Définition dans Watson
Sang
BLOOD
Outre son sens propre, le fluide des veines de l’homme et des animaux, le terme dans les Écritures est employé: 1. Pour la vie. «Elohîm demandera le sang d’un homme,» il punira le meurtre de quelque manière qu’il soit commis. «Que son sang retombe sur nous,» que la culpabilité de sa mort soit imputée à nous. «La voix du sang de ton frère crie,» le meurtre commis sur lui réclame vengeance. «L’avenger of blood;» celui qui doit venger la mort d’un parent, Num. xxxv, 24, 27. 2. Sang signifie parenté, ou consanguinité. 3. Chair et sang sont mis en opposition à une nature supérieure: «La chair et le sang ne t’ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux,» Matt. xvi, 17. 4. Ils sont aussi opposés au corps glorifié: «La chair et le sang n’hériteront point le royaume de Elohîm,» 1 Cor. xv, 50. 5. Ils sont encore opposés aux esprits mauvais: «Nous ne luttons point contre la chair et le sang,» contre des ennemis visibles composés de chair et de sang, «mais contre les principautés et les puissances,» &c., Eph. vi, 12. 6. Le vin est appelé le sang pur de la grappe: «Juda lavera ses vêtements dans le sang de la grappe,» Gen. xlix, 11; Deut. xxxii, 14. 7. Les prêtres furent établis par Elohîm pour juger entre sang et sang; c’est‑à‑dire, en matières criminelles, et quand la vie d’un homme est en jeu;—pour déterminer si un meurtre est accidentel ou volontaire; si un crime mérite la mort ou admet le pardon, &c. 8. Dans son sens le plus élevé, le sang est employé pour la mort sacrificielle du Mashiah; dont le sang ou la mort est le prix de notre salut. Son sang a «achetée l’Église,» Actes xx, 28. «Nous sommes justifiés par son sang,» Rom. v, 9. «Nous avons la rédemption par son sang,» Eph. i, 7, &c. Voir EXPIATION.
Cette interdiction singulière et emphatique du sang pour nourriture dès les temps les plus anciens, que l’on trouve dans les Saintes Écritures, mérite une attention particulière. Elohîm expressément interdit de manger le sang seul, ou le sang mêlé à la chair d’animaux, comme quand une créature est étouffée ou étranglée, ou tue sans qu’on en fasse couler le sang du cadavre. Car quand la permission de la nourriture animale fut donnée à Noé, dans ces paroles générales: «Comme l’herbe verte, je vous ai donné toutes choses,» il fut ajouté: «mais la chair avec la vie, c.-à‑d. son sang, vous ne mangerez point,» Gen. ix, 4. Et quand la loi fut donnée aux enfants d’Israël, l’interdiction contre la consommation du sang est encore plus explicitement renforcée, tant pour les Juifs que pour les étrangers qui séjournent parmi eux, dans ces mots: «Quel homme que ce soit de la maison d’Israël, ou de l’étranger qui séjourne au milieu de vous, qui mangera quelque sang que ce soit, j’orienterai même ma face contre l’âme qui mangera du sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple: car la vie de la chair est dans le sang; et je l’ai donné à vous sur l’autel pour faire l’expiation pour vos âmes: car c’est le sang qui fait l’expiation pour l’âme,» Lev. xvii, 10, 11. Et pour ôter toute possibilité d’erreur sur ce point particulier, il est ajouté: «C’est pourquoi je dis aux enfants d’Israël: Nulle âme parmi vous ne mangera de sang, et aucun étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera de sang; et quel homme que ce soit des enfants d’Israël, ou des étrangers qui séjournent au milieu de vous, qui chassera et prendra quelque bête ou oiseau qui soit à manger; il versera même le sang de celle‑ci et le couvrira de poussière, car c’est la vie de toute chair; le sang d’elle est pour la vie d’elle; c’est pourquoi je dis aux enfants d’Israël: Vous ne mangerez aucun sang de nulle chair: quiconque en mangera sera retranché,» vv. 12–14. Cette restriction, si expressément énoncée, fut aussi, sous la nouvelle alliance, imposée aux Gentils croyants comme «un fardeau» qu’«il parut nécessaire au Saint‑Esprit de leur imposer,» Actes xv, 28, 29. Pour cette prohibition aucune raison purement morale ne paraît susceptible d’être offerte; et il ne paraît pas clairement que le sang soit un