Définition dans Watson
Petros
STONE
Ce mot est quelquefois pris au sens de rocher, et s’applique figurativement à Elohîm comme le refuge de son peuple. Voir _Rock_. Les Hébreux donnaient le nom de «pierres» aux poids usités dans le commerce; sans doute parce qu’ils étaient primitivement faits de pierre. «Justes poids», est donc en hébreu «justes pierres». «La pierre angulaire», ou «la pierre faîtière», est une image figurée de Mashiah. C’est la pierre à l’angle d’un bâtiment, soit à la fondation, soit au sommet du mur. Mashiah (Christ) fut cette pierre angulaire qui, quoique rejetée par les Juifs, devint la pierre d’angle de l’Église, et la pierre qui lie et unit la synagogue et les Gentils dans l’unité de la même foi. Quelques‑uns ont pensé que les pluies de pierres jetées par le Seigneur du haut des cieux, mentionnées plusieurs fois dans l’Ancien Testament, sont des averses de grêle d’une taille extraordinaire; ce qui fut probablement le cas, car elles ont encore parfois lieu dans ces pays dans une forme très terrible et destructive, et montrent à quel point cet agent météorologique est irrésistible entre les mains d’un Dieu offensé. Les couteaux de pierre que les Juifs employèrent pour la circoncision n’étaient point prescrits par la loi; mais leur usage reposait soit sur la coutume, soit sur l’expérience qu’on les jugeait moins dangereux que les instruments de métal. Zippora se servit d’une pierre pour circoncire ses fils, Exode iv, 25. Josué fit de même, Josué v, 2, lorsqu’il fit circoncire ceux des Israélites qui n’avaient point reçu la circoncision au cours de leur voyage dans le désert. Les Égyptiens, d’après Hérodote, se servaient de couteaux de pierre pour ouvrir les cadavres qui devaient être embaumés; et Pline assure que les prêtres de la Mère des dieux avaient des pierres aiguisées avec lesquelles ils se taillaient et se lacéraient, ce qu’ils croyaient ne pouvoir faire avec rien d’autre sans danger. De grands tas de pierres, élevés pour être un témoin d’un événement mémorable et pour conserver le souvenir d’un fait d’importance, comptent parmi les monuments les plus anciens. Dans ces âges antérieurs, avant l’usage de l’écriture, ces monuments tenaient lieu d’inscriptions, pyramides, médailles ou histoires. Jacob et Laban élevèrent un tel monument sur le mont Galaad en mémoire de leur alliance, Genèse xxxi, 46. Josué en érigea un à Gilgal, composé de pierres tirées du Jourdain, pour conserver le souvenir de son passage miraculeux de ce fleuve, Josué iv, 5–7. Les Israélites établis au‑delà du Jourdain élevèrent aussi un monceau de pierres sur les bords du fleuve, en témoignage qu’ils formaient une seule nation avec leurs frères d’en face, Josué xxii, 10. Parfois on amassait un tel dépôt de pierres sur le lieu d’inhumation d’une personne odieuse, comme ce fut le cas d’Achan et d’Absalon, Josué vii, 26; 2 Rois xviii, 17.
Un «cœur de pierre» peut être compris de plusieurs façons. Job, xli, 24, parlant du léviathan, dit que «son cœur est aussi ferme qu’une pierre, oui dur comme une portion du meule inférieure» : c’est‑à‑dire qu’il possède une force, une audace et un courage fort extraordinaires. Il est dit, 1 Sam. xxv, 37, que le cœur de Nabal mourut en lui, et qu’il devint comme une pierre, quand on lui annonça le danger qu’il avait encouru par sa imprudence; son cœur se contracta ou convulsa, et ce fut la cause de sa mort. Ézéchiel, xxxvi, 26, déclare que le Seigneur ôtera de son peuple leur cœur de pierre, et leur donnera un cœur de chair; c.-à‑d. qu’il les rendra contrits et sensibles aux choses spirituelles. «Je lui donnerai une pierre blanche», Apocalypse ii, 17; c.-à‑d. je lui donnerai plein et public pardon et absolution. Il est parlé en allusion à une ancienne coutume de remettre une pierre blanche à ceux qu’on acquittait dans le jugement. On donnait aussi une pierre blanche à ceux qui triomphaient aux jeux grecs.
