Définition dans Jewish Encyclopedia
Ashkelon
ASHKELON
Ville de la côte méridionale de la Palestine. Elle apparaît dans des textes égyptiens deux fois comme "Askaruni", parmi les villes qui se révoltèrent contre Ramsès II (voir illustration, p. 192) et Méneptah; dans les tablettes d'El‑Amarna le prince Yitia d'Askaluna est nommé comme étant soumis à l'Égypte. Ashkelon ne semble jamais avoir été aux mains des Israélites, bien qu'elle ait exercé une pression sur Samson (voir Juges xiv. 19; I Sam. vi. 17; Josh. xiii. 3; II Sam. i. 20, etc.). En Juges i. 18 il est dit que « Juda prit Ashkelon avec son territoire »; mais cette assertion est en contradiction avec la Septante, où le verset affirme que Juda « ne prit pas » la ville.
Les Assyriens mentionnent fréquemment Iskaluna (ou Askaluna). Tiglath‑Pileser II le soumit, et vers 732 av. J.-C. il fit de Rukibti un roi en lieu et place de Mitinti. Sennachérib, en 701 av. J.-C., captura Sklka, qu'il appelle usurpateur et rebelle, et remit Sharruludari, fils de Rukibti, sur le trône. Le royaume d'Ashkelon comprenait alors Joppé, Beth‑Dagon, Bene‑Barak, etc. Mitinti fut roi à l'époque d'Esarhaddon et d'Assurbanipal. Hérodote (i. 105) rapporte que les Scythes [c.-à‑d. les Cimmériens; ou les Ashguzi (Ashkenazim) de la Bible] pillèrent le temple de la « Aphrodite céleste » à Ashkelon vers 620 av. J.-C. La principale divinité d'Ashkelon était la déesse‑poisson Derketo (= Atargatis ?), à laquelle les poissons étaient sacrés; certains étaient conservés dans un bassin près de la ville (Diodore, ii. 4; Pausanias, i. 14, 6). Sa fille, « l'Aphrodite céleste », dont l'animal sacré était la tourterelle, était parfois appelée Semiramis. « Zarifa », nom générique pour un édifice à toit conique, apparaît comme nom d'un temple à Ashkelon (‘Ab. Zarah 115).
D'après Scylax ("Periplus"), les Tyriens tenaient Ashkelon à l'époque perse. Bien qu'entièrement hellénisée, elle se rendit deux fois facilement à Jonathan le Maccabée (1 Macc. x. 86, xi. 60), et plus tard à Alexandre Jannée. Strabon (vii. 59) l'appelle encore « une petite ville ». Hérode le Grand, qui, d'après certaines traditions (Justin, "Dialogus cum Tryphone"), serait né à Ashkelon, l'embellit considérablement, et sa sœur Salomé y résida (Josèphe, "B. J." ii. 6, § 3). Dans la grande révolution, les Juifs semblent l'avoir attaquée sans succès (contra "B. J." ii. 18, § 1, avec iii. 2, § 12). La période la plus florissante d'Ashkelon fut lors de la division plus tardive du contrôle romain, quand elle fut une république libre (Pline, "Hist. Nat." v. 68), célèbre pour son goût littéraire. Ammien Marcellin, xiv. 8, 11, la décrit comme un lieu considérable.
La localisation exacte d'Ashkelon a donné lieu à discussion. L'affirmation de Ptolémée (v. 16, 2; viii. 20, 13) qu'elle était une cité maritime peut s'entendre aussi largement que pour plusieurs villes voisines. Le site d'Ashkelon propre se place, selon quelques savants, près du village El Mejdel, au nord‑ouest d'Askalan. Il est à noter que les oignons d'Ashkelon, fameux dans l'Antiquité (Strabon, Étienne de Byzance), croissent encore à l'état sauvage sur l'emplacement fertile (voir Philistins).
Bibliographie : Memoirs of the Survey of Western Palestine, vol. iii., feuille 16; (l'auteur), dans Zeit. Deutscli. Palästin. Ver., ii. 164 s.; pour les références rabbiniques : H. Hildesheimer, Beiträge zur Geographie Palästinas, pp. 1 s. j. jr. W. M. M.
