Définition dans Jewish Encyclopedia

Manuscrits

MANUSCRIPTS

Les premiers matériaux employés pour écrire furent des substances telles que la pierre, le bois et le métal, sur lesquelles les caractères étaient gravés au style. Très tôt cependant on se servit de matières animales, et les lettres furent tracées sur elles au moyen de diverses préparations liquides. Le mot usuel pour un document écrit, « sefer », qui apparaît 182 fois sous différentes formes dans la Bible, et doit être souvent sous-entendu, comme par ex. avec « Torah », désigne l’écrit. L’usage ancien des Orientaux consistait à écrire sur la peau d’un animal, le matériau d’écriture ancienlement employé par les Orientaux, et non sur le papyrus. Le mot ordinaire pour écrire, « katab », dont le sens fondamental est « placer des signes en succession », se trouve 220 fois dans la Bible (Blau, “Studien zum Althebriiischen Buchwesen,” pp. 9 et suiv.). Pour l’écriture privée aux premiers siècles de l’ère commune divers matériaux furent employés, y compris des tablettes d’argile pour des factures. Les livres pouvaient être écrits seulement sur des peaux d’animaux, dont trois sortes étaient préparées — « gewil », « kelaf », et « doksostos ». Gewil est la peau brute dont le poil est raclé (c.-à-d. cuir) ; kelaf est le parchemin, fabriqué en parant la peau, et qui recevait l’écriture sur le côté chair (c.-à-d. une membrane) ; doksostos est une autre forme de parchemin (ib. pp. 22 et suiv.).

Les copies de la Bible furent, en règle générale, faites à partir de peaux entières, comme de nos jours, préparées d’animaux propres. Le copiste (« sofer ») s’en occupait généralement lui‑même. Un gaon dit : « Nous n’avons jamais vu un rouleau de Torah écrit sur parchemin. » Il est toutefois possible que, dans l’Antiquité, il y eût des livres bibliques écrits sur papyrus ; quant aux écrits non bibliques, cette supposition est encore plus vraisemblable. La peau destinée à l’écriture était réglée, et il existait des prescriptions spéciales pour les marges et pour le nombre de lignes. Pour les ouvrages bibliques on ne devait employer qu’une encre noire effaçable, que l’on renouvelait au besoin. L’encre métallique était connue, mais interdite. La Lettre d’Aristeas (§§ 176-179), cependant, relate que l’exemplaire de la Bible envoyé par le grand prêtre au roi d’Égypte Ptolémée fut écrit en or, et le Talmud parle aussi d’écritures en or, ce qui a pu être une invention juive (Blau, l.c. pp. 13, 150 et suiv. ; voir Index).

Tant dans le monde juif que dans le monde non-juif on connaissait dès l’Antiquité des livres sous forme de rouleaux (Isaïe x.x.xiv. 4 ; Job xxxi. 35-36 ; Jér. x.xxvi. ; Ezéchiel ii. 8-9 ; Ps. xl. 8 ; Zach. v. 1). Dans les temps post‑bibliques l’emploi de tels rouleaux se constate pendant un millénaire, et dans les copies de la Torah destinées à la synagogue cet usage a subsisté jusqu’à présent. Tant la Lettre d’Aristeas (l.c.) que I Maccabées iii. 48 parlent de rouleaux. Sur l’arc de Titus un homme est représenté portant sur son dos un long rouleau, représentation sans doute du rouleau de la Torah du Temple de Jérusalem qui fut emporté à Rome (voir Josèphe, “B. J.” vii. 5, § 5). Le Talmud et le Midrash ne connaissent les livres que sous cette forme (Blau, l.c. pp. 40-43), et les documents chrétiens des trois premiers siècles témoignent également de l’usage des rouleaux (Schulze, in “Greifswalder Studien Heimann Cremer Dargebracht,” pp. 148-158). Quand et où la forme du codex apparut pour la première fois parmi les Juifs est encore inconnu. Il n’est pas impossible que le mot « diftera », dans Soferim iii. 6, désigne un codex. Le plus ancien manuscrit complet et daté de la Bible, le codex des Prophètes à Saint-Pétersbourg, fut écrit en 916. Dans l’Antiquité les enfants d’école avaient des tablettes pour leurs premières leçons de lecture et d’écriture, tandis que les tablettes de cire (Tr/raf) étaient d’usage général parmi les citoyens, de sorte que le prototype du livre était familier depuis une époque fort ancienne. Il n’est donc pas nécessaire d’invoquer une influence étrangère, qu’elle fût gréco‑romaine ou orientale et chrétienne, pour expliquer le développement du rouleau en codex. La transition commença probablement au VIIe siècle et se fit graduellement, puisque nulle mention distincte d’un codex n’a encore été découverte dans le Talmud et le Midrash.

Les livres de l’Antiquité étaient toujours de petites dimensions (I Rois xxii. 8-10 ; II Chron. xxxiv. 15 et suiv. ; Néh. viii. 1 et suiv. ; voir références du Talmud, du Midrash et de la littérature classique dans Blau, l.c. pp. 72 et suiv.), et l’on lisait assis en tailleur.

