Pourquoi certains noms bibliques apparaissent sous leur forme hébraïque ?
Sur ce site, certains noms bibliques apparaissent sous leur forme hébraïque restaurée, comme Yéhoshoua, YHWH, Elohîm, Yehouda ou Yirmeyah.
Ce choix peut surprendre les lecteurs habitués aux traductions françaises classiques. Il ne vise pourtant pas à compliquer la lecture, mais à mieux refléter les formes bibliques d’origine et à éclairer certains liens présents dans les Écritures.
La présente page propose une explication simple de cette démarche, à partir d’un extrait de l’ouvrage La Bible de Yéhoshoua ha Mashiah — Pourquoi cette traduction ? de Shora Kuetu, publié par ANJC Productions.
Pourquoi cette page existe ?
Les Écritures ont été rédigées principalement en hébreu, en araméen et en grec. Au fil des siècles, les traductions ont souvent adapté les noms bibliques aux langues et aux usages des peuples qui les recevaient.
Certaines traductions choisissent cependant de restaurer les formes hébraïques des noms afin de se rapprocher davantage des textes originaux et de préserver leur signification. C’est notamment le cas de la Bible de Yéhoshoua ha Mashiah.
Cette page a pour but d’aider le lecteur à comprendre pourquoi ces formes apparaissent sur ce site et dans quel cadre elles sont employées.
Repère rapide
| Forme utilisée sur ce site | Forme française courante |
|---|---|
| Yéhoshoua | Jésus |
| Yehouda | Juda |
| Yirmeyah | Jérémie |
| Yohanan | Jean |
| Elohîm | Dieu |
| YHWH | souvent traduit par « l’Éternel » |
Extrait du livre « La Bible de Yéhoshoua ha Mashiah — Pourquoi cette traduction ? »
Le texte ci-dessous est tiré du chapitre « Les noms hébreux » de l’ouvrage La Bible de Yéhoshoua ha Mashiah — Pourquoi cette traduction ? de Shora Kuetu, publié par ANJC Prod.
LES NOMS HÉBREUX
Très peu de chrétiens savent que beaucoup de personnages bibliques étaient Juifs. En effet, sur les quarante écrivains de la Bible, trente-neuf étaient Juifs et la première Assemblée était totalement JUIVE[73]. Cependant, l’influence de Babylone et l’hellénisation forcée de la Parole d’Elohîm ont fortement influencé la pensée hébraïque d’origine. Ainsi, il est courant qu’une personne qui se réclame disciple du Mashiah ne connaisse pas le véritable nom de celui qu’elle sert. Pour preuve, celles et ceux qui s’insurgent contre ce travail de restauration sont d’abord des individus qui se disent chrétiens.
Pourtant, la non-traduction d’un nom devrait faire sens à n’importe qui, puisque chaque être humain est attaché à son identité. Rappelons qu’un nom est porteur d’une histoire, d’un caractère, d’une signification. D’ailleurs, le plus consternant dans cette falsification des noms bibliques est que celui de Satan demeure le nom qui n’a jamais été modifié dans toutes les Écritures. Quand on sait qu’il s’agit du premier adversaire du Seigneur, c’est à s’interroger sur les intentions de certains traducteurs.
I/ LA MODIFICATION DES TITRES ET DU NOM DU CRÉATEUR
1. Les titres du Créateur
Elohîm, El et Eloah sont traduits par « Dieu ». Or, Dieu vient du latin « deus » et deus lui-même vient de « Zeus ». Ce même Zeus, divinité grecque principale, fut introduit dans le temple de Yeroushalaim par Antiochus Épiphane. Les personnages bibliques ont été occidentalisés et les divinités gréco-romaines ont été assimilées par le christianisme paganisé. Zeus est ainsi imposé à tous les membres de la nouvelle religion.
En l’an 392 de notre ère, le christianisme a été déclaré religion d’État de l’Empire romain par le décret de Théodose Ier. Avec l’édit de Thessalonique de 380, le christianisme était devenu la religion officielle de l’Empire romain. Toutes les divinités gréco-romaines furent habillées avec des noms de saints. Par exemple, Artémis ou Diane, divinité principale de la ville d’Éphèse dont il est question dans le livre des Actes des apôtres (chapitre 19), est devenue Marie, la mère de Dieu, au concile d’Éphèse en 431. Pour s’assurer que les sujets romains adhèrent à la nouvelle religion, il fallait christianiser les divinités gréco-romaines. Dès lors, comment nommer le Seigneur ?
