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Salomon

SOLOMON, or SALOMON

fils de David et de Bath‑séba, naquit A. M. 2971. Le Seigneur l’aima, et envoya Nathan à David pour donner à Salomon le nom de Jedidiah, c.-à-d. «bien‑aimé du Seigneur», 2 Sam. xii, 24, 25. Cela fut probablement lorsque Nathan assura à David que son fils lui succéderait, et qu’il hériterait des promesses qui lui avaient été faites quelques années auparavant, lorsqu’il avait conçu le dessein d’édifier un temple au Seigneur; car alors Elohîm déclara, par le prophète Nathan, que l’honneur d’édifier un temple serait réservé à son fils, 2 Sam. vii, 5, &c. Salomon, confirmé dans son royaume, contracta alliance avec Pharaon, roi d’Égypte, et épousa sa fille, A. M. 2291. Il l’amena à Jérusalem, et lui fit des appartements dans la cité de David, jusqu’à ce qu’il eût bâti un palais pour elle, ce qu’il fit quelques années après, quand il eut achevé le temple. On pense que, à l’occasion de ce mariage, Salomon composa les Cantique des Cantiques, qui sont une sorte d’épithalame. Les Écritures parlent de la fille de Pharaon comme ayant contribué à pervertir Salomon, 1 Rois xi, 1, 2; Néh. xiii, 26; et il est fort probable que si d’abord cette princesse avait paru convertir au Seigneur, elle put néanmoins garder en privé sa disposition pour l’idolâtrie, et entraîner son mari dans celle‑ci.

Salomon, accompagné de ses troupes et de tout Israël, monta à Gabaon, où se trouvait alors l’autel de bronze, sur lequel il offrit mille holocaustes. La nuit suivante Elohîm lui apparut dans un songe, et dit : «Demande ce que tu veux.» Salomon pria Elohîm pour un cœur sage et intelligent, et pour de telles qualités que requérait le gouvernement du peuple qui lui était confié. Cette demande plut au Seigneur, et elle lui fut accordée pleinement. Salomon retourna à Jérusalem, où il offrit un grand nombre de sacrifices sur l’autel devant l’arche du Seigneur, et fit un grand festin pour ses serviteurs. Il jouit d’une paix profonde dans tous ses domaines; Juda et Israël vécurent en sécurité; et ses voisins lui payaient tribut ou étaient ses alliés; il régna sur tous les pays et les royaumes, depuis l’Euphrate jusqu’au Nil, et ses domaines s’étendirent même au‑delà; il eut abondance de chevaux et de chars de guerre; il surpassa les Orientaux et tous les Égyptiens en sagesse et prudence; il fut le plus sage des hommes, et sa réputation se répandit parmi toutes les nations. Il composa ou recueillit trois mille proverbes, et mille cinq cents chants. Il connut la nature des plantes et des arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope du mur; ainsi que celle des bêtes, des oiseaux, des reptiles, des poissons. Une foule d’étrangers de tous pays vinrent entendre sa sagesse, et des ambassadeurs des princes les plus éloignés lui furent envoyés.

Quand Hiram, roi de Tyr, sut que Salomon avait été fait roi d’Israël, il envoya des ambassadeurs pour le féliciter de son accession à la couronne. Quelque temps après, Salomon lui demanda de fournir du bois et des ouvriers pour l’aider à bâtir un temple au Seigneur. Hiram accepta avec empressement ce service, et Salomon s’obligea, de son côté, à donner vingt mille mesures de blé et vingt mille mesures d’huile. L’hébreu et la Vulgate ont seulement vingt mesures d’huile; mais la lecture devrait sans doute être vingt mille. Salomon commença à bâtir le temple dans la quatrième année de son règne, et la deuxième après la mort de David; quatre cent quatre‑vingts ans après l’exode d’Égypte. Il employa à cette grande œuvre soixante‑dix mille prosélytes, descendants des anciens Cananéens, au port des fardeaux, quatre‑vingt mille à tailler les pierres dans les carrières, et trois mille six cents surveillants des travaux; outre trente mille Israélites dans les carrières du Liban.

Le temple fut achevé dans la onzième année de Salomon, de sorte qu’il ne mit que sept années pour exécuter cette vaste œuvre. La dédicace eut lieu l’année suivante, A. M. 3001. Pour rendre cette cérémonie plus auguste, Salomon la choisit pour le huitième jour du septième mois de l’année sainte, qui était le premier de l’année civile, et correspondait à notre mois d’octobre. La cérémonie de la dédicace dura sept jours, à la fin desquels commença la fête des tabernacles, qui continua sept jours de plus; de sorte que le peuple demeura à Jérusalem quatorze ou quinze jours, du huitième au vingt‑deuxième du septième mois. Quand l’arche fut placée dans le sanctuaire, tandis que les prêtres et les Lévites célébraient les louanges du Seigneur, le temple fut rempli d’un nuage miraculeux, de sorte que les prêtres ne purent plus tenir debout pour exercer les fonctions de leur ministère. Alors Salomon, étant sur son trône, se prosterna le visage contre terre; puis se levant et se tournant vers le sanctuaire, il s’adressa en prière à Elohîm, le suppliant que la maison qu’il avait bâtie fût agréable à lui, qu’il la bénît et la sanctifiât, et qu’il entendît les prières de ceux qui s’adresseraient à lui depuis ce lieu saint. Il le supplia aussi d’accomplir les promesses faites à David son serviteur en faveur de sa famille et des rois ses successeurs. Puis, se tournant vers le peuple, il le bénit solennellement. Du feu descendant du ciel consuma les victimes et les holocaustes sur l’autel, et la gloire du Seigneur remplit tout le temple. Ce jour‑là le roi fit immoler vingt‑deux mille bœufs et cent vingt mille brebis pour des holocaustes de paix. Et parce que l’autel des holocaustes ne pouvait suffire pour toutes ces victimes, le roi consacra la cour du peuple.