La plus grande des bibles officielles, l’exemplaire officiel de la Torah qui servait au Second Temple, avait au plus une hauteur de six et un diamètre de deux largeurs de main (ib. pp. 76 et suiv.). La petitesse des livres était compensée par la petitesse des caractères (ib. p. 79 et suiv.). Le contenu d’un manuscrit pouvait être fort restreint, comme par ex. l’un du Livre d’Abdias, ou le rouleau primitif des jeûnes (vers l’an 100 apr. J.-C.), tandis que la dimension normale ne dépassait probablement jamais celle de la collection des Douze Prophètes. Au moment de la première sélection du canon (vers le IVe s. av. J.-C.) de grands rouleaux n’auraient pas été populaires, ce que montre la division de la Torah en cinq parties, la division du Livre de l’Histoire des Rois en livres des Samuel et des Rois, la séparation d’Esdras et Néhémie des Chroniques, et d’autres exemples. Vers l’an 100 apr. J.-C., cependant, il y avait certainement des rouleaux collectifs qui contenaient les trois sections de la Bible en un rouleau chacun, et même certains qui incluaient tous les livres des Écritures en un grand rouleau. Tel fut probablement l’Hexapla d’Origène. Il n’y manquait pas non plus de copies de parties isolées, qui contenaient une section d’un livre, comme le Rouleau de la Jalousie (= Num. v. 11-23, etc. ; Blau, l.c. pp. 46-70).

La préparation des livres a eu une histoire mouvementée. Au temps des chroniqueurs (vers le IIIe s. av. J.-C.) les copies bibliques étaient rares; elles avaient été presque entièrement détruites par les Syriens avant la révolte des Maccabées. Par la suite cependant leur nombre augmenta régulièrement, car il était imposé à chacun d’écrire pour soi une copie de la Torah, et chaque congrégation possédait au moins un exemplaire. À l’époque talmudique il existait un nombre énorme de copies, surtout parce qu’il était d’usage de porter des portions de la Bible (surtout des rouleaux de la Torah) autour du bras comme amulettes. Des manuscrits bibliques se trouvaient aussi dans des familles païennes, et les païens aimaient même commercer ces livres, qu’ils savaient écrire eux-mêmes. Des chrétiens convertis du judaïsme ou du paganisme possédaient de nombreux écrits hébreux (ib. pp. 84-97). En conséquence de la demande sans cesse croissante un genre de commerce du livre se développa dès le Ier siècle. En général cependant, on commandait ses manuscrits directement au copiste, selon l’ancienne coutume. L’Apocryphe, dont l’original a été perdu, et d’autres livres hébreux non bibliques ne furent pas spécialement demandés et ne circulèrent pas en grand nombre.

La grande valeur accordée aux Écritures se manifeste par le grand soin pris pour leur conservation. Les rouleaux étaient enroulés sur un bâton; la Torah sur deux bâtons. Divers revêtements les protégeaient, et des étuis de formes variées servaient à les garder. Les rouleaux étaient fermement liés avec une corde, et parfois scellés pour empêcher qui que ce fût de les lire sans permission (ib. pp. 173-188 et suiv.). Lorsqu’ils étaient usés, les manuscrits bibliques étaient protégés contre la profanation en étant placés dans les cercueils des scribes défunts. En conséquence de cette coutume, aucun manuscrit biblique n’a été conservé de l’Antiquité, et il n’y a guère d’espoir qu’un en soit jamais mis au jour. Néanmoins, quelques archétypes qui existaient dans l’Antiquité sont mentionnés. En première ligne figure la copie de la Torah du Second Temple, déjà signalée (I Macc., Introduction; II Macc. ii. 14; Josèphe, “Ant.” v. 1, § 17; Blau, l.c. pp. 99 et suiv.). « Le Livre du Tribunal » (M. K. iii. 4a et suiv.) était la copie dont le grand prêtre lisait le Jour de l’Expiation et qui servait de modèle (Blau, l.c. p. 107).

Trois autres codex provenant du tribunal du Temple sont mentionnés : « Sefer Me‘on », « Sefer Za'atute », et « Sefer Hi », et ils servaient encore de modèles au début du IVe siècle (ib. p. 104). Après la destruction du Temple on mentionne la Torah du célèbre copiste R. Meir, le codex de l’empereur Sévère, et d’autres (ib. p. 111), tandis que des codex post‑talmudiques datent de Hillel, Sanbuki et autres. Le plus célèbre fut le codex de Ben Asher, utilisé par Maïmonide (H. L. Strack, “Prolegomena Critica in Vetus Testamentum Hebraicum”). Voir Bible Manuscripts.

Bibliographie : L. Low, Graphische Requisitenhei denjxiden. Leipsic, 1870-71 ; L. Blau, Studien zum Althehrdischen Buchwesen und zur Bihlischen Litteratur- und Textgeschichte. Budapest et Strasbourg, 1903 (où une bibliographie complète est donnée) ; idem, Ueber den Einfluss des Althebrilischen Buchwesens, in Berliner Festschrift. Francfort‑sur‑le‑Main, 1903 (aussi imprimé séparément).

