef pervertisseur de la Loi »), et Kelapandar (probablement = « faussaire »). La Péntapole n'exista que cinquante‑deux ans; et durant les vingt‑deux dernières années Elohîm suscita sur elle tremblements de terre et autres fléaux afin qu'elle se repente; elle refusa, et fut détruite (ib. 83). Les habitants des villes de la plaine adoraient le soleil et la lune. Si la destruction était venue le jour, ils auraient dit que la lune les aurait aidés; si la nuit, ils auraient déclaré que le soleil eût été leur secours; aussi furent‑ils anéantis tôt le matin, à l'heure où soleil et lune brillaient ensemble. Cela arriva le seizième de Nisan.

D'après le "Sefer ha‑Yashar", un homme entra à Sodome monté sur un âne, et comme il n'avait point de logis il fut reçu par un habitant du lieu. En partant, il constata la perte de son couvre‑selle coloré et de la corde qui le liait au dos de l'animal. Interrogeant son hôte, on lui répondit qu'il n'avait rêvé qu'un couvre‑selle, mais que la vision était de bon augure, puisque le couvre‑selle signifiait qu'il posséderait de vastes vignobles, et la corde indiquait que sa vie serait longue. L'étranger protesta; mais on le traîna devant le tribunal et le condamna à payer quatre sicles d'argent. Les noms des juges, selon ce récit, étaient : Sarak à Sodome, Sarkar à Gomorrhe, Zabuak à Admah, et Manon à Zéboïim (ib. 24-27). Pour d'autres récits rapportés dans le "Sefer ha‑Yashar" voir Eliezer et Lot.

Bibliographie : Sepp, Jerusalem und das Heilige Land, pp. 707, 813, Schaffhausen, 1873; Cheyne, Encyc. Bibl.; Herzog‑Hauck, Real‑Encyc. xiv. 1904, s.v. Palestine.

J. S. O.

SOEIRA, SAMUEL ABRAVANEL (connu aussi comme Samuel ben Israel) : Fils de Manassé ben Israel (Abravanel Soeira étant le nom de jeune fille de l'épouse de Manassé); né à Amsterdam en 1625; décédé à Londres en sept. 1657. En 1654, au nom de son père, il accompagna son oncle Daniel Martinez Dormido en Angleterre afin de présenter une pétition à Oliver Cromwell pour la réadmission des Juifs en Angleterre. À cette occasion il reçut, dit‑on, de l'Université d'Oxford le grade de docteur en philosophie et en médecine en reconnaissance de ses compétences scientifiques. Le texte de son prétendu diplôme, signé par le chancelier John Owen et le professeur Clayton, a été reproduit par Koenen dans son "Geschiedenis der Joden in Nederland" (p. 440), mais le Dr Griffith, dépositaire des archives de l'université, a tenté de prouver que le document est apocryphe; cette opinion est également exprimée par le Dr A. Neubauer dans un article publié dans le "Letterbode" de Roest. En mai 1655, Samuel retourna à Amsterdam pour persuader son père d'aller en Angleterre et de présenter lui‑même sa cause devant Cromwell. Manassé ben Israel arriva à Londres en octobre, accompagné de son fils, qui mourut durant leur séjour dans cette ville. Conformément au dernier vœu de Samuel, Manassé ben Israel fit rapatrier le corps de son fils en Hollande pour l'inhumer; et lui‑même mourut le 20 nov. 1657, avant d'atteindre son domicile à Middelburg, Zélande.

Bibliographie : Lucien Wolf, Menasseh ben Israel's Mission to Oliver Cromwell ; H. Adler, A Homage to Menasseh ben Israel, in Transactions of the Jew. Hist. Soc. of England, 1. 34, 39, 44, 48-54; M. Kayserling, Life of Menasseh ben Israel, in Miscell. of Hebrew Literature, 2d series.

J. I. Co.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.