aliment malsain, ce que quelques‑uns supposent être la raison physique de son interdiction; et si, en fait, le sang est délictueux comme nourriture, il n’y a pas plus de motif pour que cela fût indiqué par la révélation spéciale à l’homme, pour le préserver d’un dommage, que pour bien d’autres aliments malsains. Il y a peu de force dans la remarque que la consommation du sang entraîne une disposition féroce; car les nations qui mangent des choses étouffées, ou du sang cuit avec d’autres aliments, n’exhibent pas plus de férocité que d’autres. La véritable raison fut, sans doute, sacrificielle. Lorsque les animaux furent donnés à Noé pour nourriture, le sang fut réservé; et lorsque la même loi fut réénoncée parmi les Israélites, l’interdiction originelle est répétée avec une explication qui montre d’emblée le fondement sur lequel reposait l’interdit: «Je l’ai donné sur l’autel pour faire l’expiation pour vos âmes.» De cette «raison additionnelle», comme on l’a appelée, on a conclu que la doctrine du pouvoir expiatoire du sang était nouvelle, et fut alors pour la première fois annoncée par Moïse, ou que la même cause de l’interdiction eut été assignée à Noé. À cela l’on peut répondre, 1. Qu’à moins de supposer la même raison comme fondement de l’interdiction faite à Noé, telle qu’elle est donnée par Moïse aux Juifs, aucune raison du tout ne peut être conçue pour que cette restriction fût imposée à l’appétit de l’humanité depuis Noé jusqu’à Moïse; et pourtant nous avons une prohibition d’un caractère fort solennel, qui en soi n’aurait aucune raison concevable, prescrite sans qu’aucune raison extérieure soit donnée ou concevable. 2. Qu’il est erreur de supposer que la déclaration de Moïse aux Juifs, que Elohîm «lui avait donné sur l’autel pour faire l’expiation», soit une «raison additionnelle» de l’interdit non trouvée dans l’interdiction originelle à Noé. Tout le passage se rencontre en Lev. xvii; et la grande raison donnée là de l’interdiction du sang est qu’il est «la vie»; et ce qui suit relativement à «l’expiation» est exégétique de cette raison:—la vie est dans le sang, et le sang ou la vie est donnée pour l’expiation. Or, en retournant à l’interdiction originelle dans la Genèse, nous trouvons que précisément la même raison est donnée: «Mais la chair avec le sang, c.-à‑d. la vie d’elle, vous ne mangerez point.» La raison donc étant la même, la question est de savoir si l’exégèse ajoutée par Moïse ne doit pas nécessairement être entendue dans la raison générale donnée pour la restriction à Noé. Le sang est prohibé parce qu’il est la vie; et Moïse ajoute que c’est «le sang», ou la vie, «qui fait l’expiation.» Qu’on essaie de découvrir quelque raison pour l’interdiction du sang à Noé, dans la simple circonstance qu’il est «la vie», et il sera impossible d’en trouver. Ce n’est aucune raison, ni morale ni instituée, si ce n’est que, comme la VIE SUBSTITUÉE À LA VIE, la vie de l’animal en sacrifice pour la vie de l’homme, le sang avait une destination sacrée. La manière dont Moïse introduit aussi le sujet indique que, bien qu’il renouvelât une prohibition, il n’annonçait point une doctrine nouvelle; il n’enseigne pas son peuple que Elohîm avait alors donné ou assigné le sang pour expiation; mais il leur interdit d’en manger, parce qu’il l’avait déjà ainsi assigné, sans référence au temps, et comme chose dont ils étaient familiers. Parce que le sang était la vie, il était aspergé et répandu à l’autel: et nous avons, dans le sacrifice de l’agneau pascal et l’aspersion de son sang, une preuve suffisante que, avant la loi, non seulement le sang n’était point mangé, mais qu’il était approprié à un usage sacrificiel sacré. Et cela ne se borna point aux Juifs; c’était l’usage des Romains et des Grecs, qui, de même, répandaient et aspergeaient le sang des victimes à leurs autels; un rite dérivé, probablement, des Égyptiens, qui le tenaient non de Moïse, mais des fils de Noé. L’idée, en effet, que le sang des victimes était particulièrement sacré pour les dieux est imprimée sur toute la mythologie païenne ancienne.