Il est maintenant nécessaire d’examiner comment les manuscrits hébreux réunis dans diverses bibliothèques publiques et privées ont été écrits, et sous quelle forme le matériau dont ils se composent était présenté. La période visée s’étend, à peu près, d’environ l’an 900 de l’ère commune jusqu’à aujourd’hui, bien que dans quelques cas, notamment pour les papyrus, on se réfère à une période antérieure. Pour les inscriptions sur pierre, métal et autres substances dures voir Paléographie.

I. Matériaux employés pour recevoir l’écriture. — Papyrus (Gr., Trairvpog, du mot égyptien ancien « p-apa » ; mais chez Hérodote toujours (ivpTtog, sans doute également d’un terme égyptien ; Hébreu, « neyar », apparemment représentant l’arabe « naur ») : Le nombre de papyrus hébreux découverts jusqu’ici est fort insignifiant comparé aux nombreux papyrus classiques récemment amenés en Europe depuis l’Égypte. On trouve un petit nombre de papyrus égypto‑araméens appartenant à la fin de la période ptolémaïque ou au début de la période romaine, dont le papyrus du British Museum nº cvi.* est un bon spécimen représentatif (voir le premier exemple d’écriture sur Pl. I ; voir aussi “Proc. Soc. Bibl. Arch.” papyrus xxv., parties 4 et 5). Quelques fragments datés du VIe au IXe siècle ont été décrits par Steinschneider, Chwolson et d’autres (pour les références voir la bibliographie ci‑dessous). La Cambridge University Library possède un codex liturgique mutilé attribué au IXe siècle. Le papyrus du Décalogue dans la même bibliothèque, d’abord décrit par S. A. Cook (“Proc. Soc. Bill. Arch.” xxv., part i. ; voir Jewish Encyc. iv. 493, s.v. Decalogue), peut être assigné au VIe ou VIIe siècle (voir Pl. III., n.º 59). Quelques fragments d’Oxford, probablement du VIe siècle, ont été décrits par A. Cowley dans “J. Q. H.” oct. 1903 (voir Pl. I., n.º 2).

Peaux (hébreu, « ‘or », connues aussi sous le nom de « gewil » ; grec, 6i<p6cpa, terme qui en des temps anciens fut transféré au papyrus, et fut plus tard appliqué aussi au vélin) : On ne pelait aucune partie de la peau, mais le poil était soigneusement enlevé ; car c’était le côté poil qui était utilisé pour l’écriture. La règle ancienne d’employer uniquement des peaux pour les rouleaux de Torah n’a cependant pas été universellement suivie dans la période considérée. Les rouleaux yéménites (Pentateuque, Esther et run nvp) sont en effet tous en peau rouge ; et les rouleaux du Pentateuque écrits au XVIIIe siècle pour les Juifs de K’ai‑Pung‑Foo, Chine (par ex. Brit. Mus. MS. Add. 19,250), sont en cuir blanc. Le plus ancien rouleau du Pentateuque (XIVe s., origine espagnole) du British Museum est aussi en cuir ; mais il existe beaucoup d’exemplaires sur vélin appartenant aux XVIe siècle et suivants. Parmi les quarante-sept rouleaux pentateuques karaïtes de la Bibliothèque impériale de Saint‑Pétersbourg, seulement cinq sont en cuir, les quarante-deux autres étant en vélin. Cette proportion représente sans doute la plus grande déviation parmi les Karaites par rapport aux anciens rouleaux de synagogue. Pour le Livre d’Esther le vélin semble avoir été employé plus largement que pour la Torah. Un rouleau des Haftarot sur cuir, écrit à Corfou en 1560, est parvenu en Europe il y a quelques années. Pour les manuscrits en forme de livre, les peaux furent en temps anciens naturellement supplantées par le parchemin ou le vélin comme matériau apte à recevoir l’écriture sur les deux faces.

Parchemin et Vélin (hébreu, « kelaf » et « doksostos », dont le sens exact a été indiqué ci‑dessus) : Pour des usages pratiques, c’est‑à‑dire en ce qui concerne les manuscrits maintenant envisagés, il suffit de remarquer que « kelaf », non loin du terme « parchemin » dans son sens plus restreint, signifie l’article plus grossier, tandis que par « doksostos », comme par le terme « vélin », on entend la variété plus fine. Les Juifs furent sans doute à toute époque habiles à produire parchemin et vélin, ayant tant besoin de ces matériaux, et l’intention religieuse durant la fabrication était considérée comme importante ; mais leur art fut naturellement conditionné, dans une large mesure, par le degré de perfection atteint dans les pays où ils résidaient. Les plus beaux types de vélin utilisés pour les manuscrits hébreux étaient d’origine espagnole et italienne. À titre d’exemples des premiers peuvent être mentionnés Brit. Mus. MS. Or. 5866 (liturge, milieu du XVe s. : vélin mince, finement travaillé, surface lisse), et Brit. Mus. MSS. Or. 2626-2628 (Bible, 1482‑1483 : robustes, nets et assez lisses). Un beau spécimen de vélin italien vers le milieu du même siècle est offert par Brit. Mus. MSS. Add. 19,444‑19,445 (liturgie florentine : matériau très soigneusement préparé et légèrement teint). Des sortes plus grossières coexistaient aux côtés des plus fines dans ces pays.