Les pères de la religion chrétienne n’ont pas seulement remplacé le nom « Elohîm » par « Zeus », nom de la divinité principale grecque, ils l’ont aussi remplacé par des divinités de peuples auprès de qui ils envoyaient des missionnaires. Par exemple, des missionnaires envoyés en Afrique de l’Ouest ont traduit le mot « Dieu » par Mawu dans le but de faciliter les conversions selon eux. Or, Mawu se trouve au sommet du panthéon vaudou. C’est une divinité suprême qui domine sur les autres divinités. Selon le vaudou, il s’agit d’un dieu incréé et aussi créateur de toutes les autres formes de vaudous. Le vaudou enseigne que Mawu n’intervient pas dans la vie des humains. Ce nom signifie « ce que personne ne peut atteindre » ou encore « l’inaccessible ». Étant donné que cette divinité n’intervient pas dans les affaires humaines, aucun culte ne lui est rendu par les adeptes du vaudou.
Toujours selon le vaudou, Nana Buluku est un dieu androgyne qui a enfanté le monde. Il est le symbole de la maternité et de la paternité. Il a donné naissance à deux jumeaux, qui sont : Mawu, divinité de la lune, et Lisa, divinité du soleil. Ces deux entités sont constamment ensemble, des jumeaux siamois qui gouvernent le monde terrestre, d’où le nom Mawu-Lisa.
Les enfants de ces deux divinités sont appelés des vaudous. D’après la religion vaudou, les vaudous font le pont entre le monde cosmique et supranaturel et le monde physique et profane. Mais pour nous, disciples du Mashiah, le Seul Véritable Elohîm est Yéhoshoua ha Mashiah.
Accepteriez-vous donc que l’on traduise le passage de Bereshit (Genèse), chapitre 1, verset 1, de la sorte : « Au commencement Mawu créa les cieux et la Terre. » ? Cela est inconcevable, n’est-ce pas ? Alors, une fois éclairé sur l’origine du nom dieu, pourquoi continuer à l’employer et l’attribuer au Véritable Elohîm ?
2. Le Nom de Yéhoshoua
Tout d’abord, Elohîm a donné au Mashiah le nom de Yéhoshoua. Yéhoshoua est donc le Nom au-dessus de tout nom ! Le nom du Seigneur se compose de « YeHo » et de « Shoua » :
- « YeHo » est une forme de « YaHu », un diminutif du nom d’Elohîm YHWH.
- « Shoua » signifie « un cri invoquant le secours », « un cri qui sauve », « au secours ! ».
En d’autres termes, Yéhoshoua signifie « YH sauve ». Il y a donc derrière ce nom l’idée de délivrer, de sauver, de secourir.
Il se compose de 5 lettres : ע ו ש ה י
- Yod [י] : la main.
- Hé [ה] : la louange.
- Shin [ש] : la dent ou la haine. Le Seigneur disait : Vous serez haï de tous à cause de mon nom.
- Wav [ו] : le clou. Les clous utilisés pour le crucifier.
- Ayin [ע] : les yeux, la révélation, la connaissance. En effet, son Nom s’appelle la Parole d’Elohîm et cette parole vient de la connaissance.
