Définition dans Jewish Encyclopedia

Sauterelle

LOCUST

De tous les insectes, le criquet est le plus fréquemment mentionné dans l’Ancien Testament. Il apparaît sous neuf noms suivants, qui doivent probablement désigner des espèces différentes ; mais il n’existe aucun indice certain permettant d’identifier exactement l’espèce visée par chaque vocable : (1) « arbeh » (A. V. parfois « grasshopper »), le terme le plus courant, comprenant tout le genre ; (2) « sol'am », dérivé selon Ibn Ezra de « sela‘ » = « rocher » (cri‑quet des rochers ; A. V. « bald locust ») ; (3) « hargol » (A. V. « beetle » ; R. V. « cricket » ; exégètes juifs, « grasshopper » ; comp. arabe « harjal » = « troupe de chevaux », ou « criquet », de « harjala » = « sauter », « bondir ») ; (4) « hagab » (A. V. généralement « grasshopper » ; semble également employé dans un sens général en Nomb. xiii. 33 ; Isa. xl. 22) ; (5) « basil » (1 Rois viii. 37 ; Ps. lxxviii. 46) ; (6) « gazam » (Joël i. 4 ; Amos iv. 9), généralement rendu « palmer‑worm » ; (7) « yelek » (Jér. li. 27 ; Nah. iii. 15 ; LXX. et Vulgate, « bronchos » ; R. V. « canker‑worm ») ; (8) « zelazal » (Deut. xxviii. 42) peut être une désignation onomatopéique des criquets en général ; (9) « gebim » et « gobai » (Nah. iii. 17 ; Amos vii. 1 ; A. V. « grasshopper » ; R. V. marge pour ce dernier passage, « green worms ») sont probablement aussi des termes généraux. Les quatre premières espèces sont énumérées parmi les « animaux ailés qui rampent » qu’il est permis de manger, et sont décrites comme ayant « des pattes au‑dessus de leurs pieds pour sauter sur la terre » (Lév. xi. 21 et suiv.).

Plus de quarante insectes orthoptères ont été découverts en Palestine. L’Acrydium lineola, l’A. peregrinum et l’Edipoda migratoria sont comptés parmi les plus destructeurs, et sont donc les plus redoutés.

Le terme « sauterelles » est parfois employé figurativement ; p. ex., pour des hordes grouillantes et des armées puissantes (Juges vi. 5, vii. 13 ; Jér. xlvi. 23 ; Prov. xxx. 28) ; pour des chevaux piaffant (Joël ii. 4 ; Job xxxix. 20) ; comme emblème de voracité vorace (Isa. xxxiii. 4 ; Amos vii. 1) ; de faiblesse, d’insignifiance et de caractère périssable (Nomb. xiii. 33 ; Isa. xl. 22 ; Ps. cix. 23 ; Nah. iii. 17).

Le Talmud indique comme marques du criquet pur : quatre pieds, deux pattes sauteuses, et quatre ailes suffisamment grandes pour couvrir le corps (Hull. 59a). Outre les espèces mentionnées dans l’Ancien Testament, le Talmud se réfère à beaucoup d’autres (comp. Hull. 65). Des prières publiques furent instituées contre le fléau des criquets (Ta’an. 14a, 19a). Quelques criquets, probablement bigarrés, étaient des jouets d’enfants (Shab. 90b). L’œuf du hargol porté dans l’oreille soulage le mal d’oreille (ib. 65a) ; tandis que la partie gauche du « zipporat keramim » portée sur le côté gauche du corps préserve le savoir (ib. 90b ; Tristram, “Nat. Hist.” p. 306 ; Lewysohn, “Z. T.” j. 285 ; Burckhardt, “Notes on the Bedouins,” p. 269).

E. G. H. I. M. C.

Voir la fiche concept
Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.