Parmi les codex représentatifs de temps plus anciens, le Pentateuque du British Museum datant du IXe siècle (MS. Or. 4445, apparemment d’origine babylonienne) consiste en vélin solide, net et très lisse. Brit. Mus. MS. Harley 5720 (probablement de la première moitié du XIIe siècle ; également d’origine orientale) est dur et solide, avec une surface pas très lisse. Le manuscrit du British Museum de la Mahzor Vitry (MSS. Add. 27,200‑27,201 : XIIe s. ; origine française) est écrit sur un type de matériau fort inférieur. Le vélin français ainsi que l’allemand sont, en fait, généralement plus grossiers que les variétés espagnole et italienne ; mais Brit. Mus. MS. Add. 11,639 (collection d’œuvres, XIIe s.), du sud de la France, est un exemple de vélin extrêmement fin et lisse. Le vélin employé pour les chartes hébraïques en Angleterre aux XIIe et XIIIe siècles (noter spécialement la grande collection appartenant à l’abbaye de Westminster) est assez bon, bien que l’on ne puisse attendre la finesse de fabrication dans le matériau utilisé pour ces fins particulières. Quelques exemples anciens de vélin (XIe et XIIe s.) trouvés dans la Genizah du Caire sont robustes et lisses ; d’autres spécimens présentent une manufacture plus rugueuse. Aucun exemple de vélin teint en pourpre, dont il existe un nombre appréciable parmi les manuscrits grecs et latins, n’a jusqu’ici été retrouvé parmi les hébreux. Sur l’usage comparé du vélin et du papier voir plus bas.

Papier (Gr., TrdTrvpo^, nom emprunté à « papyrus » ; également appelé « charta bombycina », « charta Damascena », etc. ; hébreu, ”i"j, également repris du nom hébreu du papyrus) : Ce matériau était connu des Chinois depuis très tôt ; et l’on dit que les Arabes apprirent son emploi à Samarcande vers le milieu du VIIIe siècle (pour un compte rendu des recherches récentes voir “J. R. A. S.” oct. 1903, premier article, où l’on trouve d’autres références). Un document judéo‑persan récemment rapporté de Khotan, écrit (en persan en caractères hébreux) sur papier, semble appartenir au VIIIe siècle (voir “J. R. A. S.” oct. 1903, cinquième article). Un autre exemple existant de document judéo‑persan est daté de 1020 (“J. Q. R.” 1899, pp. 671 et suiv.).

Les Karaites, placés comme ils l’étaient en rapport fort étroit avec le monde arabe, et étant moins attachés à ce type de conservatisme, semblent n’avoir utilisé pour leurs manuscrits en forme de livre aucun autre matériau que le papier. Les collections karaïtes de manuscrits sont donc un excellent moyen d’étudier les papiers fabriqués en Palestine, Égypte et Turquie pendant une période pratiquement ininterrompue depuis le Xe siècle. Ainsi Brit. Mus. MS. Or. 2540 (Exode : texte hébreu en caractères arabes ; voir les deux premiers spécimens sur Pl. IV., col. 2) appartient au Xe siècle. Parmi les manuscrits karaïtes datés on trouve des spécimens de 1004, 1024, 1027, 1211, 1331, 1564, 1614, 1700, 1744, et 1869. Les manuscrits karaïtes plus anciens (apparemment faits en grande partie de vieux chiffon de lin) sont robustes, d’une teinte jaunâtre et à surface lustrée. Plus tard, la teinte jaunâtre disparaît graduellement, la texture devient plus rugueuse et la surface moins lisse. Les premiers spécimens de papier employés par les Karaites sont en outre beaucoup plus fins que le document judéo‑persan de Khotan (probablement papier chinois) déjà mentionné. Un exemple ancien d’un manuscrit rabbinique sur papier est Brit. Mus. MS. Or. 73 (1192 ; commentaire de Raschi sur Baba Mézia, écrit en Orient). Une copie du British Museum du « Tahkemoui » (MS. Add. 27,113 ; écriture espagnole orientale) est datée de 1282. Les deux manuscrits dernier nommés montrent le même léger voile jaunâtre ; mais le papier du second est plus épais que celui du premier. Un spécimen de papier italien de 1363-64 est fourni par Cambridge University Library MSS. Dd. 11, 12 ; et Brit. Mus. MS. Add. 27,293 (également du milieu du XIVe s.) est un spécimen d’un papier espagnol assez ancien.

Les Juifs d’Europe furent lents à laisser le papier supplanter le vélin ; car bien que plusieurs fabriques de papier soient connues aux XIIIe et XIVe siècles (en effet, la plus ancienne mention connue du papier fabriqué en Europe figure dans le traité de Pierre, abbé de Cluny, 1122‑1150), il existe relativement peu de manuscrits hébreux sur papier du XIVe siècle. On en rencontre un nombre assez important au siècle suivant ; et la proportion continua de croître jusqu’à ce que l’emploi du papier devînt tout à fait courant parmi les Juifs à partir du XVIIe siècle.