Le premier homme nommé ainsi fut Hoshea (Hosée) (en hébreu Howshea : « salut », « sauve »), fils de Noun, et successeur de Moshé[74]. Ce dernier changea le nom de Hoshea en Yéhoshoua, qui fut traduit par Josué en français (Bamidbar (Nombres) 13:16). Or, comme nous l’avons abordé, le principe salvateur est attaché au Nom de Yéhoshoua. Nombreux d’ailleurs sont les passages bibliques qui en attestent. En voici quelques références :
- « Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre Nom qui ait été donné aux humains, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:12)
- « Car quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10:13)
- « C’est pourquoi aussi Elohîm l’a élevé à la suprême majesté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au Nom de Yéhoshoua, tout genou fléchisse, tant de ceux qui sont dans les cieux, que de ceux qui sont sur la Terre, et sous la Terre, et que toute langue confesse que Yéhoshoua Mashiah est le Seigneur, à la gloire d’Elohîm le Père. » (Philippiens 2:9 à 11)
Le mot « Christ » quant à lui vient du grec Christos (oint), provenant de l’araméen mechiHa’ et de l’hébreu machiaH (oint, Messie) (Mattithyah (Matthieu) 1:17). De fait, Yéhoshoua est le nom personnel de notre Seigneur et Mashiah est son titre. « […] Tu lui donneras le Nom de Yéhoshoua ; car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mattithyah (Matthieu) 1:21). Le Nom de Yéhoshoua révèle donc de façon explicite la mission qu’il allait accomplir, celle de délivrer son peuple. Mais voilà, Yéshoua et Yéhoshoua furent remplacés par « Josué » et « Jésus »[75].
Il est important que les lecteurs sachent que les lettres latines J et U furent inventées et introduites dans l’alphabet occidental en l’an 1270 après Yéhoshoua. L’intention était de résoudre le problème de mots latins tels que « servus et juvenis » (esclave et jeune) qui s’écrivaient servvs et ivvenis. Par ailleurs, les sons « J » et « U » n’existent ni en hébreu biblique, ni en araméen. Les hébreux des temps bibliques n’ont donc jamais prononcé les noms tels que : Jéhovah, Jacob, Josué, Josaphat, Jacques, Juda, Joseph ou Jésus.
Ils exprimaient plutôt des sons tels que : Yéhowa, Yéhoua, Yahoué, Yahweh ou Yahou. D’ailleurs, dans la version King James de 1611, la lettre J n’était pas encore utilisée et le Nom du Seigneur commençait avec la lettre I et non avec la lettre J. Dans Mattithyah[76], chapitre 2, verset 1, par exemple, nous lisons : « Now when Iesus was borne in Bethlehem of Iudea, in the dayes of Herod the king, behold, there came Wise men from the East to Hierusalem ».
Dans Actes, chapitre 26, aux versets 14 à 15, le Seigneur parlait avec Paulos[77] en hébreu et son nom lui a été communiqué dans cette même langue : « Et nous sommes tous tombés par terre et j’ai entendu une voix me parlant en langue hébraïque, disant : “Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu ? Il t’est dur de regimber contre les aiguillons.” Mais j’ai dit : “Qui es-tu Seigneur ?” Et il a dit : “Moi je suis Yéhoshoua que tu persécutes.” »
De plus, après traduction en d’autres langues, on obtient par exemple : « Yasû » en arabe, « Gesù » en italien, « Jézi » en créole antillais, « Isùs » en roumain, « Yesu » en lingala, « Ìosa » en gaélique irlandais, etc. Et malheureusement, cette notion salvatrice n’apparaît plus. Nous avons donc décidé de revenir au Nom « Yéhoshoua » dans la présente traduction. Il est important cependant de souligner qu’il n’est nullement question de condamner les enfants d’Elohîm qui invoquent sincèrement le Seigneur par son Nom traduit en une quelconque autre langue.
Pour mieux comprendre la signification du nom de Yéhoshoua, il est essentiel premièrement d’accéder au sens du tétragramme, le nom du Créateur le plus cité dans le Tanakh. En effet, YHWH est l’ossature même du nom hébreu Yéhoshoua, c’est-à-dire « YHWH est salut ». Les quatre lettres qui composent ce Nom ont incontestablement un message très prophétique.
3. Le tétragramme YHWH
Le tétragramme YHWH identifie clairement le Nom de l’Elohîm d’Israël. Le texte biblique hébreu laisse apparaître ces quatre lettres qui, dans l’idée générale, ne sont que de simples consonnes, mais en réalité expriment toute la plénitude de l’Elohîm vivant.
« Et il lui dit : Je suis YHWH qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée, afin de te donner cette terre pour en prendre possession. » (Bereshit (Genèse) 15:7)
Dans ce verset, l’Elohîm d’Israël se présente par son Nom à Abraham. Il utilise le même Nom pour se présenter à Moshé[78] dans Shemot[79], chapitre 3, verset 14.
