Définition dans Jewish Encyclopedia

Chaggay

HAGGAI

Prophète judéen de la première période post‑exilique ; contemporain de Zacharie (Ezra V.1 ; III Ezra [I Esd.] vi.1, vii.3).

Le nom en hébreu = « Aggeus » dans Esd. ; « Aggeus », ’Aggeüs = « festal » (né le jour de la fête) ou « fête de Yah » (Olshausen, Grammatik, §277b) ; Wellhausen, dans Bleek, Einleitung, 4e éd., p.484, prend « Haggai » pour équivalent d’« Hagariah » (= « Dieu ceint »). Le nom se rencontre sur des inscriptions sémitiques — phénicienne, palmyrénienne, araméenne, hébraïque ; comp. C.I.S. lxviii.1 et Lidzbarski, Handbuch der Nordsemitischen Epigraphik, p.270, Weimar, 1898 ; il apparaît comme « Hagga » sur une tablette de Nippur (Hilprecht, dans Pal. Explor. Fund Quarterly, Jan. 1898, p.55).

On sait fort peu de choses de la vie de Haggai. Ewald (Propheten des Alten Bundes, p.178, Göttingen, 1868) conclut d’Hag. ii.3 qu’il avait vu le premier Temple, auquel cas il aurait été très âgé à l’époque de Darius Hystaspès, dans la 2e année du règne duquel (520 av. J.‑C.) Haggai apparaît comme prêcheur prophétique pour exciter le peuple à l’œuvre de reconstruction du Temple (Hag. i.1 sqq.).

Il n’est pas certain que Haggai ait jamais séjourné en Babylonie. Il pourrait avoir vécu sans interruption à Jérusalem (comp. Lam. ii.9). En tout cas, à juger par l’étendue de son livre, son ministère public fut bref. Que Zacharie fût le prophète dominant de ces temps (Zech. vii.1‑4) rend plausible l’hypothèse que Haggai était proche de la mort lorsqu’il fit appel au peuple. Selon la tradition il naquit en Chaldée pendant la Captivité et fut du nombre de ceux qui revinrent sous Zorobabel. On a même prétendu qu’il était un ange de YHWH envoyé momentanément sur terre pour émouvoir la congrégation indifférente (voir Hag. i.13). Il est rappelé comme chanteur de psaumes et comme le premier à employer l’expression « Hallelujah ». En fait, son nom est mentionné dans les suprascriptions de la LXX aux Psaumes cxii., cxlv.‑cxlix., quoique pas dans tous les manuscrits de la même façon (Ivohler, Die Weissagungen Haggais, p.32 ; Wright, Zechariah and His Prophecies, xlx. sqq. ; B. Jacob, dans la « Zeitschrift » de Stade, xvi.290 ; Cheyne et Black, Encyc. Bibl. ii.1935, note 2, en référence à Épiphane, Vitæ Prophetarum). Dans l’historiographie juive Haggai est compté parmi les « hommes de la Grande Synagogue » (B. B. 15a), ou parmi ceux qui « transmirent la révélation » (la « Gabala ») depuis leurs prédécesseurs prophétiques jusqu’aux « hommes de la Grande Synagogue » (Ab. R. N. i. [recension A, p.2, éd. Schechter] ; comp. Yoma 9b). À son époque l’inspiration prophétique devenait moins fréquente (ib.).

On attribue à Haggai l’institution de certaines décisions pratiques (takkanot). Parmi elles figurent une disposition pour l’intercalation du mois d’Adar (R. H. 19b) ; une décision en faveur de l’agrandissement de l’autel ; une décision permettant l’offrande de sacrifices indépendamment de l’existence ou de la présence du Temple (Mid. iii.1 ; Zeb. 62 ; Yer. Naz. ii.7).

L’organisation du service sacerdotal en vingt‑quatre relais (Tosef., Ta’an. ii. ; ‘Ar. 12b), et la réglementation des contributions en bois (Tosef., Ta’an. iii. ; Ta’an. 28 ; comp. Neh. x.35), lui sont attribuées. D’autres mentions de l’influence législative de Haggai se trouvent en R. H. 9 ; Yeb. 16a ; Kid. 43a ; Hul. 137b ; Bek. 57 ; Naz. 53a. Le « siège » (n3t“ItD) sur lequel il siégeait comme législateur est mentionné (Yeb. 16a).

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.