L’Égypte, centre de la vie arabe, se trouva naturellement pourvue de manuscrits sur papier assez tôt ; et le contenu de la Genizah du Caire inclut des spécimens datés 832 (en possession d’E. N. Adler), 977, 1005, etc. (au British Museum et ailleurs). Au Yémen le papier fut employé par les Juifs assez librement parallèlement au vélin dès le XVe siècle et sans doute plus tôt. Les spécimens anciens du papier yéménite présentent souvent une teinte jaune prononcée. Pour le reste, les Juifs des différents pays dépendaient naturellement du papier manufacturé localement ; l’information contenue dans Sir E. M. Thompson, “Greek and Latin Palaeography”, s’appliquera donc aux manuscrits hébreux en ce que le vélin a pu être en quelque mesure remplacé par le papier.

II. Liquides d’écriture, etc. : L’encre (hébreu, « deyo » ; variété arabe, « hibr ») employée par les Juifs pendant la période considérée était naturellement fort proche de celle employée par leurs voisins païens dans les différents pays. Sur la fabrication de l’encre en général voir Thompson, l.c. pp. 50‑51. L’encre sanctionnée par Maïmonide, et sans doute employée par lui pour écrire son propre rouleau de la Loi, était, d’après un responsum découvert il y a quelques années, faite d’huile, de poix, de résine, de gomme arabique, etc. En brûlant ces substances on obtenait un suie qui était mêlé à de la gomme et du miel, et les fines tranches formées étaient enfin dissoutes dans une infusion de galle (voir “J. Q. R.” juillet et oct. 1899). Le vitriol (DinJp)5p; est expressément exclu par Maïmonide, bien qu’il ne l’interdise pas absolument. Son point est que l’encre doit adhérer fortement au vélin, tout en pouvant être effacée (sur ce point, comme sur la préparation générale de l’encre, voir Low, “Graphische Requisiten und Erzeugnisse bei den Juden”, p. 145 ; et Ink).

Quant à l’apparence de l’encre réellement employée dans les manuscrits considérés, il convient de noter que les rouleaux de Torah sont tous écrits à l’encre noire (bien que les anciens rouleaux samaritains soient écrits à une encre d’un ton rougeâtre). Brit. Mus. MS. Or. 4445 (IXe s.) et, en fait, beaucoup des premiers manuscrits écrits en Orient sont en noir ou noir bleuâtre. Plusieurs des plus beaux codex espagnols présentent une teinte jaune, tandis que le plus fin type de manuscrits italiens présente une nuance plus ou moins violette. L’encre allemande est généralement noire, quoique pas très marquée. Les fragments anciens de la Genizah du Caire montrent souvent une teinte jaune ; mais l’encre yéménite est d’ordinaire noire.

On emploie parfois, quoique rarement, une encre rouge en alternance avec le fluide ordinaire. Des pigments de différentes sortes, bien que généralement rouges, sont parfois employés pour des mots initiaux, etc. Sur l’usage de l’or comme encre voir p. 313 sous « Illuminations ».

Pour ce qui est des instruments d’écriture, il convient de considérer seulement le roseau (« kulmos » ; KaXagog) et la plume d’oie. Il est difficile de dire quand la plume entra en usage, et pendant combien de temps le roseau fut utilisé parallèlement. Les scribes syriens sont connus pour avoir employé la plume dès 509 (Wright, “Cat. Syriac MSS. in Brit. Mus.” p. xxvii.) ; et l’Ostrogoth Théodoric (c. 454‑526) aurait utilisé une plume pour écrire son nom. Le roseau, d’autre part, continua à être employé dans une certaine mesure pendant le Moyen Âge, et semble avoir survécu en Italie jusque vers le XVe siècle (Thompson, l.c. p. 49). Plusieurs anciens codex hébreux d’origine orientale paraissent avoir été écrits au roseau ; mais la plus grande souplesse de la plume, plus appropriée, ne dut pas échapper aux scribes juifs même à des époques relativement anciennes.

III. Formes des livres : À l’exception des contrats de petite taille (« get », « shetarhalizah », etc.), qui étaient naturellement conservés à plat, il faut considérer (1) le rouleau et (2) les manuscrits en forme de livre.

