Définition dans Jewish Encyclopedia
Belshazzar
BELSHAZZAR
Données bibliques : Roi de Babylone mentionné en Dan. v. et viii. comme fils de Nabuchodonosor et comme dernier roi avant l’avènement des Mèdes et des Perses. La forme grecque Βαλθασάρ est employée tant pour l’hébraïque Belshassar que, de façon moins exacte, pour Belteshazzar (Dan. i. 7). Le nom apparaît aussi en Baruch i. 11 sous la forme Balthasar (R. V. « Baltasar »). Il ne fait aucun doute cependant que les allusions à cette personne dans Baruch et ailleurs dans la littérature extracanonique reposent toutes sur les données fournies par Dan. v. et viii.
Il est déclaré en Dan. v. que Belshazzar donna un festin aux seigneurs et aux dames de sa cour, au cours duquel les vases sacrés du Temple de Jérusalem, apportés à Babylone par Nabuchodonosor lors de la captivité juive en 586 av. J.-C., furent profanés par la compagnie grivoise. En conséquence, durant l’effervescence des réjouissances, une main apparut et écrivit sur la muraille de la salle une sentence mystérieuse qui défia toute tentative d’interprétation jusqu’à ce qu’on fit appel au sage hébreu Daniel. Il lut et traduisit ces mots inconnus, qui se révélèrent être une menace divine contre le dissolu Belshazzar, dont le royaume devait être partagé entre les Mèdes et les Perses. Au dernier verset on nous dit que Belshazzar fut tué cette même nuit, et que sa puissance passa à Darius le Mède.
J- JR. I. M. P.
Dans la littérature rabbinique : La chronologie des trois rois babyloniens est donnée dans le Talmud ainsi : Nabuchodonosor régna quarante‑cinq ans, Évil‑Méroda‘kh vingt‑trois ans, et Belshazzar fut souverain de Babylone pendant deux ans, étant tué au début de la troisième année, la nuit fatale de la chute de Babylone (Meg. 11b).
Les allusions dans le Talmud et le Midrash à Belshazzar insistent sur son oppression tyrannique de ses sujets juifs. Plusieurs passages des Prophètes sont interprétés comme se rapportant à lui et à ses prédécesseurs. Dans l’expression « Comme si un homme fuyait devant un lion, et qu’un ours le rencontrât » (Amos v. 19), le lion représente Nabuchodonosor, et l’ours, tout aussi féroce sinon aussi brave, représente Belshazzar (Esther R., Introduction). Les trois rois babyloniens sont souvent mentionnés ensemble comme formant une succession de monarques impies et tyranniques qui opprimèrent Israël et furent par conséquent condamnés à la disgrâce et à la destruction. Le verset d’Isa. xiv. 22 « Et je lèverai ma main contre eux, dit le Seigneur des armées, et j’exterminerai à Babylone nom et reste et fils et petit‑fils, dit le Seigneur » est appliqué au trio : « nom » se réfère à Nabuchodonosor, « reste » à Évil‑Méroda‘kh, « fils » à Belshazzar, et « petit‑fils » à Vasti (ib.). Le commandement donné à Abraham de couper trois génisses comme partie du pacte établi entre lui et son Elohîm explique cette symbolique : « Et il lui dit : prends pour moi trois génisses » (Gen. xv. 9 [A. V. « a heifer of three years old »]). Cela symbolise Babylone, qui engendra trois rois — Nabuchodonosor, Évil‑Méroda‘kh et Belshazzar — dont le sort est préfiguré par cet acte de « découpage » (Gen. R. xliv.).
Le festin de Belshazzar, au cours duquel les vases sacrés du Temple de Jérusalem furent utilisés à des fins profanes (Dan. v.), est imputé par les Rabbins à son erreur de calcul chronologique. Il savait bien que la période de l’exil juif à Babylone, selon la prophétie de Jérémie, ne devait pas dépasser soixante‑dix ans (Jér. xxix. 10). Belshazzar prit pour point de départ l’accession de Nabuchodonosor, qui régna quarante‑cinq ans. Il y ajouta le règne d’Évil‑Méroda‘kh, qui, d’après la tradition, dura vingt‑trois ans, et son propre règne de deux ans, totalisant ainsi soixante‑dix années. « Jérémie doit se tromper, s’est‑il dit, puisque le terme est atteint et que les Juifs ne sont pas encore revenus dans leur pays ; ils ne reviendront donc probablement jamais. » Boldé par ce calcul erroné, il fit un usage impie des vases sacrés au cours du festin royal, où le son de la réjouissance se mêlait aux hymnes aux divinités païennes. L’écriture miraculeuse sur le mur, la chute de Babylone et la mort violente du roi sur cette nuit fatale suivirent bientôt. Assuérus aussi se trompa dans son calcul de la période de l’exil, bien que son point de départ soit décalé à une date plus tardive que celle de Belshazzar. Les Rabbins affirment que la vraie base de ce calcul est la destruction de Jérusalem. Car la prophétie fameuse de Jérémie est correctement comprise par Daniel quand il dit (Dan. ix. 2) : « Dans la première année de son règne, moi Daniel, j’ai compris par les livres le nombre des années dont la parole de YHWH fut adressée à Jérémie le prophète, que celui-ci acharnerait soixante‑dix ans dans les dévastations de Jérusalem » (Meg. 11b et suiv.).
Le Midrash détaille la mort de Belshazzar. Il est dit que Cyrus et Darius furent employés comme gardiens du palais royal. Terrifié par l’écriture mystérieuse sur la muraille et craignant qu’un déguisé n’entre au palais avec des intentions meurtrières, Belshazzar ordonna à ses gardiens de décapiter quiconque tenterait d’entrer dans le palais cette nuit, même si la personne prétendait être le roi lui‑même. Belshazzar, pris d’un malaise, quitta le palais par une issue de service. À son retour, les gardiens refusèrent de l’admettre, malgré ses supplications d’identité royale. Ils répondirent : « Le roi n’a‑t‑il pas ordonné de mettre à mort quiconque tente d’entrer au palais, même s’il affirme être le roi ? » Mettant en œuvre l’ordre verbal, Cyrus et Darius saisirent un lourd ornement d’un candélabre et brisèrent le crâne de leur maître royal (Cant. R. iii. 4). Voir Daniel, et Nabuchodonosor dans la Littérature rabbinique.
j. sr. H. M. S.
