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Tadmor

TADMOR

une ville bâtie par Salomon, 1 Rois ix, 18, appelée plus tard Palmyre ; située dans un désert de Syrie, aux frontières de l'Arabie Déserte, inclinant vers l'Euphrate. Josèphe la place à deux jours de marche de l'Euphrate et à six jours de Babylone. Il dit qu'il n'y a d'eau nulle part ailleurs dans le désert que dans ce lieu. À l'époque actuelle on voit de vastes ruines de cette cité. Il n'y avait rien de plus magnifique dans tout l'Orient. On y trouve encore un grand nombre d'inscriptions, la plupart grecques, les autres en caractère palmyrénien. Rien concernant les Juifs n'apparaît dans les inscriptions grecques ; et les inscriptions palmyréniennes sont entièrement inconnues, ainsi que la langue et le caractère de ce pays. La ville de Tadmor conserva ce nom jusqu'au temps de la conquête d'Alexandre le Grand : alors elle reçut le nom de Palmyre, qu'elle conserva pendant plusieurs âges. Vers le milieu du troisième siècle elle devint célèbre parce qu'Odenatus et Zénobie, sa reine, y firent le siège de leur empire. Lorsque les Sarrasins prirent possession de l'Orient, ils lui rendirent de nouveau son ancien nom de Tadmor, qu'elle a conservé depuis. Elle est entourée de déserts sablonneux de tous côtés. On ne sait pas quand ni par qui elle fut réduite à l'état de ruine où on la trouve aujourd'hui. On pourrait dire qu'elle se compose à présent d'une forêt de colonnes corinthiennes, dressées et renversées. Si nombreuses sont ces colonnes, se comptant par milliers, que le spectateur est dans l'impuissance de les recoller ou d'en faire un ordre ou une symétrie, ou de concevoir à quoi elles pouvaient servir. «Dans l'espace couvert par ces ruines,» dit Volney, «on trouve parfois un palais dont il ne reste que la cour et les murs ; quelquefois un temple dont le péristyle est à moitié renversé ; et maintenant un portique, une galerie, ou un arc de triomphe. Ici se dressent des groupes de colonnes dont la symétrie est détruite par la chute de plusieurs d'entre elles ; là on les voit rangées en files d'une telle longueur qu'à la manière de rangées d'arbres elles trompent la vue et prennent l'apparence de murs continus. Si, de cette scène frappante, on porte les yeux sur le sol, une autre scène presque aussi variée se présente. De tous côtés l'on ne voit que des fûts renversés, quelques‑uns entiers, d'autres brisés en morceaux ou déplacés à leurs joints ; et partout la terre est jonchée d'énormes pierres à demi enterrées, de frises brisées, de reliefs mutilés, de sculptures effacées, de tombes violées et d'autels couverts de poussière.»

Il est probable, dit Mansford, que, bien que Tadmor soit dite avoir été bâtie par Salomon, ou, en d'autres termes, érigée en ville par lui, elle fut auparavant une station d'abreuvement entre la Syrie et la Mésopotamie ; ayant peut‑être des accommodements propres au mode de voyage de ces temps, comme on lit qu'on y trouvait des palmiers, arbres qui ne se rencontrent pas par hasard dans ces régions désertiques. La simple circonstance de la présence d'eau salubre en un point quelconque d'un tel pays suffisait pour lui donner de l'importance et attirer vers lui les voies de communication, à quelque fin que ce fût. Tel fut probablement l'état de Tadmor longtemps avant qu'elle reçût son nom et ses honneurs de Salomon. Mais, après tout, quel motif aurait pu pousser un roi paisible comme Salomon à entreprendre une oeuvre si lointaine, difficile et dangereuse ? Il n'y a qu'un motif qui convienne à son caractère ou à l'histoire des temps : l'entreprise commerciale. Salomon s'efforça grandement de se rendre maître des ports d'Élah et d'Ézion‑Guéber sur la mer Rouge, et d'établir une marine pour son commerce des Indes, ou le commerce d'Ophir, — en tous âges la grande source de richesse. Les richesses de l'Inde, ainsi introduites en Juda, se répandirent de là sur ces pays du nord et de l'ouest alors habités ou connus ; tandis que ce même pays, Juda, devint, pour quelque temps, à la façon de Tyr, le point de retour et d'échange de l'argent et des marchandises de ces pays, le centre de communication entre l'Orient et l'Occident.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.