Le Rouleau (hébreu, « megillah » ; latin, « volumen » ; réservé aux cinq rouleaux, le rouleau de la Torah lui‑même étant toujours appelé « Sefer Torah ») : Il consiste en un certain nombre de bandes de cuir ou de vélin cousues ensemble pour former un tout continu. À l’une des extrémités il est fixé à un bâton autour duquel il s’enroule ; il est généralement pourvu d’une pièce de bordure plate et ronde au haut et au bas pour maintenir le rouleau uniforme. Le nombre de colonnes par bande varie considérablement ; il existe aussi une grande diversité dans la hauteur des rouleaux. Brit. Mus. MS. Harley 7619, qui mesure environ 26½ in. de haut, est probablement l’un des plus grands existants. Les rouleaux d’Esther sont parfois de dimensions fort réduites. Un spécimen très remarquable et peut‑être unique est Brit. Mus. MS. Add. 26,883 (contenant des prières kabbalistiques écrites en Italie au XVe s.), qui, bien que mesurant environ 125 in. d’un bout à l’autre (la hauteur étant environ 4½ in.), est tout d’un seul tenant au lieu de consister en bandes cousues. Le vélin de ce rouleau est fort fin ; et le travail d’aplanir une pièce si longue a dû être extrêmement élaboré. Les rouleaux de Ruth, des Lamentations, du Cantique des Cantiques et de l’Ecclésiaste sont beaucoup moins fréquents que ceux d’Esther. Les rouleaux yéménites du run nvp (auquel est attachée la haftarah du 9e d’Av), ainsi qu’un rouleau en cuir de 1560 contenant les haftarot, ont déjà été mentionnés. Pour les rouleaux torahiques karaïtes consulter Harkavy et Strack, “Catalog der Hebrilischen Bihelhandschriften zu St. Petersburg”, nos 1‑47. Pour les rouleaux samaritains voir Harkavy, “Catalog der Hebrilischen und Samaritanischen Handschriften der Kaiserlichen Oeffentlichen Bibliothek” (en russe), Saint‑Pétersbourg, 1875.

Manuscrits en forme de livre : Les manuscrits en forme de livre datent de toute la période envisagée, et furent sans doute en usage pendant plusieurs siècles avant. La plupart des codex anciens qui se sont conservés sont très grands. Ainsi Brit. Mus. MS. Or. 4445 mesure environ 16½ x 13 in. ; le codex de Saint‑Pétersbourg de 916, environ 14½ x 12½ in. ; le codex du Vatican de la Sifra, datant de 1073, environ 12½ x 10 in. ; la copie du British Museum de la Mahzor Vitry, environ 15½ x 12 in. Il n’en manque pas de petits formats. Les codex allemands de la Bible et de la liturgie écrits aux XIIIe et XIVe siècles sont généralement très grands. Parmi les manuscrits écrits en Italie, les formats in quarto et in octavo sont beaucoup plus communs qu’en Allemagne. Les codex bibliques espagnols des XIIIe‑XVe siècles sont en général de beaux quartos ; mais les rares livres de culte espagnols conservés sont habituellement très petits, probablement à cause de la proscription dont faisait l’objet le culte juif en Espagne, et parce que des volumes de petite taille pouvaient être plus facilement cachés. Les manuscrits nord‑africains des XIVe et XVe siècles sont plus souvent des octavos que des quartos. Les codex bibliques yéménites sont généralement en folio, et les liturgies soit en folio soit en quarto. Les Karaites avaient une grande prédilection pour le format octavo.

Dans l’agencement des cahiers (généralement 8 ou 10 feuillets par cahier), etc., les manuscrits hébreux ne diffèrent pas des contemporains latins et grecs ; l’étudiant pourra donc se reporter aux travaux généraux de paléographie. Lorsqu’on ouvre un manuscrit hébreu sur vélin, « les deux pages qui s’offrent au lecteur ont la même apparence, soit la teinte jaunâtre du côté poil, soit la surface plus blanche du côté chair » (Thompson, l.c. pp. 62‑63). Il y a généralement, à la fin de chaque cahier, un mot‑de‑chaîne indiquant le premier mot du cahier suivant. Des signatures en lettres hébraïques — dans le cas d’œuvres hébreu‑arabes parfois en lettres ou chiffres arabes — étaient généralement placées dans le coin inférieur gauche de la dernière page d’un cahier, mais quelquefois dans le coin supérieur droit de la première page. Dans certains cas, les deux méthodes furent adoptées. Dans les manuscrits karaïtes les signatures se trouvent souvent dans le coin supérieur gauche de la première page.

Le réglage des manuscrits hébreux ne diffère pas de celui observé dans les contemporains classiques. Il y a habituellement des lignes verticales pour marquer les colonnes, en plus des lignes horizontales. Les pointages en marge faits pour marquer les distances entre les lignes horizontales ont été, dans bien des cas, supprimés lors du reliage. L’écriture dépend parfois de la ligne réglée au lieu d’être posée sur elle ; ainsi p. ex. Brit. Mus. MS. Or. 4445 (IXe s.; comp. Blau, “Studien zum Althebraischen Buchwesen,” p. 147).

Les codex anciens de grand format ont habituellement soit deux (p. ex. le codex de Saint‑Pétersbourg de l’an 916) soit trois colonnes (p. ex. Brit. Mus. MS. Or. 4445) (voir Blau, l.c. pp. 138‑139). Les manuscrits de petit format présentent généralement une seule colonne par page. À une époque ultérieure la colonne unique devint beaucoup plus fréquente même dans des manuscrits de plus grand format.