Finalement, cette désignation est utilisée plus de 5 000 fois dans le Tanakh pour faire référence à Elohîm et a été traduite par « JE SUIS ». L’appellation divine (dans sa forme hébraïque) s’écrit avec les lettres Yod He Wav He :
1. Yod ou Youd
Youd י est la dixième lettre de l’alphabet hébraïque. Elle vient de yad qui signifie « main » et peut se prononcer par les sons « ya », « yé », « ye » ou « yi ». Cette lettre est la plus petite de l’alphabet et pourtant c’est elle qui contient le plus de puissance. En effet, c’est la main d’Elohîm qui nous a sculptés :
- « Tes mains m’ont façonné, elles m’ont formé. Donne-moi l’intelligence afin que j’apprenne tes commandements. » (Tehilim (Psaumes) 119:73)
- « Tes mains m’ont formé, elles ont façonné toutes les parties de mon corps et tu m’engloutirais ! » (Iyov (Job) 10:8)
La main ou le doigt d’Elohîm est le symbole de sa puissance. Par conséquent, le Nom du Créateur commence par une lettre qui nous parle de sa puissance, de son autorité et de son pouvoir. En effet, le Royaume d’Elohîm consiste en puissance : « Car le Royaume d’Elohîm n’est pas en parole, mais en puissance. » (1 Corinthiens 4:20)
« Les magiciens voulurent faire de même par leurs enchantements, pour produire des poux, mais ils ne purent pas. Les poux furent tant sur les humains que sur les bêtes. Les magiciens dirent à pharaon : “C’est le doigt d’Elohîm !” Toutefois le cœur de pharaon s’endurcit et il ne les écouta pas, comme YHWH l’avait dit. » (Shemot (Exode) 8:14 à 15)
« Mais si je chasse les démons par le doigt d’Elohîm, alors le Royaume d’Elohîm est venu jusqu’à vous. » (Loukas (Luc) 11:22)
2. Hé
Hé ה est la cinquième lettre de l’alphabet hébraïque. Elle s’articule « hé », peut être muette comme en français et servir à séparer deux sons différents. Elle a été traduite par « voici » dans Bereshit (Genèse), chapitre 47, verset 23, et Yehezkel (Ézéchiel), chapitre 16, verset 43. Il est question du Seigneur Yéhoshoua ha Mashiah qui doit être présenté aux Hommes. En effet, Yohanan le Baptiste[80] a présenté l’Agneau d’Elohîm à ses disciples (Yohanan (Jean) 1:29, 35) et Pilate l’a présenté comme l’homme (Yohanan (Jean) 19:5) et comme le Roi des Juifs (Yohanan (Jean) 19:14). Par conséquent, le message que les assemblées doivent prêcher est « voici l’Époux ». C’est le cri de minuit de Mattithyah[81], chapitre 25, verset 6. C’est Yéhoshoua ha Mashiah seul qui doit être présenté, annoncé et enseigné (1 Corinthiens 2:1 à 2 ; 15:1 à 11 ; 2 Corinthiens 4:5).
La lettre Hé signifie aussi « louange ». Après avoir expérimenté la puissance d’Elohîm (la lettre Youd), on exprime naturellement notre reconnaissance par la louange. Cette même lettre veut aussi dire « souffle » ; après nous avoir formés par sa main, YWHW nous a donné son souffle et après nous avoir transportés dans son royaume par sa puissance, il nous a donné son Esprit afin que nous ayons la vie.
3. Wav
Wav ו est la sixième lettre de l’alphabet hébraïque. Elle peut se prononcer « o », « ou » ou encore « é ». Elle signifie « clou », « crochet » ou « hameçon ». En hébreu, cette lettre sert de conjonction de coordination. Elle représente également tout ce qui réunit les choses entre elles. Le Nom de Yéhoshoua est donc le nom qui rassemble les êtres humains, aussi différents qu’ils puissent être les uns des autres[82]. Notons que Wav est traduit par « crochet » en Shemot (Exode), chapitre 26, aux versets 32 et 37[83]. Le Seigneur disait à Petros[84] qu’il allait faire de lui un pêcheur d’humains (Loukas (Luc) 5:10). Avec le Nom de Yéhoshoua, les pécheurs sanctifiés sont attachés, accrochés à l’Évangile. Avec la lettre Wav, nous sommes liés tels des sarments à la vigne (Yohanan (Jean) 15:1 à 10).