Salomon bâtit ensuite un palais pour lui-même, et un autre pour sa reine, la fille du roi d’Égypte. Il mit treize ans à achever ces édifices, et y employa tout ce que l’art le plus exquis ou les richesses les plus somptuaires purent fournir. Le palais où il résidait ordinairement s’appelait la maison de la forêt du Liban; probablement à cause de la grande quantité de cèdre qu’on y employa. Salomon bâtit aussi les murailles de Jérusalem, et l’endroit appelé Milo dans cette ville; il répara et fortifia Hazor, Megiddo, Guézer, les deux Beth‑Horon, Haute et Basse, Baalath et Palmyre dans le désert de Syrie. Il fortifia aussi les villes où il avait des magasins de blé, de vin et d’huile; et celles où il conservait ses chevaux et ses chars. Il soumit à sa domination les Hittites, les Hivites, les Amorites et les Pérrizites qui demeuraient dans le pays d’Israël. Il en fit des tributaires et les contraignit à travailler aux travaux publics. Il arma une flotte à Ezion‑Géber et à Elath, sur la mer Rouge, pour aller à Ophir. Hiram, roi de Tyr, le fournissait de marins qui instruisirent les sujets de Salomon. Ils accomplirent ce voyage en trois ans, et rapportèrent de l’or, l’ivoire, l’ébène, des bois précieux, des paons, des singes et d’autres curiosités. Dans un voyage ils rapportèrent à Salomon quatre cent cinquante talents d’or, 2 Chron. ix, 21. À peu près à la même époque la reine de Saba vint à Jérusalem, attirée par la grande renommée du roi. Elle apporta de riches présents d’or, d’épices et de pierres précieuses; et proposa plusieurs énigmes et questions difficiles, auxquelles Salomon donna des réponses si satisfaisantes qu’elle avoua que ce qu’on lui avait dit de sa sagesse et de sa magnificence était bien en‑dessous de ce qu’elle avait constaté. Le roi, de son côté, lui fit de riches présents en retour.

Salomon fut un des plus riches, sinon le plus riche, de tous les princes qui aient vécu; et les Écritures déclarent expressément qu’il surpassa en richesses et en sagesse tous les rois de la terre. Ses revenus annuels furent six cent soixante‑six talents d’or, sans compter les tributs des rois et des nations, ni ceux payés par les Israélites, ni les sommes reçues pour les douanes. Les boucliers de ses gardes et le trône sur lequel il siégeait étaient revêtus d’or. Tous les vases de son service et les ustensiles de ses palais étaient d’or. Il reçut de toutes parts des présents, vases d’or et d’argent, étoffes précieuses, épices, armes, chevaux et mulets; et toute la terre désirait voir sa face et entendre la sagesse qu’Elohîm avait mise dans son cœur. Mais les dernières actions de sa vie déshonorèrent son caractère. Outre la fille de Pharaon, il prit des femmes parmi les Moabites, les Ammonites, les Édomites, les Sidoniens et les Hittites. Il eut sept cents femmes, qui furent autant de reines, outre trois cents concubines. Ces femmes pervertirent son cœur dans son âge déclinant, si bien qu’il adora Astarté, déesse des Sidoniens, Moloch, idole des Ammonites, et Chemosh, dieu des Moabites. Pour ces divinités il éleva des temples sur le mont des Oliviers, vis‑à‑vis et à l’est de Jérusalem, et ainsi offença ouvertement la Majesté qu’il avait adorée.

Salomon mourut après avoir régné quarante ans, A. M. 3029. Il pouvait avoir environ cinquante‑huit ans d’âge; car il avait environ dix‑huit ans quand il commença à régner. Josèphe lui attribue un règne de quatre‑vingts ans et une vie de quatre‑vingt‑quatorze ans; mais cela est manifestement erroné. L’histoire de ce prince fut écrite par les prophètes Nathan, Ahija et Iddo. Il fut enterré dans la cité de David; et Roboam, son fils, lui succéda sur le trône. Des ouvrages ingénieux composés par Salomon il ne nous reste rien que ses Proverbes, l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques; c’est‑à‑dire que tout monument littéraire le concernant a péri, excepté ceux écrits sous inspiration—l’histoire inspirée qui enregistre son apostasie, et ses propres œuvres inspirées, lesquelles, par tous les principes qu’elles contiennent, condamnent ses vices. Quelques‑uns lui ont attribué le livre de la Sagesse et l’Ecclésiastique; mais ceux‑ci furent écrits par des Juifs hellénistiques.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.