IV. Styles d’écriture : Le style d’écriture hébraïque a été dans chaque pays plus ou moins influencé par des causes analogues à celles qui produisirent ce qu’on peut appeler justement des différences nationales de calligraphie. Pour l’Europe, il est probable que la calligraphie hébraïque fut d’abord introduite dans les pays de la côte méridionale, notamment en Espagne et en Italie ; et qu’elle se répandit de là en France, en Allemagne et en divers autres pays, subissant diverses modifications en son cours. Le lieu où un manuscrit a été écrit n’est toutefois pas toujours un guide sûr pour déterminer le type de calligraphie utilisé, car il arrivait parfois qu’un scribe appartenant à une région passât une partie plus ou moins longue de sa carrière dans un autre pays. Il faut aussi remarquer qu’après l’introduction de l’imprimerie naquit la tendance à copier les formes imprimées ; ainsi, en Europe au moins, le caractère carré s’est depuis plusieurs siècles conformé presque partout à une forme particulière de calligraphie. Les premières éditions imprimées furent, il est vrai, composées en caractères taillés différemment selon les pays (comparer surtout les premières éditions espagnoles avec les italiennes) ; mais les formes espagnoles supplantèrent bientôt toutes les autres, et elles ont, en raison de leur régularité supérieure, maintenu depuis un siècle une position dominante tant dans l’imprimerie que dans l’écriture.

Dans les observations qui suivent, les spécimens d’écriture figurant sur les quatre planches ci‑annexées sont reportés à leurs sources et localités, et l’on attire parfois l’attention sur des particularités de la calligraphie. En règle générale cependant les spécimens sont laissés parler d’eux‑mêmes.

A. Écriture carrée : Cette série est, pour plus de complétude, précédée de deux lignes tirées du papyrus du British Museum nº cvi.* (appartenant à la période ptolémaïque tardive ou au début de l’époque romaine), car l’écriture hébraïque‑araméenne alors employée présente une affinité étroite avec le caractère palmyrénien, formant ainsi un lien important dans la transition vers le caractère carré. Puis suivent des spécimens :

Orient ancien (nos 2‑8) : No. 2 est tiré d’un papyrus d’Oxford appartenant au VIe ou VIIe siècle (“J. Q. R.” xvi., no. 61) ; no. 3, du document hébreu‑persan (apparemment du VIIIe s.) récemment rapporté de Khotan en Asie centrale ; no. 4, de Brit. Mus. MS. Or. 4445 (IXe s.) ; no. 5, du codex de Saint‑Pétersbourg des Prophètes Postérieurs (daté de 916) ; no. 6, du Codex Gaster no. 150 (appartenant à peu près à la même époque) ; no. 7, d’un contrat (daté 980) sur vélin, apporté au British Museum par la Genizah du Caire ; no. 8, de Brit. Mus. MS. Or. 1467 (probable origine persane, probablement XIe s.). Concernant no. 3 il faut noter que bien que le « nun » final (dont cependant aucun exemple n’apparaît dans le spécimen) soit long dans le document, ce n’est pas un signe de date tardive ; car la forme longue de la lettre apparaît dans les papyrus anciens (comme dans le spécimen no. 2). Dans les nos 4‑6 le nun final est uniformément court. Le no. 8 montre la ponctuation superlinéaire combinée au mode ordinaire d’intonation.

Syro‑égyptien (nos 9‑11) ; no. 9 est pris d’une lettre hébraïque, datée 1055, venue de la Genizah du Caire au British Museum ; no. 10, du texte hébreu de l’Ecclésiastique (Sirach) également de la Genizah (XIe‑XIIe s.) ; no. 11, de la planche I de la collection de fac‑similés de Neubauer (ci‑après « Neubauer ») imprimés pour illustrer son catalogue des manuscrits d’Oxford (XIIe‑XIIIe s.). Dans le no. 9 noter la forme combinée particulière de ך (qui est réellement rabbinique). La marque au‑dessus du second mot de la ligne 2 dans le no. 10 renvoie à une note marginale dans l’original. Dans le no. 11 la ponctuation et l’intonation sont superlinéaires.

Espagnol (nos 12‑15) : No. 12 est pris de Brit. Mus. MS. Harley 5720 (XIe s.) ; no. 13, de Brit. Mus. MS. Or. 2201 (daté 1246) ; no. 14, d’un codex biblique appartenant au comte de Leicester (XIIIe s. ; voir C. D. Ginsburg, “Facsimiles,” Londres, 1898) ; no. 15, de Brit. Mus. MS. Or. 2626 (daté 1483). Le no. 12 peut être décrit comme représentant une étape de transition de l’écriture carrée orientale ancienne vers l’espagnole.

Italien (nos 16‑18) : No. 16 est pris de Brit. Mus. MS. Arundel Or. 2 (daté 1216) ; no. 17, de Brit. Mus. MS. Or. 2736 (daté 1390) ; no. 18, de Brit. Mus. MS. Add. 18,692 (calligraphie d’Abraham Farissol, datée 1478). Il convient de remarquer qu’au lieu de l’écriture carrée au sens propre, les scribes italiens emploient souvent pour les codex bibliques le caractère semi‑rabbinique illustré par le no. 45 (voir plus bas).