4. Hé
Hé ה est utilisée une deuxième fois afin de rappeler aux Hommes l’importance que le Seigneur accorde à la louange. Le Seigneur disait aux enfants d’Israël : « Je suis YHWH, c’est là mon Nom ; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange aux images taillées. » (Yesha’yah (Esaïe) 42:8)
Le tétragramme YHWH est le nom divin le plus fréquemment employé avec plus de 6 500 occurrences dans le Tanakh. Bien que le sens exact de YHWH soit controversé, on le rattache ordinairement à la racine HWH, devenue HYH ou Hayah (« Je suis » en hébreu). Il s’agit de la racine du nom du Créateur qui a été révélé à Moshé[85] en Shemot (Exode), chapitre 3, verset 14 : « JE SUIS QUI JE SERAI ». Également traduit par « celui qui existe par lui-même », le saint tétragramme peut être directement associé à la notion exprimée en Apokalupsis (Apocalypse), chapitre 1, verset 8 : « Celui qui était, qui est et qui sera ».
Considérant le nom d’Elohîm éminemment saint, et voulant éviter de le prononcer en vain[86], les Juifs ont cessé de prononcer le tétragramme bien avant l’avènement du christianisme. Ils justifiaient cela par leur désir d’obéir au troisième commandement : « Tu ne prendras pas le Nom de YHWH ton Elohîm en vain, car YHWH ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris son Nom en vain » (Shemot (Exode) 20:7). Il s’agissait aussi d’une superstition. Les Israélites remplaçaient alors le tétragramme dans le cadre liturgique par « Elohîm » ou par « Adonaï », et dans le langage courant par « Hachem », qui se traduit par « Le Nom ». En réalité, ce commandement n’interdisait pas la prononciation du Nom d’Elohîm, mais en soulignait le caractère sacré et insistait sur la révérence qui lui est due.
Par la suite, dans le cadre d’un travail de vocalisation et de ponctuation qui a eu lieu du cinquième au dixième siècle, les massorètes ont placé sous les consonnes des quatre lettres YHWH les voyelles du titre Adonaï. Contrairement à ce que beaucoup pensent, leur intention n’était pas de dire que le Nom d’Elohîm est Jehovah, mais tout simplement que le lecteur devait lire le titre Adonaï et non pas le Nom sacré lorsqu’il voyait le tétragramme.
Aussi, plusieurs éléments permettent d’affirmer que le Nom d’Elohîm était connu et se prononçait. Tout d’abord, on peut noter que des individus ont prononcé et invoqué le Nom d’Elohîm tout au long du Tanakh. C’est le cas d’Abraham dans Bereshit (Genèse), chapitre 15, au verset 2, de Yitzhak[87] dans Bereshit[88], chapitre 26, au verset 25, de Yaacov[89] dans Bereshit, chapitre 32, au verset 9, et de Moshé[90] dans la Torah. Les prophètes ont également prononcé le Nom du Seigneur, notamment au travers de la formule « Ainsi parle YHWH », présente dans les nombreux messages d’Elohîm à son peuple.
Par ailleurs, son Nom devait être prononcé lors de divers rituels et dans des versets d’injonction, comme en témoigne le passage suivant : « YHWH parla à Moshé, en disant : Parle à Aaron et à ses fils, et dis-leur : Vous bénirez ainsi les fils d’Israël, en leur disant : Que YHWH te bénisse et te garde ! Que YHWH fasse lever la lumière de ses faces sur toi et te fasse grâce ! Que YHWH tourne ses faces vers toi et te donne la paix ! C’est ainsi qu’ils mettront mon Nom sur les enfants d’Israël et je les bénirai. » (Bamidbar (Nombres) 6:22 à 26). Dans ce passage, Elohîm donna à Aaron et à ses fils l’ordre de bénir les enfants d’Israël en son Nom.
