Définition dans Jewish Encyclopedia

Encensoir

CENSER

Ustensile en forme de coupe ou de plateau destiné à la combustion de l’encens. Dans la Bible anglaise le terme est employé indifféremment pour rendre deux mots hébreux qui semblent avoir désigné des objets différents. L’un de ces mots, mikteret, n’apparaît que trois fois (une fois dans la variante mekatterot, 1 Chroniques xv. 14). Celui‑ci, d’après son étymologie, indiquait un encensoir parmi les objets du Temple requis pour l’exercice des fonctions saintes. L’autre mot, mahtah (mahafah, mahteh), est mentionné dans la Bible vingt‑et‑une fois. Dans la version anglaise il est rendu treize fois par « censer », quatre fois par « fire‑pan », trois fois par « snuff‑dishes », et une fois par « snuffer ». Dérivé de la racine hatah (rassembler des charbons ou des cendres), il désignait probablement divers dispositifs destinés à enlever les cendres ou à transporter des braises. Dillmann et Knobel soutiennent qu’il s’agissait du petit récipient où l’on déposait les snuffers. En Exode xxv. 38 il désigne des louches servant à retirer la partie brûlée de la mèche (voir Keil sur le passage). Celles‑ci pouvaient être de petite taille. Les plus grandes servant auprès de l’autel des holocaustes (Exode xxvii. 3 ; Nombres xvii. 3 et s.) peuvent plus proprement être rendues par « brasero ». D’après la Mishnah Kelim iii. 7 il est évident que plusieurs formes en étaient connues ; certaines ouvertes sans bords relevés, d’autres, désignées comme « complètes », pourvues de rebords.

La mahtah n’était en règle générale pas employée pour faire brûler de l’encens. D’après les documents incorporés dans le Pentateuque, il semble qu’on ne put offrir de l’encens que sur l’autel d’or, appelé aussi « l’autel intérieur » (Exode xxx. 1‑7 ; xl. 26, 27). L’école critique a contendu que l’autel intérieur n’était pas reconnu dans les temps plus anciens. Mais cela n’affaiblit pas le témoignage des documents selon lesquels, à l’époque post‑exilique, les censoirs n’étaient pas des ustensiles propres à la combustion de l’encens. L’histoire des adhérents de Coré (Nombres xvi. 17, 18), ainsi que Ezéchiel viii. 11, prouvent que, selon l’opinion des derniers temps, l’emploi de la mahtah à cette fin était considéré comme une profanation illicite.

La mahtah servait toutefois à porter l’encens vers l’autel. Une exception se présente dans le rituel du Jour des Expiations : le grand prêtre remplissait le censoir de braises prises de l’autel et, plaçant dessus une poignée d’encens, faisait couvrir le propitiatoire de l’Arche par la fumée dans le Saint des Saints (Lévitique xvi. 12, 13). Ces « plateaux » étaient de bronze, d’argent et d’or. La Mishnah Tamid v. 5 indique que ceux du Temple étaient de construction compliquée et de matériaux précieux (voir aussi Yoma 43b).

Bibliographie : Keil, Handbuch der Biblischen Archäologie, trad. Christie et Cusin, Édimbourg, 1888 ; Winer, B. R., Leipsic, 1833 ; Cook, Exodus, note sur Exode xxvii. 3, dans la Bible Commentary, Scribner’s, New York, 1898 ; Nowack, Archéologie biblique ; commentaires de Knobel et Dillmann sur Exode.

B. D. — E. G. H.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.