Définition dans Jewish Encyclopedia
Holocauste
BURNT OFFERING
Données bibliques : La traduction ordinaire dans les versions modernes du terme hébreu ‘‘olah’’ (עֹלָה). Ce terme ne signifie pas littéralement « offrande brûlée », mais « ce qui est élevé » ou présenté à la Divinité. Le nom est une traduction du rendu de la Septante, LXX, qui lui‑même repose sur la locution descriptive souvent jointe à ‘‘olah’’ dans les inscriptions rituelles : « une offrande faite par le feu à l’égard de YHWH » (Lévitique i. 9 et s.). Un synonyme est shelamim qui présente l’offrande comme complète ; c.-à‑d. lorsqu’elle est placée sur l’autel, pour la distinguer des autres formes de sacrifices (voir 1 Samuel vii. 9 ; comparer Psaume li. 31). Le ‘‘olah’’ était le sacrifice d’ordre le plus élevé dans le rituel de l’Ancien Testament. Les offrandes sans effusion de sang n’étaient faites qu’en relation avec lui.
Exposé succinct de la loi lévitique concernant les offrandes d’élévation :
Les offrandes : Elles étaient entièrement animales, et les victimes étaient entièrement consumées. Elles pouvaient être du gros‑bétail ou du petit‑bétail, ou, en cas de pauvreté, des oiseaux pouvaient en être substitués. Les offrandes acceptables étaient : (a) des jeunes taurillons ; (b) des béliers ou des boucs d’un an ; (c) des tourterelles ou des jeunes colombes. Ces animaux devaient être exempts de toute maladie ou défaut. Ils devaient être amenés à la porte du tabernacle, et l’offrant devait les immoler du côté nord de l’autel (s’il s’agissait d’un ‘‘olah’’), sauf dans les sacrifices publics, où le prêtre mettait à mort les victimes, assisté, selon les occasions, par les Lévites (2 Chroniques xxix. 34). Le sang était alors aspergé autour de l’autel. La victime, si c’était un grand animal, était écorchée et divisée ; les morceaux étant placés au‑dessus du bois sur l’autel, la peau seule demeurant au prêtre. Si l’offrande était un oiseau on procédait à une opération analogue, sauf que la victime n’était pas entièrement découpée. Le feu qui consumait les offrandes ne devait jamais s’éteindre, puisqu’elles étaient lentement consumées ; et les différentes sortes de sacrifices fournissaient constamment du matériau aux flammes. Chaque matin les cendres étaient emportées par le prêtre en un lieu pur hors du camp (Exode xxix. 38-43 ; Lévitique i., vi. 8-13, ix. 13-14 ; Nombres xv.).
Types et occasions du ‘‘olah’’ : (a) Offrandes fixes : (1) L’offrande quotidienne d’élévation, présentée au moment de la prière du matin et du soir (la troisième et la neuvième heure). La victime était un agneau ou un chevreau d’un an. Celle‑ci était toujours accompagnée d’une offrande végétale (minhah) et d’une libation de vin (Exode xxix. 38-43 ; Nombres xxviii. 3-8).
(2) L’offrande du sabbat, qui comprenait le double de la quantité de tous les éléments du sacrifice quotidien ordinaire (Nombres xxviii. 9‑10). (3) Les offrandes festives, célébrées à la nouvelle lune, à la Pâque, à la Pentecôte, à la Fête des Trompettes, au Jour de l’Expiation, et à la Fête des Tabernacles. En ces occasions, particulièrement à la dernière, le nombre des victimes était accru (Nombres xxviii. 11‑xxix. 39).
(b) Offrandes occasionnelles : (1) À la consécration d’un prêtre (Exode xxix. 15 ; Lévitique viii. 18, ix. 13) ; (2) à la purification des femmes (Lévitique xii. 6‑8) ; (3) à la purification des lépreux (Lévitique xiv. 19, 30) ; (4) à la purification d’une souillure rituelle (Lévitique xv. 15, s.) ; (5) en rapport avec le vœu d’un nazaréen (Nombres vi. 11, 16).
Ces sacrifices étaient prescriptifs et obligatoires ; mais des offrandes d’élévation volontaires pouvaient aussi être faites. Certaines d’entre elles sont consignées et impliquent l’immolation d’un grand nombre de victimes (Nombres vii. ; 1 Rois viii. 64).
Telles étaient les prescriptions du rituel lévitique.
Tous les sacrifices devaient être accomplis sous la houlette sacerdotale ; et même lorsqu’un particulier immolait la victime, les parties principales de la cérémonie étaient effectuées par les prêtres. Cependant, tant avant qu’après l’époque de Moïse le ‘‘olah’’ était offert par des laïcs sans distinction et sans restriction quant au mode ou à la mesure — p. ex. Genèse viii. 20, xxii. 2 s. (comparer xv. 17) ; 1 Samuel vi. 14 ; Amos v. 33 ; Isaïe i. 11 ; Osée vi. 6 ; Job i. 5, xlii. 8 — sans parler de l’offrande plus ou moins païenne de victimes humaines (Juges xi. 31 ; 2 Rois iii. 27 ; Jérémie xix. 5).
J. J. K. J. F. McC.
Dans la littérature rabbinique : Le nom du ‘‘olah’’ est expliqué de diverses manières. Certains l’entendent comme offrande d’expiation pour les mauvaises pensées qui montent à l’esprit, ‘‘olah’’ signifiant aussi « qui s’élève dans l’esprit » (Tan., Lek Lekha, éd. Buber, i. 71 ; Lev. K. vii. 3) ; d’autres dérivent le nom de IV^y (« au Très‑Haut »), parce qu’il est entièrement destiné à Dieu, le Très‑Haut, les hommes n’y prenant aucune part (Tan., éd. Buber, iii. 13).
Le ‘‘olah’’ est la seule offrande qui puisse être acceptée au Temple d’un non‑Juif ; la libation qui s’y rattache est fournie dans ce cas aux frais de la communauté (Men. 73b ; Tern. 3b ; comparer Maimonide, Yad, Ma’ase ha‑Korbanot, iii. 3, 5). Le ‘‘olah’’ était posé en entier sur l’autel, même les cornes de l’animal et la barbe du bouc n’étant pas enlevées (Zeb. ix. 3, 85a ; Yad, l.c. vi. 3). Avant d’être offert sur l’autel le cadavre était découpé en morceaux, non au hasard, mais selon les indications détaillées données dans le Talmud (Tamid 31). Les pièces étaient ensuite déposées sur l’autel ; le nombre de prêtres officiant était de huit, onze, ou vingt‑quatre, selon que l’animal était une brebis, un bélier, ou un bœuf (Yoma 36b). Ceci ne vaut toutefois que pour le ‘‘olah’’ offert par l’ensemble de l’assemblée, et non pour les ‘‘olot’’ individuels, qui pouvaient être découpés en tout nombre de pièces et offerts par n’importe quel nombre de prêtres (ibid.). Les peaux de ces animaux appartenaient aux prêtres, qui les partageaient entre eux chaque vendredi, pourvu que l’offrande n’ait pas été déclarée impropre (i?1DD) avant l’écorchage (Zeb. xii. 3 ; Tosef., Men. xiii. 18). Comme les prêtres les plus influents s’emparaient de force des peaux, il fut décrété qu’elles devaient être vendues et que le produit fût versé au Trésor du Temple (Tosef., l.c. 19).
Bibliographie : Maimonide, Yad, Ma’ase ha‑Korbanot, vi. 1-23.
K. L. G.
