Définition dans Jewish Encyclopedia
Ménorah
MENORAH
Le candélabre sacré. Pour les données bibliques voir Candlestick.
Dans la littérature rabbinique : Le Talmud ne parle que du menorah façonné par Bézalel pour le Tabernacle au temps de Moïse (Ex. xxxvii, 17 et sq.), qui fut plus tard placé dans le Temple, et du menorah fait par Hiram pour le Temple de Salomon (I Rois vii, 49). Chacun de ces menorot dépassait d'un denier le poids requis (kikkar) du menorah mosaïque (Men. 29a).
Le menorah mosaïque, d'après le Talmud, mesurait 18 tefahim (1 tefah = 4 pouces), soit 72 pouces, et se décomposait comme suit : 3 tefahim pour le piédestal, comprenant un perah (fleur en relief) ; 2 tefahim d'espace ; 1 tefah pour une gebia' (coupe ou vase), kaftor (bouton) et perah ; 2 tefahim d'espace ; 1 tefah pour un kaftor et une branche de chaque côté de l'axe central et un kaftor au-dessus du joint ; 1 tefah d'espace ; 1 tefah pour un kaftor et une branche de chaque côté et un kaftor au-dessus ; 1 tefah d'espace ; 1 tefah pour un kaftor et une branche de chaque côté et un kaftor au-dessus ; 2 tefahim d'espace ; 3 tefahim pour un faisceau de trois gebia'ot, un kaftor et un perah sur chacune des branches et sur l'axe central (Men. 28b).
La gebia' est décrite comme ressemblant à une coupe alexandrine ; le kaftor ressemble à la moitié d'une pomme ; le perah à une fleur sculptée sur des colonnes. Au total il y avait 22 gebia'im, 11 kaftorim et 9 perahim (ibid.). Maïmonide explique en outre que la gebia' était large en haut et étroite en bas (probablement à la manière d'un vase floral) ; le kaftor avait une forme quelque peu ovoïde avec des sommets pointus ; le perah ressemblait à un plat avec le bord replissé vers l'extérieur (Yad, Bet ha-Bechirah, iii, 1-11). L'envergure des branches était de 9 tefahim (36 pouces), et la même mesure s'appliquait au piédestal (Shiite ha-Gibborim, ch. xxxi).
Les ouvertures des branches où l'on plaçait les mèches étaient tournées vers la lampe centrale, connue sous le nom de Ner ha-Ma'arabi (= « la lampe occidentale ») parce qu'elle était contiguë aux branches du côté est (Kashi sur Shab. 22b). Selon le Talmud, le menorah fut disposé de telle sorte que ses deux branches regardaient respectivement vers l'est et l'ouest. Une règle analogue s'appliquait à tous les vases du Temple (Men. xi, 7), sauf l'Arche. Maïmonide soutient toutefois l'opinion, également exprimée dans le Talmud, que le menorah, comme l'Arche, était placé perpendiculairement à la longueur du Temple, c.-à-d. pointant nord et sud et faisant face à l'est et à l'ouest. Mais cette théorie paraît difficilement tenable. Elle fut combattue par Abraham ibn Daud (HaBaD) et vivement attaquée dans Shiite ha-Gibborim (xxxi, 26b).
Le nettoyage et le remplissage des lampes, sauf des deux plus orientales, étaient effectués chaque matin par un prêtre. Si le prêtre les trouvait éteintes, il les rallumait. Les deux lampes orientales furent laissées allumées jusqu'après le service du matin, puis nettoyées et remplies (Tamid iii, 9 ; Yoma 33a). Le Ner ha-Ma'arabi, aussi appelé Ner Elohim (I Sam. iii, 3), restait allumé toute la journée et était rempli le soir. Il servait à éclairer toutes les lampes. Le Ner ha-Ma'arabi contenait autant d'huile que les autres lampes, une demi-log (1 log contient le liquide de six œufs), suffisante pour durer pendant la nuit la plus longue de l'hiver (Men. 89a) ; et pourtant, par un miracle, cette lampe brûlait régulièrement jusqu'à la soirée suivante (ibid. 86b). Ce miracle, toutefois, cessa après la mort de Siméon le Juste, grand prêtre quarante ans avant la destruction du Temple (Yoma 39b).
Il y avait un escabeau de trois marches, 9 tefahim de haut et 9 tefahim de large, devant le menorah. Sur la seconde marche on plaçait les pinces, pelles, plats et l'huile. Cet escabeau ou tabouret fut fait par Bézalel en bois de shittim ; mais dans le Temple de Salomon il était en marbre. Le prêtre montait les marches pour arranger et allumer les lampes (Men. et Tamid I.C.).
Le menorah représenté sur l'arc de Titus est probablement une représentation de l'un des menorot de Salomon, mais non du menorah mosaïque, qui fut dissimulé par les prêtres avant la destruction du Premier Temple et dont toute trace a depuis disparu.
Symboliquement le menorah représentait la création de l'univers en sept jours, la lumière centrale symbolisant le Sabbat. Les sept branches figuraient les sept continents de la terre et les sept cieux, guidés par la lumière d'Elohîm.
Le dessin du menorah est utilisé sur une image de Mizrah. Les sept mots du Psaume cxiii, 3 désignent respectivement les sept branches. Quelques-uns dérivent le dessin des branches d'un chapitre de sept versets des Psaumes, ou de la prière en sept versets de R. Nehunya ben ha-Kanah commençant par « Anna, bekoah gedulot ». Une tablette avec un tel dessin est parfois placée devant la table de prière, tandis que d'autres emploient la figure du menorah comme décoration de l'Arche. D'autres encore, en écrivant des amulettes, arrangent une formule de sept lettres et sept versets en forme de menorah ; et on l'employait aussi sur les tombes. Voir Amulette (illustration) ; ArK IN THE Synagogue ; Candlestick ; Mizrah.
Bibliographie : Bahr, Symbolik des Mosaischen Cultus, i, 534-513 ; Friedrich, Symbolik der Mosaischen Religionslehre, pp. 157-158, Leipzig, 1841 ; Rote, Shiite ha-Gibborim, ch. xxxi, Mantoue, 1607 ; Isserles, Torat ha-Olah, i, ch. xvi ; Kolbo, Binjan Ariel, p. 75, nº 259, éd. Vienne, 1883.