Franco‑allemand (nos 19‑21) : No. 19 est pris de Brit. Mus. MS. Add. 10,455 (daté 1310) ; no. 20, de Cambridge University Library MSS. Ee. 8, 9 (datés 1347 ; voir la série « Oriental Series of the Palaeographical Society », ici « O. S. », Pl. XLI.) ; no. 21, de Neubauer, Pl. XL (écrit avant 1471). Noter surtout le caractère incliné du no. 20, particularité marquée de l’écriture allemande.

Grec (nos 22‑24) : No. 22 est pris du codex de Carlsruhe des Prophètes (daté 1105‑6 ; “O. S.” Pl. LXXVII.) ; no. 23, de Brit. Mus. MS. Add. 27,205 (daté 1179) ; no. 24, de Neubauer, Pl. XXL (écrit avant 1263).

Yéménite (nos 25‑28) ; no. 25 est pris de Brit. Mus. MS. Or. 2373 (XIIIe‑XIVe s.) ; no. 26, de Brit. Mus. MS. Or. 2370 (daté 1460‑61) ; no. 27, de Brit. Mus. MS. Or. 2210 (daté 1468) ; no. 28, de Neubauer, Pl. XXXI. (daté 1561).

Varia (nos 29‑31) : No. 29 est pris de Brit. Mus. MS. Or. 2496, montrant une écriture carrée karaïte apparemment du XIIIe siècle ; no. 30, d’un rouleau du Pentateuque écrit pour les Juifs de K’ai‑Fung‑Foo, Chine (XVIIIe s. ; Brit. Mus. MS. Add. 19,250 ; montrant la dépendance de l’écriture chinoise sur la persane) ; no. 31, de Neubauer, Pl. XXXIX. (voir Harkavy, “Neuaufgefundene Bibelhandschriften,” Table II. — peut‑être un faux).

B. Écriture rabbinique carrée ou semi‑rabbinique : Cette série montre une approximation, à des degrés divers, au style rabbinique plus libre.

Syro‑égyptien (nos 32‑38) ; no. 32 est pris d’un papyrus d’Oxford du VIe ou VIIe siècle (voir “J. Q. R.” xvi., no. 61) ; no. 33, d’un manuscrit du texte hébreu de l’Ecclésiastique (peut‑être IXe s.) appartenant à E. N. Adler ; no. 34, du document de la Genizah Brit. Mus. MS. Or. 5538 (daté 1003) ; no. 35, du document Brit. Mus. MS. Or. 5536 (daté 1015) ; no. 36, du document Brit. Mus. MS. Or. 5545 (daté 1089) ; no. 37, du document Brit. Mus. MS. Or. 5551 (daté 1151) ; no. 38, de Neubauer, Pl. IV. (signature de Maïmonide). La tendance rabbinique dans le no. 35 est à peine marquée ; mais le n est écrit librement, et l’aspect général du spécimen montre une affinité avec le semi‑rabbinique. Il faut noter l’approximation légère de la forme carrée aux formes rabbinique plus libres.

Espagnol et nord‑africain (nos 39‑42) : No. 39 est pris de Brit. Mus. MS. Harley 5530 (XIIIe s.) ; no. 40, de Brit. Mus. MS. Or. 5866 (milieu du XVe s.) ; no. 41, de Brit. Mus. MS. Or. 5600 (XVe s.) ; no. 42, de Brit. Mus. MS. Add. 19,780 (XVIIe s.). Le no. 40 paraît d’origine résolument espagnole ; les trois autres numéros sont nord‑africains (le no. 42 peut être localisé précisément comme algérien).

Italien (nos 43‑46) : No. 43 est pris de la copie de Leyde du Talmud de Jérusalem (datée 1281 ; voir “O. S.” Pl. LVI.) ; no. 44, de Brit. Mus. MS. Add. 18,690 (écrit entre 1332 et 1350) ; no. 45, de Brit. Mus. MS. Add. 19,944 (daté 1441) ; no. 46, de Brit. Mus. MS. Or. 1081 (daté 1390). Le no. 46 paraît montrer des caractéristiques françaises combinées à des traits italiens.

Franco‑allemand (nos 47‑50) : No. 47 est pris du codex vatican de la Sifra (daté 1073 ; voir “O. S.” Pl. XC.) ; no. 48, de Brit. Mus. MS. Add. 27,214 (daté 1091) ; no. 49, de Brit. Mus. MS. Arundel Or. 51 (daté 1189) ; no. 50, de Brit. Mus. MS. Or. 5466 (daté 1690). Dans les nos 47‑49 la propension au semi‑rabbinique est faible.

Grec (no 51) : Ce spécimen est tiré de Brit. Mus. MS. Harley 5583 (XVe‑XVIe s.).

Yéménite (nos 52‑53) : No. 52 est pris de Brit. Mus. MS. Or. 4837 (belle copie des « Kitab al‑Usul » d’Ibn Janâh, XIVe s.) ; no. 53, de Neubauer, Pl. XXXII. (daté 1491).

(nos 54‑56) : No. 54 est pris de Neubauer, Pl. XXXIV. (XIIIe‑XIVe s.) ; no. 55, ibid.

[Le texte se poursuit dans les planches et les références citées.]

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.