Notons que le tétragramme est absent de la majorité des versions françaises de la Bible. En 1533, porté par la réforme naissante, Pierre Robert Olivétan (1506-1538) entreprit une traduction de la Bible à partir des textes massorétiques pour le Tanakh, et des écrits d’Érasme de Rotterdam pour les Évangiles et le Testament de Yéhoshoua. Dans cette entreprise, le savant choisit de remplacer le tétragramme par « l’Éternel » et le justifia ainsi dans la préface de sa version de 1535 : « Désirant montrer la vraie propriété et signification de ce mot YHWH (…) je l’ai exprimé selon son origine, au plus près qu’il m’a été possible par le mot Éternel. Car YHWH vient de HWH qui veut dire “est”. Or, il n’y a que lui qui soit vraiment et qui fasse être toute chose (…) De le nommer comme les Juifs Adonaï, c’est-à-dire Seigneur, ce n’est pas remplir et satisfaire à la signification et majesté du mot. Car Adonaï en l’Écriture est communicable, étant aux hommes comme à Dieu. Mais YHWH est incommunicable, ne se pouvant approprier et attribuer, sinon qu’à Dieu seul selon son essence. »
Par la suite, beaucoup de versions françaises de la Bible ont suivi les travaux d’Olivétan et ont retranscrit le tétragramme par « l’Éternel » (XVIe siècle)[91]. C’est le cas par exemple des traductions de la Vulgate et de la Septante qui ont remplacé, dans le Tanakh, le tétragramme YHWH par « Seigneur ». Par ailleurs, les textes grecs communément appelés « Nouveau Testament » mentionnent des extraits du Tanakh comportant le Nom « YHWH ». Dans ces passages, les traducteurs ont choisi de traduire le tétragramme par kyrios, qui signifie « Seigneur », ou par theos, qui est traditionnellement traduit par « Dieu ».
II/ LE RETOUR AUX « SOURCES »
Dans sa vocation d’un retour aux sources, la présente traduction — Bible de Yéhoshoua Ha Mashiah — a pris le parti de se rapprocher au plus près des textes originaux tout en rendant le sens accessible aux lecteurs. Les quatre lettres du Nom d’Elohîm ont donc été retranscrites dans leur équivalent en alphabet latin : YHWH. Lorsque des extraits du Tanakh sont cités dans les Évangiles et le Testament de Yéhoshoua, le tétragramme figure sous la forme « Seigneur » ou « Elohîm » conformément aux textes majoritaires grecs[91].
Aux renvois de versets, des commentaires ont été ajoutés dans cette édition (exemple de Loukas (Luc) 4:18 à 19) pour permettre au lecteur d’établir le lien entre les textes et de saisir que de Bereshit à Apokalupsis[92], il n’est question que d’un seul message, un seul Elohîm, un seul Sauveur.
« Déclarez-le, et faites-les approcher ! Qu’ils prennent conseil ensemble ! Qui a fait entendre ces choses dès l’origine, et les a déclarées dès longtemps ? N’est-ce pas moi, YHWH ? Et il n’y a pas d’autre Elohîm à part moi. Le El-Tsaddiq et Sauveur, il n’y en a pas d’autre à part moi. Vous tous, aux extrémités de la Terre, regardez vers moi et soyez sauvés ! Car je suis Elohîm, et il n’y en a pas d’autre. » (Yesha’yah 45:21 à 22)
Il est intéressant de constater que plusieurs noms propres contiennent le tétragramme YHWH ou sa forme contractée YAH ou YEH. Certainement parce que les caractéristiques d’Elohîm se révèlent à la lecture de ces noms hébreux. À titre d’exemples :
- Jean, de l’hébreu « Yohanan », signifie « YHWH a fait grâce » ;
- Élie → Eliyah, « mon El est YAH » ;
- Jérémie → Yirmeyah, « celui que YAH a désigné ».
