Définition dans Watson

Parabole

PARABLE

ϖαραβολή, formé de ϖαραβάλλειν, «comparer» ou «opposer», une instruction allégorique, fondée sur quelque chose de réel ou d’apparent dans la nature ou l’histoire, d’où l’on tire une morale en la comparant avec quelque autre chose qui concerne plus immédiatement le peuple. (Voir Allégorie.) Aristote définit la parable comme une similitude tirée de forme à forme. Cicéron l’appelle une collation; d’autres, un simile. F. de Colonia l’appelle fable rationnelle; mais elle peut être fondée sur des faits réels, comme le sont plusieurs paraboles de notre Seigneur. Les Hébreux l’appellent משל, d’un mot qui signifie soit «prévaloir» soit «assimiler»; les Proverbes de Salomon sont par eux aussi nommés משלים, paraboles ou proverbes.

La parabole, selon l’éminemment savant évêque Lowth, est cette espèce d’allégorie qui consiste en la narration continue d’un événement fictif ou accommodé, appliqué à l’illustration d’une vérité importante. Les Grecs appellent ces αἶνοι, allégories, ou apologues; les Latins, _fabulæ_, ou fables; et les écrits du sage phrygien, ou ceux composés à son imitation, ont acquis la plus grande célébrité. Notre Seigneur lui-même n’a point dédaigné d’adopter cette méthode d’instruction; de ses paraboles il est douteux si elles excellent le plus en sagesse et utilité, ou en douceur, élégance et perspicacité. Comme l’appellation de parabole a été appliquée à ses discours de ce genre, le terme est aujourd’hui restreint par rapport à son ancienne signification plus étendue. Mais cette espèce de composition apparaît fort fréquemment dans la poésie prophétique, et particulièrement dans celle d’Ézéchiel. Si elles nous paraissent quelquefois obscures, il faut se rappeler que, à ces premiers temps où les écrits prophétiques furent dictés, il était d’usage universel dans toutes les nations orientales de véhiculer les vérités sacrées sous des figures et représentations mystérieuses. Pour nous former un jugement plus certain sur ce sujet, le Dr Lowth a expliqué brièvement quelques-unes des qualités primaires des paraboles poétiques; de sorte qu’en considérant leur nature générale nous pouvons décider plus exactement des mérites d’exemples particuliers.

La première excellence d’une parabole est de reposer sur une image bien connue et applicable au sujet, dont le sens soit clair et défini; car cette circonstance lui donnera de la perspicuité, essentielle à toute espèce d’allégorie. Si l’on examine les paraboles des prophètes sacrés selon cette règle, on ne les trouvera pas déficientes. Elles sont en général fondées sur des images fréquemment usitées et employées analogiquement par voie de métaphore et comparaison dans la poésie hébraïque. Des exemples de ce genre se rencontrent dans la parabole de la vigne trompeuse, Ésaïe v, 1–7, et de la vigne inutile, Ézéchiel xv; xix, 10–14; sous cette image le peuple ingrat de Dieu est plus d’une fois décrit; Ézéchiel xix, 1–9; xxxi; xvi; xxiii. De plus, l’image doit non seulement être apte et familière, mais encore élégante et belle en elle-même; puisque le dessein d’une parabole poétique n’est pas seulement d’expliquer plus parfaitement une proposition, mais souvent de lui donner animation et splendeur. Comme l’imagerie tirée des objets naturels domine à cet égard toutes les autres, les paraboles des poètes sacrés consistent principalement en ce genre d’imagerie. Il est aussi essentiel à l’élégance d’une parabole que l’imagerie soit non seulement apte et belle, mais que toutes ses parties et appendices soient perspicus et pertinents. De toutes ces qualités, il n’existe pas d’exemples plus parfaits que les paraboles précédemment indiquées; auxquelles on peut ajouter la bien connue parabole de Nathan, 2 Samuel xii, 1–4, quoique écrite en prose, ainsi que celle de Jotham, Juges ix, 7–15, qui paraît être la plus ancienne existante et s’approche davantage de la forme poétique. C’est aussi un critère d’une parabole qu’elle soit consistante tout le long, et que le sens littéral ne soit jamais confondu avec le sens figuré; et à cet égard elle diffère matériellement de cette espèce d’allégorie appelée la métaphore continue, Ésaïe v, 1–7. Il faut considérer que la métaphore continue et la parabole ont des vues fort différentes. Le seul dessein de la première est d’embellir un sujet, de le représenter plus magnifiquement, ou tout au plus de l’illustrer; en décrivant ainsi plus en élevation, elle frappe plus vivement l’esprit; mais l’intention de la seconde est de retirer la vérité un instant de notre vue, afin d’en cacher ce qu’elle peut contenir d’ingrat ou de réprobateur, et de lui permettre de s’insinuer subrepticement et d’obtenir comme une ascendance à la dérobée. Il existe cependant une espèce de parabole dont l’intention est seulement d’illustrer le sujet; telle est la remarquable parabole du cèdre du Liban, Ézéchiel xxxi; à laquelle, si l’on considère l’imagerie elle-même, aucune n’était plus apte ni plus belle; ni la description et le coloris, aucune n’était plus élégante ni plus brillante; dans laquelle le poète a cependant quelquefois permis de mêler la description figurée à la littérale, vv. 11, 14–17; qu’il l’ait fait parce que la nature particulière de ce genre de parabole l’exigeait, ou parce que sa propre imagination ardente, qui méprisait les règles plus strictes de la composition, fut son guide, notre auteur savant ne peut guère prétendre décider.

Dans le Nouveau Testament le mot parabole est employé diversement: en Luc iv, 23, pour un proverbe ou adage; en Matthieu xv, 15, pour une chose exprimée obscurément et figurativement; en Héb. ix, 9, etc., pour un type; en Luc xiv, 7, etc., pour une instruction particulière; en Matthieu xxiv, 32, pour une similitude ou comparaison.

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Source

Richard Watson, A Biblical and Theological Dictionary (1832), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.