Définition dans Jewish Encyclopedia
Nain
DWARF
Données bibliques : Le rendu en Version Autorisée King James de pT (Lev. xxi. 20, littéralement « maigre »), désignant une des disqualifications physiques des prêtres de la Bible pour le service. Dans ce sens pT est pris par le Targ. Yer. (DD) et Ibn Ezra ad loc. (comp. Bek. vii. 6), mais la tradition rabbinique adoptée (voir Sifra, Emor, 3; Bek. 45) et les commentateurs modernes expliquent le mot différemment (voir les commentaires ad loc.) ; néanmoins, le nain est déclaré impropre au service (Hullin 63a ; Sifra, l.c. ; Bek. l.c. ; voir Blemish). Des légendes concernant géants et nains existent chez tous les peuples (Tylor, “Primitive Culture,” i., ch. x. ; éd. allemande, i. 379 et sqq.; comp. Wutke, “Der Deutsche Volksaberglaube der Gegenwart,” p. 42; Lehmann, “Aberglaube und Zauberei,” p. 67, Stuttgart, 1898; Seifert, “Zwerge und Riesen,” in “Neue Jahrbücher für das Klassische Alterthum,” etc., vol. v., part 2, p. 9). Ces légendes se fondent surtout sur des conceptions primitives concernant les habitants originels d’un pays. Dans la Bible, les habitants pré-israélites de la Terre Sainte sont supposés avoir été gigantesques — un souvenir de l’homme préhistorique (comp. les dictionnaires hébreux s.v. pJJf; aussi Gen. vi. 2 et les commentaires aux passages respectifs; Baedeker, “Palastina,” 5th ed., p. 59; Pirke R. El. xxii.). Comparés à ceux-ci, les Israélites se considéraient comme des « sauterelles » (Num. xiii. 33).
Des nains seraient nombreux dans les tours des forteresses de Tyr (Ezek. xxvii. 10 [Version Autorisée King James 11]).
E. G. n.
Dans la littérature rabbinique : Dans la tradition le nain (DD ou D31, vdvof) est fréquemment mentionné, et le mot a été adopté dans le jargon judéo-germanique talmudique. Celui qui voit un géant ou un nain doit dire : « Béni soit Elohîm, qui change l’homme » (Tosef., Ber. vii. 3). Les singes étaient regardés par beaucoup de peuples comme des nains humains (Tylor, l.c.), et il est singulier que le Talmud ordonne que la même bénédiction soit dite à la vue d’un éléphant, ou de singes, ou d’oiseaux ressemblant à des hommes (voir Rachi sur Ber. 58b).
En opposition aux Philistins gigantesques, les Caphtorim (Gen. x. 14, DmnD3: selon Targ. Onk., Dvinsk « Cappadociens », selon les commentateurs modernes « Crétois ») sont appelés nains (Gen. R. xxxvii. 5). Il y a ici, sans doute, la légende générale concernant des tribus et nations de petite taille. Des éléments légendaires peuvent peut-être également se trouver dans la parabole suivante : Le gouverneur d’une province convoqua pour le roi les hommes ayant la stature militaire nécessaire. Une femme se plaignit que son fils, qui était un nain, mais qu’elle appelait « géant à pieds rapides » (makroelaphos), avait été oublié. On lui répondit : « Quoique dans tes yeux il soit un makroelaphos, à nos yeux il est un nain des nains » (Gen. R. lxv. 11; Cant. R. ii. 15). L. B.
Nabuchodonosor est fréquemment appelé dans la littérature rabbinique « le nain de Babel » (Pesik. xiii. 112a; Pesik. R. xxxi.), ou « le petit nain » (en référence à Dan. iv. 14, 17), « le plus bas des hommes » (Yalk. ii. 1062) ; selon une autre tradition, Pharaon était le nain évoqué en Daniel, l.c. (M. K. 18a). La description « une coudée de hauteur, une coudée de barbe, et une coudée et demie pour un autre membre de son corps » laisse supposer que la figure grotesque et nainesque d’une divinité populaire ou d’un démon, tel que l’Égypto-Arabe Bes, un dieu de la musique et de la danse qui sous les Ptolémées apparut sur des monnaies et structures à travers l’Asie (Erman, “Zeitschrift für Numismatik,” 1882, pp. 296 et sqq. ; Wiedman, “Ägyptische Geschichte,” pp. 391, 595), fut identifiée par les Juifs babyloniens soit avec Nabuchodonosor soit avec Pharaon.
s. s. K.