- Voici une liste, non exhaustive, des beaux noms hébreux qui furent colonisés ou hellénisés :
| Noms hébreux à l’origine | Signification | Modification |
|---|---|---|
| Nehemyah | Yah a consolé | Néhémie |
| Obadyah | Adorateur, serviteur de Yah | Abdias |
| Tsephanyah | Yah a caché ou protégé | Sophonie |
| Yesha’yah | Yah a sauvé | Esaïe |
| Yirmeyah | Celui que Yah a désigné | Jérémie |
| Yonah | Colombe | Jonas |
| Zekaryah | Yah se souvient | Zacharie |
| Channah | La grâce | Anne |
| Chavvah | Vie, vivant | Ève |
| El’azar | YHWH El a aidé | remplacé par Éléazar, le fils du prêtre Aaron, et Lazare |
| Eliysheba | Eli qui signifie mon El | Élisabeth |
| Hoshea | Yah salut ou sauve | Osée |
| Shaoul | Désiré, demandé à YHWH | Saül |
| Shemouél | Entendu, exaucé de El | Samuel |
| Stephanos | Couronné | nom d’origine grecque, remplacé par Étienne |
| Noms hébreux à l’origine | Signification | Modification |
|---|---|---|
| Yaacov | prononcé talon, traduit par El a soutenu | remplacé par Jacob dans le Tanakh, ensuite par Jacques dans les Évangiles et le Testament de Yéhoshoua |
| Yéhouda | YHWH est loué | Juda et Jude |
| Yoël | YHWH est mon El | Joël |
| Yossef | YHWH ajoutera | Joseph |
De ce fait, vous remarquerez dans la nouvelle traduction de la Bible le retour auxdits noms et l’abandon partiel de la traduction française (celle-ci étant, dans la mesure du possible, indiquée entre parenthèses et disponible dans le glossaire pour une meilleure compréhension).
Presque tous les sons hébreux comme « Yah » ou « Yeh » furent changés et substitués par le son « ie ». Or, nous savons que d’une langue à une autre un nom propre ne se traduit pas, sachant qu’un nom peut non seulement avoir une signification, mais aussi renseigner sur l’origine géographique de la personne qui le porte. Par exemple, Kuetukidi est un nom congolais d’origine du Bas-Congo, qui signifie « d’où viens-tu ? ». Yéhoshoua en hébreu ne peut donc pas devenir Jésus en français mais doit demeurer Yéhoshoua.
Ainsi, le fait de laisser le nom hébreu El’Azar (fils d’Aaron) dans le Tanakh mais de le remplacer par Lazare dans les Évangiles (Yohanan (Jean) 11) n’a pas de sens. Pire encore, cela efface toute corrélation entre les différents livres. À ce propos, la colonisation et l’occidentalisation des noms bibliques ont eu et continuent d’avoir pour conséquence d’induire en erreur beaucoup de personnes. En procédant à toutes ces modifications, entre la première et la seconde alliance, il y a une véritable rupture qui entraîne une séparation d’avec la foi juive, des racines hébraïques et de l’histoire d’Israël. Cette discontinuité s’explique également par l’antisémitisme de certains traducteurs.
La restauration des noms hébreux rétablit alors le lien entre les personnages du Tanakh et ceux des Évangiles et du Testament de Yéhoshoua.
Notes
- Actes 2:7 ↩
- Moïse ↩
- Voir Bamidbar (Nombres) 13:16 et Ezra (Esdras) 2:2 ↩
- Matthieu ↩
- Paul ↩
- Moïse ↩
- Exode ↩
- Jean-Baptiste ↩
- Matthieu ↩
- Mattithyah (Matthieu) 18:18 à 20 ; Galates 3:28 ↩
- Shemot (Exode) 27:10 à 17 ; 36:36 à 38 ; 38:10 à 19 et 38 ↩
- Pierre ↩
- Moïse ↩
- Shemot (Exode) 3:14 ; Vayiqra (Lévitique) 24:16 ↩
- Isaac ↩
- Genèse ↩
- Jacob ↩
- Moïse ↩
- Pour approfondir, voir Devarim (Deutéronome) 8:3, Mattithyah (Matthieu) 4:4 et Loukas (Luc) 4:4 ; Yesha’yah (Esaïe) 61:1 et Loukas (Luc) 4:18 ; Yoel (Joël) 2:32 et Romains 10:13. ↩
- Genèse à Apocalypse ↩
Source de l’extrait
Cet extrait est tiré de l’ouvrage :
Shora Kuetu
La Bible de Yéhoshoua ha Mashiah — Pourquoi cette traduction ?
ANJC Productions
Le livre complet est disponible gratuitement sur le lien suivant : https://www.tv2vie.org/fr/books/la-bible-de-yehoshoua-ha-mashiah-bym-pourquoi-cette-traduction
